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L'histoire de France vue d'ailleurs

numéro 34
date 07/2012
magazine Books
périodicité mensuel
Univers Littérature
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kiosque

L'année 732 est-elle une date importante pour les historiens arabes ? Non. L’empire de Charlemagne était-il plus grand ou plus petit que celui des Omeyyades ? Nettement plus petit. Qui a le plus contribué à forger l’image de Charlemagne l’Européen ? Hitler. Quel était le plus grand État du monde à l’époque de Saint Louis ? L’Empire mongol, de très loin.

  • Charlemagne, le faux père de l'Europe — Par Johannes Fried

    Fondateur d’un empire qui s’étendait à l’essentiel du continent, Charlemagne n’a pas pour autant créé l’Europe, quoi qu’en dise la légende forgée par les romantiques allemands et les nazis. L’obsession de ce conquérant brutal était d’unifier l’Occident chrétien, non une Europe dont il n’avait pas même l’idée.

  • La charité bien ordonnée de Saint Louis — Par Alexander Murray

    Au moment où les Mongols atteignent l’Adriatique, le royaume de France se renforce. La canonisation de Louis IX, vingt-sept ans après sa mort, fut le geste d’une Église affaiblie. Saint Louis fut un défenseur presque fanatique de la « guerre juste » et l’artisan de la centralisation d’un système judiciaire soumis au pouvoir royal. Il était aussi dominé par sa mère et ne dédaignait pas le sang.

  • L'énigme Jeanne "d'Arc" — Par Keith Thomas

    Tour à tour hérétique et sainte, androgyne et symbole de l’innocence féminine, farouche amazone et parangon de la domesticité, emblème national français et héroïne universelle… Depuis le XVe siècle, toutes les époques et toutes les factions ont refait Jeanne d’Arc à leur image, projetant inlassablement sur elle leurs angoisses et leurs aspirations. Le personnage historique, lui, garde son mystère.

  • Mes sorciers bien-aimés — Par Stuart Clark

    Au tournant du XVIIe siècle, la Lorraine connut l’une de plus féroces chasses aux sorcières d’Europe. Méticuleusement analysées, les archives de plus de quatre cents procès en sorcellerie révèlent l’omniprésence de ces êtres, mi-envoûteurs mi-guérisseurs, dans la vie et l’imaginaire des villageois.

  • Peut-on excuser Robespierre? — Par Colin Jones

    Apôtre de la démocratie sociale puis de la terreur, partisan de l’abolition de la peine de mort puis des exécutions en série… La personnalité du « premier dictateur moderne » résiste toujours à l’enquête des historiens. Faute d’archives probantes, mais aussi en raison du clivage qui oppose aujourd’hui encore ses admirateurs et ses détracteurs.

  • Les cent jours qui ont fait la légende — Par David A. Bell

    Waterloo n’a pas anéanti Napoléon, qui restera une idole tout au long du XIXe siècle et fait aujourd’hui encore l’objet d’une authentique fascination, en France comme ailleurs. En témoignent d’énormes succès de librairie et l’abondance des gadgets à l’effigie de l’Empereur. L’admiration suscitée par ce monarque absolu et sanguinaire tient en partie à l’héritage révolutionnaire qu’il a paradoxalement transmis.

  • Napoléon III, empereur de roman — Par Graham Robb

    Héritiers du mépris hugolien, nous avons gardé de « Napoléon le Petit » l’image d’un être médiocre, ridiculement imbu de lui-même, inefficace et dictatorial. Mais cet homme ordinaire n’aurait pu gouverner plus de vingt ans s’il n’avait été aussi rusé, habilement populiste, et héroïque à ses heures. Il n’est tombé que pour avoir trop cru en son destin.

  • De l'affaire Dreyfus à Guantànamo — Par Robert Gildea

    Le manichéisme des historiens français sur l’« Affaire » ne reflète pas la réalité. Les dreyfusards n’étaient pas tous des disciples des Lumières, ni les antidreyfusards tous des traditionalistes attardés. Mais le scandale a cristallisé la plupart des idées qui feront le XXe siècle : nationalisme radical, antisémitisme, sionisme, laïcité, déshumanisation de l’ennemi ou défense des droits de l’homme.

  • L'étrange empire de la légion — Par Max Hastings

    En permettant à des hommes en rupture de ban de se défaire de leur identité en échange d’un engagement aveugle, la Légion a forgé sa légende. Mais la réalité de ces « képis blancs », en première ligne de toutes les aventures militaires coloniales et néocoloniales françaises, est faite de masochisme plus que de romanesque.

  • L'URSS rêvée de M. et MME Thorez — Par Julian Jackson

    C’est un pays où l’on ne peut qu’être heureux, où l’on trouve les meilleurs médecins, où règnent la culture, l’harmonie et le respect. Ce pays nommé URSS n’a jamais existé, sinon dans l’imagination du couple uni que formaient le secrétaire général du Parti communiste français et l’impitoyable Jeannette Vermeersch. Un couple dont l’amour était aussi absolu que sa foi dans le communisme.

  • La dernière guerre Franco-Anglaise — Par Charles Glass

    De juillet 1940 à novembre 1942, la Grande-Bretagne mena une guerre sans merci contre les forces de Vichy, sur mer et sur terre, de l’Afrique du Nord à la Syrie en passant par Madagascar. Ce dernier épisode d’une confrontation multiséculaire plaça de Gaulle en porte-à-faux.