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Après DSK société de surveillance

numéro 36
date 06/2011
magazine Causeur
périodicité mensuel
Univers Actualités
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kiosque

Pour lancer leur nouvelle formule, les dirigeants du Nouvel Obs n’avaient sans doute pas choisi leur « une » au hasard. On peut donc considérer que le titre de ce numéro paru le 12 mai, deux jours avant que la bombe DSK éclate à la figure de la gauche, a valeur programmatique pour l’hebdomadaire de la gauche à grande conscience – celle de classe étant un peu défraîchie.

  • Nous sommes tous des indignados — Par Luc Rosenzweig

    Madrid, nouvelle Mecque de Mermet

  • Des plombiers polonais — Par Paulina Dalmayer

    Allemagne recherche immigrés, blonds de préférence

  • Blanc, c’est la vraie diversité ! — Par David Desgouilles

    Le procès intenté à Laurent Blanc n’est pas seulement injuste, il est scandaleux.
    Comme souvent, quelques Torquemada de bac à sable se sont jetés sur une proie. Pourtant, la binationalité dans le football est un problème réel. Quant à la volonté de diversifier les profils techniques et physiques des joueurs, je la trouve pour ma part fort louable.

  • Déchirés par les races — Par Jacques de Guillebon

    Vers un monde gris de toutes les couleurs
    Un spectre hante l’Occident aujourd’hui : celui de la cour de récré. Malheur à la ville dont les princes sont des enfants ! Voilà des mois, des années même que l’on se débat dans une guerre des boutons inlassable autant que méprisable pour savoir qui a la plus grosse. Hier, on nous bassine avec Christophe Lemaître, « premier sprinteur blanc » à passer sous l’ineffable barre des 10 secondes au 100 mètres. Deux heures plus tard, c’est Teddy Riner qui, Noir de son état − ou peut-être de profession, va-ton finir par croire −, démontre au monde entier, particulièrement aux Japonais,
    que c’est lui le plus fort au judo, donc toute l’Afrique.

  • Au Royaume-Uni, les statistiques ethniques sont éthiques — Par Agnès Wickfield

    IC13 : Blanche, non anglaise, ni irlandaise.
    Au moins une fois par semaine, j’inscris mon code ethnique sur un document administratif britannique. Sans lui, on ne se soigne pas, on ne se loge pas, on
    ne se transporte pas, on ne va pas à l’école, on ne vote pas, on ne peut pas travailler.
    C’est simple, on n’existe pas. On n’est même pas compté dans le dernier recensement décennal de 2011. Et personne ne songerait à s’en offusquer.

  • Arménie, une tragédie sans répit — Par Daoud Boughezala

    Entre Ben Laden et DSK, la discussion par notre Parlement d’un texte visant à pénaliser la négation du génocide arménien n’a guère fait recette. Il faut croire que ça ne fait pas vendre. L’événement charrie pourtant tous les ingrédients susceptibles de mobiliser l’opinion : le sang, les larmes, la douleur. Ne manquent que la rédemption du coupable et le happy end.

  • Laissez-nous notre part d'ombre ! — Par Elisabeth Lévy

    Tu seras le flic de ton frère. Cette injonction
    paradoxale sera peut-être demain notre loi commune. Le soap-opéra planétaire auquel nous avons assisté, avides et fascinés, passant du gros rire qui tache à l’effroi, de la compassion à la joie mauvaise, du boulevard à la tragédie, consacre le triomphe du «voyeurisme du Bien »

  • Schizophrénie — Par Gil Mihaely

    De la chasse aux « caisses noires » à la dénonciation des valises de billets venues d’Afrique, des cigares remboursés par la République au financement des vacances de nos gouvernants, la presse française a considérablement changé en moins
    de deux décennies, au point de placer aujourd’hui la barre très haut sur l’échelle de la vertu. Or, le cul et les sous sont aussi inséparables aujourd’hui qu’autrefois, et la transparence exigée pour ceux-là sera nécessairement requise pour celui-ci.

  • Les vices privés sont-ils des vertus publiques ? — Par Jean-François Mattéi

    L’affaire DSK est décidément le miroir déformant de la vie politique française. On ne saurait prévoir l’issue du procès qui décidera de l’innocence ou de la culpabilité de l’ex-directeur général du FMI. Mais les arguments mis en avant pour distinguer sa vie publique de sa vie privée et apprécier les répercussions que celle-ci aurait pu avoir sur celle-là témoignent d’une incompréhension radicale
    de ce qu’est – ou devrait être − une démocratie.

  • Le roman vrai de DSK : un vrai roman ! — Par Luc Rosenzweig

    Postface attristée à une biographie autorisée

  • Sympathy for DSK — Par Basile De Koch · Visuels : Honoré Daumier

    Au début, comme tout le monde, j’ai eu du mal à y croire. Presque aussi invraisemblable
    que le coup des Twin Towers ! D’ailleurs, deux jours plus tard encore, 57 % des Français en tenaient pour la théorie du complot… Beaucoup moins crédible, en tout cas, que les premiers pas de l’homme sur la Lune ou l’existence de Dieu – auxquels, pourtant, certains ne croient toujours pas.

  • Le désir n'est pas la lutte des classes — Par Florentin Piffard

    Que sont les amours ancillaires devenues ?

  • Le fantasme, un rêve américain ? — Par Hélène Massat et Jean-Pierre Winter

    Si l’affaire DSK a un tel retentissement, c’est peut-être bien parce que la « pulsion » ne cesse de nous poser problème. Mais qu’est-elle, au juste ? Une pression, plus ou moins agréable, que l’on cherche à réduire quand elle est trop haute, à augmenter quand elle est trop basse, en vertu d’un
    principe dit « de constance ». Le problème, c’est que le principe de constance, eh bien, ça ne nous plaît pas toujours – c’est quand même la porte ouverte à une «vie de fonctionnaire». C’est rassurant, certes, mais un peu ennuyeux sur les bords…

  • Initiation au libre-échangisme — Par Paulina Dalmayer

    J’aime les salauds galants − une spécialité française qui mériterait d’être classée par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité. J’aime l’expression imprudente de leurs premiers émois de chasse. « Ma Douce Fureur. Je fais mon direct sur France 24 à 21 h 30. Accepterais-tu qu’après, je vienne me joindre au chaud de ton corps ? » J’aime le langage mercuriel de la rupture lorsque, las ou déjà pris dans le vortex d’une nouvelle aventure, ils posent l’ultime question : «Au fait, t’es-tu allongée au côté de ce garçon qui te courait après ?»

  • La politique et plus si affinités — Par Muriel Gremillet

    Je me demande si je vais encore pouvoir aller travailler à l’Assemblée nationale en jupe. Depuis l’affaire Strauss-Kahn, on répète partout que les hommes politiques sont d’affreux obsédés, principalement soucieux de draguer puis de baiser tout ce qui passe : employées, militantes, journalistes… Les journalistes du genre féminin peuvent-elles, dans ce contexte de harcèlement permanent, continuer à travailler sereinement ? Ou doivent-elles dépenser une énergie folle à repousser les avances de ces Barbe-Bleue à cocarde ?

  • Les féministes devraient nous dire merci — Par Cyril Bennasar

    Apparemment, à part Elizabeth Teissier, tout le monde redoutait les débordements de Dominique Strauss-Kahn. En revanche, personne ne pouvait prévoir les dommages collatéraux liés à ce viol présumé. Un notable marié à une riche héritière, ce qui est très utile pour se loger à Manhattan mais désastreux pour la libido, se lâche sur le room-service et les répercussions sont internationales, interraciales, inter-classes sociales et interfemelles et mâles. On aura tout vu et tout entendu et il n’est pas juste que le bienheureux privé de médias depuis un mois soit épargné. Je vais donc proposer un petit rappel des faits.