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Dr Jekyll & Mr Hyde

numéro 7
date 12/2009
magazine Be Street
périodicité trimestriel
Univers Street Culture
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kiosque

Cette fois-ci nous sommes des fous en couleur. Cher lecteur, tu ne pouvais pas mieux tomber. Outre le fait que l’équipe se sent un tant soit peu d’humeur fantasmagorique, nous continuons à tenter le diable. Le but est de continuer à raconter des histoires visuelles, de pousser des cris entêtants. Ce nouveau numéro est dans une veine poivrée. Be Street te débouche sous le nez un flacon d’élixir, rouvre les pages de vieux recueils oubliés et poursuit sa recherche d’artistes de la Junk Culture. Lorsque la gravité attaque les yeux, le papier n’est là que pour essayer de garder les émotions trop fuyantes. Cette fois-ci, c’est comme de boire au robinet en joignant les mains. Il n’y a que le lecteur et nous. Tout comme les distances se raccourcissent, on a trouvé plutôt nécessaire de faire une nouvelle photographie du village mondial. Et puis après tout, ce qui nous importe, c’est de porter les idées ailleurs. De vous montrer juste ça, un endroit décidément bon pour les rêveurs.

  • Street Style — Visuels : Mlle Shu

  • Mishka — Par Florian Nardon · Visuels : Mishka

    Se promener dans new york a quelque chose de fantasmagorique. Cette manière immuable de lever la tête pour aller chercher un peu de ciel. Le cerveau tentant de suivre ce que capte le regard. Les apparences se croisent au grè des odeurs de bouffe, au grè des cris et des sursauts. Mishka est une marque qui s’inscrit dans cette dynamique. Se plaçant, non pas comme enseigne de distribution, mais vraiment telle une vitrine pour des artistes fous de vivre. Depuis que la fringue est devenue un meilleur miroir de l’âme que les yeux, beaucoup d’individus se sont mis dans l’esprit de racoler au-delà du raisonnable sur des terrains plutôt foireux. Chose qui ne crée rien de plus que des masses colorées, aussi belles a voir que des plaques d’eczema sur un bras. Et d’un autre côté, il y a des gens qui travaillent en sachant bien qu’un vêtement sans âme est une décoration pour animal. Be street a rencontré le créateur de mishka, greg, pour parler de son point de vue sur la hype, la recherche constante de bonnes idées et la course du temps. Car à new-york, il faut évidemment faire comme les new-yorkais.

  • Kill the noise — Par Florian Nardon

    Le risque, dès la première ligne, est de faire perdre l’attention. Pour la deuxième il faut que les mots justifient cette captation de regards. Pour la suite, c’est une question de contenu. Ici, j’entends parfaitement les lecteurs de be street nous éclabousser d’un rugueux « mais bordel encore l’interview d’un type qui fait de l’électro ! »… Comme je vous comprends. Si l’on met de côté le fait qu’aujourd’hui, faire hurler des enceintes à l’aide d’un ordinateur est devenu un gage de branchitude, il reste tout de même des choses à écouter. Des choses qui, l’air de rien, sortent vraiment du lot. On dit de kill the noise qu’il secoue le côté funk de l’électro. Moi je trouve qu’il est au carrefour de la ghettohouse de dj funk et des crissements des teenage bad girls. Mais au lieu d’essayer directement de le foutre dans une case, be street a trouvé plus judicieux d’aller lui parler.

  • Kris Kuksi — Par Amélie Maurial · Visuels : Kris Kuksi

    Loin d’un univers édulcoré et des artistes dopés au biberon pop culture, certains poètes de la création choisissent l’absence de couleur comme refuge, pour décrire un monde parallèle, où les absurdités et les tristesses de notre quotidien se rencontreraient. kris kuksi est un de ces artistes contemporains hybrides, où le dessin rencontre la sculpture avec la même finesse et la même précision d’exécution. kuksi aiguise l’imagination, en servant à ces zélateurs un miroir de la décadence de la société occidentale dont nous nous complaisons. C’est comme s’il vous installait sur un fauteuil, peu confortable, écarquille vos yeux avec une machine brutale et froide et vous force à regarder, par le biais de votre voyeurisme, des réalités que l’on pense loin. ces œuvres sont puissantes, sémiotiquement pleine de sens, elles mettent au centre de l’attention la mort, la religion, la guerre, l’apocalypse et donnent l’impression d’être gravées au scalpel sur des os friables. une fois passée la couche de vernis sublimement créatif, prenez le temps de lire entre les orifices d’œuvres fragiles, qui marqueront une époque de dénonciation artistique du consumérisme.

  • Tim Robot — Par Candice Garaud · Visuels : Tim Robot

    En cette période chaotique, où crise et grippe h1n1 font bon ménage, le pessimisme et la peur règnent en maîtres. Cependant, quelques irréductibles utopistes subsistes et tentent de mettre de la couleur dans ce trop plein de gris. C’est le cas de tim robot, ce jeune berlinois qui, armé de posca, enchantent nos converse, sneakers ou skateboard avec de petits montres et robots. Entretien avec un éternel satisfait...

  • Daniel Palillo — Par Audrey Michaud

    Les designers de mode doivent non seulement avoir le sens de la forme et du matériau, mais également la capacité à anticiper les changements à venir. Il y a peu, on s’est pris un sacré coup quand on est tombé nez à nez avec le travail de ce jeune designer finlandais, daniel palillo. C’est la crème de la nouvelle vague des créateurs qui font froid dans le dos. Et puis bon, faut dire aussi que c’est la finlande, elle y est pour quelque chose. Enfin, pour être honnête, on a voulu comprendre pourquoi on avait eu si froid. Du coup, on l’a rencontré !

  • Vincent Dixon — Par Amélie Maurial · Visuels : Vincent Dixon

    La publicité est-elle le 9e art ? Sans partir dans de grands débats philo-socio-anthropo-artistiques, on peut dire que vincent dixon réconcilie deux mondes, qui parfois s’opposent : celui où tout se marchande et celui où l’art n’a pas de prix. En effet, vincent dixon met son talent au service des produits de grande consommation, pour le plus grand bonheur du consommateur, mais aussi des agences de publicité... Connu et reconnu, il séduit le monde hautement artistique comme le plus anodin des passants. Fondation abbé pierre, mc donald’s, manix, perrier... Il est partout. Rencontre avec un surdoué de notre société de consommation...De sens.

  • Mustard Pimp — Par Alberic Davet

    Mustard pimp n’aurait pu être qu’un jeu de mots foireux et incompréhensible en anglais, sur le plat du maquereau à la moutarde… mais c’est un groupe electro, un bon en plus, un qui mouille la platine et qui immole les tympans, quitte à cramer les cerveaux. Autant vous prévenir, ça tape sec derrière la nuque et caloriquement parlant, c’est un apport surement excessif en sucre rapide.

  • Laura Laine — Par Florian Nardon · Visuels : Laura Laine

    J’adore cette scène. Me balader sur les quais à des heures où la lumière est chirurgicale, le manteau de coton épais qui t’étreint comme une femme au réveil. Un coup d’oeil sur l’heure. C’est bon, il reste du temps. Tu te dis que c’est pas mal, tout de même, se surprendre à se perdre mentalement. L’attachement pour ces mois hivernaux est tellement justifiable dès que le froid vient plaquer tes joues. Pas le froid sale, non, juste celui qui fait que tu te sens plus vivant. Puis deux-trois expirations nasales, tu t’allumes une clope. Un paquet acheté la veille et déjà vide. Putain tu fumes trop. La première bouffée coupe le froid, et la fumée recrachée s’échappe dans le blanc de ce ciel tellement plaisant à contempler.

  • Steed Lord — Par Alberic Davet

    Lorsque l’on a un penchant pour les boissons alcoolisées, on les déguste pour retrouver différentes sensations, que ce soit la force d’un bon whisky, la richesse d’un vin d’exception ou la délicatesse d’un champagne fruité. Prenez tous vos breuvages favoris, et mélangez les, sans aucune recherche ou finesse, vous obtiendrez sûrement une boisson infecte, et ce, malgré la qualité des ingrédients de départ. Réussir un cocktail est un art.

  • PlaymoO — Par Amélie Maurial · Visuels : PlaymoO

    Difficile de disséquer la vie d’un artiste aussi mystérieux que playmoo. Il ne laisse suinter que les données qu’il veut bien vous faire passer. Pour converser avec ce monsieur, il faut au préalable insérer à notre champ lexical le sème de l’anatomie. En pénétrant dans son univers, on apprend qu’il a un goût pas banal, un goût obsédant pour le corps, au sens scientifique du terme. Entre l’univers métal, celui du secret, et l’univers scientifique, celui du savoir, son cœur balance et sème le flou dans le glauque. Il est fétichiste de l’infra-ordinaire moyenâgeux médicinal, collectionne des crânes d’oiseaux et dessine des têtes de morts au sein de cadres chinés en brocante. Bibles anatomique, scalpels rouillés, vitrine sans habitants, t-shirts à l’effigie de morts en couleurs... Entre collections d’objets gothico-sentimentaux et dessins propres à un univers rempli de grimoire, playmoo nous transporte et nous transmet une passion qui finalement séduit maléfiquement.

  • Katie Eary — Par Amélie Maurial

    Comment ne pas être dithyrambique devant le talent de cette jeune british de 25 ans. Ses créations piquent les yeux et retournent la tête. Elle s’inscrit dans la nouvelle vague des designers pro des injonctions de tendance qui prennent des risques et se lâchent ! Ce n’est pas pour rien que londres est la capitale de la mode délurée... Katie eary (ndlr comme playmoo, présent aussi dans ce numéro) tente de réconcilier deux mondes, celui de la raison, de la science et celui de la passion... Ainsi, elle mixe avec style (beaucoup de style) l’anatomie, la médecine, le traditionnel militaire avec la mode. Militaire et mode, vous me direz, aujourd’hui, évident et essentiel ! Organes humains et look qui dégaine, moins. Et pourtant...

  • Wonderwall — Par Florian Nardon · Visuels : Kozo Takayama

    Je ne sais pas exactement ce qu’il faudrait penser des espaces dans lesquels nous évoluons. Pour bien comprendre ce dont il est question ici, il faut se mettre en tête une chose certaine : tout est architecture. Une chose en structure forcément une autre. Ainsi, même si un lieu se veut être considéré comme un carré (forme antidynamique par nature) ou bien une boîte, il va être très important de le qualifier non plus par son volume, mais par ses occupants. Et concevoir un lieu en ne pensant qu’à son enveloppe semble être aussi intelligent que d’inscrire un pote hémiplégique à un concours de limbo.

  • LA Riots — Par Alberic Davet

    En se perdant à travers les rues et les quartiers de la cité des anges, on se demande vraiment comment la moindre chose potable peut sortir de cet immense bourbier. Entre les putes et les junkies de sunset boulevard et le luxe dégoulinant de bel air, les extrêmes se côtoient pour un tout et un rien qui semblent figés. Et pourtant, si on tourne la tête et qu’on observe le los angeles d’il y a quelques années, on s’aperçoit que ce calme et cette apparente cohabitation peuvent à tout moment voler en éclats. Lorsque l’opulence et la misère se côtoient, les tensions existent, sont palpables, telle une réserve de nitroglycérine à ciel ouvert. Mais l’éventail de sensibilités n’en est que renforcé et cette large cité aux nerfs à fleur de peau déverse en continu un contenu artistique riche, et ce, dans tous les styles et sous toutes les formes.

  • Street Tease — Par Florian Nardon · Visuels : Street Tease

    La vie est quand même folle... Je parle de cette envie de partager aux autres nos belles trouvailles. Vous voyez ce pote sur facebook qui n’arrête pas de poster des vidéos débiles trouvées sur koréus ? Ou encore la cousine un peu conne qui balance toute sa sélection de clips d’axelle red ? Toutes ces petites choses qui vous donnent envie de créer l’application « arrête de vivre »… nous, on parle des fleurs qui poussent dans le caniveau. Pour entamer notre série de rubriques consacrées aux sites insolents de fraîcheur, on a choisi street tease. La boîte à idées la plus colorée de la capitale. Rencontre avec deux des fondateurs, melchior et françois. Et en plus de ça, c’est nos copains.

  • Atiens Famz — Par Charlie Bananas · Visuels : Mlle Shu

    Dans nos courts passages terrestres, dieu et nike nous ont donné de quoi occuper nos journées où le larfeuille est prospère. Les boites s’empilent, les semelles se déforment... Jojo, dunk, air force, air max, toutes ont leur addict reconnus et un univers qui fait gonfler les enchères sur ebay. A paris, un bastion rebelle, les atiens (air trainer «conoisseurs»), petite famille qui n’est pas une marque de tees, cherche à redorer l’image de la air trainer, modèle révolutionnaire trop vite rangée à côté des autres, réduite au rang de citoyenne de seconde zone. Dépoussiérage avec l’un des fondateurs, wath...