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Le pouvoir de la musique

numéro 14
date 07/2010
magazine Books
périodicité mensuel
Univers Littérature
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kiosque
  • Jacques Attali : «La musique sert à canaliser la violence» — Par Olivier Postel-Vinay

    Economiste, essayiste, conseiller du prince, Jacques Attali est aussi, et cela est moins connu, un excellent connaisseur des relations entre l’homme et la musique. L’origine de la musique, sa fonction ordonnatrice, son rapport au politique, etc. Dans ce long entretien, il balaie de nombreuses questions développées dans Bruits, son essai réédité en 2001.

  • Le cerveau musicien

    La musique mobilise les structures les plus profondes et les plus anciennes de notre cerveau. C’est un indice parmi d’autres du rôle qu’elle a joué dans le façonnage d’Homo sapiens. Mais pourquoi les préférences musicales se fixent-elles à l’adolescence, au moment où le cerveau est encore en transformation ?

  • Un acte fondateur : les negro spirituals

    Seuls les spirituals offraient aux esclaves la possibilité de rêver. Ils ont mêlé le rythme venu d’Afrique aux cantiques appris des Blancs pour exprimer leur douleur, mais aussi pour exorciser leur condition, voire chanter leur prochaine liberté. Car les spirituals véhiculaient souvent un message codé, allant parfois jusqu’à indiquer les moyens de s’échapper. Bien peu ont été décryptés. Depuis, comme l’avait annoncé Dvorak, ils ont été la principale source d’inspiration des divers courants de la musique américaine, blues, jazz, rock, et jusqu’au rap.

  • Hip Hop, qu’as-tu fait de ta révolte ?

    Né dans le Bronx des années 1970, le mouvement hip-hop a d’abord porté la colère et les revendications politiques de la population des ghettos, bousculant la culture dominante et effrayant le Congrès. Aujourd’hui, sorti de la marginalité et totalement dépolitisé, c’est un marché de douze milliards de dollars par an. Aurait-il vendu son âme ?

  • Le sacre de la musique

    Mozart fut enterré en catimini, Beethoven en grande pompe. Ce contraste en dit long. C’est le moment où la musique accède à une véritable sacralisation. Son influence est telle, désormais, qu’elle participe aux bouleversements du monde, jouant notamment les premiers rôles dans l’affirmation des identités nationales. Dès le XIXe siècle, la popularité des Rossini,Paganini et autres Liszt préfigure celle des rock stars.

  • The Black President

    Compositeur de génie, admirateur de Haendel, révéré des plus grands noms de la musique, Fela Kuti était aussi un fumeur invétéré de cannabis, un boulimique sexuel et un opposant politique acharné. Sa véritable guerre du son contre la dictature nigériane lui a valu d’être harcelé, emprisonné et torturé. Bien plus violent que Dylan ou Marley, celui qui s’était autoproclamé le « Président noir » reste la référence de tous les déçus du post-colonialisme.

  • La partition stalinienne de Prokoviev

    Le compositeur Sergueï Prokofiev fut à la fois un privilégié et une victime du stalinisme. Patriote convaincu, il chercha jusqu’au bout à plaire aux apparatchiks du régime. Quitte à dénaturer son art.

  • Eminem, la voix blanche du ghetto

    Dégénéré, misogyne, homophobe, vulgaire, violent, incontrôlable... La bonne société américaine n’a pas eu de mots assez forts pour condamner les saillies furieuses du rappeur. Mais, n’en déplaise aux ligues de vertu, l’extrémisme n’est pas le vrai crime du mauvais garçon de Detroit. Eminem est surtout coupable d’être trop blanc pour chanter avec tant d’authenticité les vies fracassées d’une bonne partie des Américains. Le plus gros vendeur de disques de la décennie est la mauvaise conscience de la nation.