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Osez le blasphème !

numéro 42
date 12/2011
magazine Causeur
périodicité mensuel
Univers Actualités
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kiosque

Il n’y a plus ni droite ni gauche,
ni hommes ni femmes, ni Anciens ni Modernes : il n’y a plus que des Français. Le 6 décembre, anticipant le rassemblement républicain auquel appelle Jean-Pierre Chevènement dans les pages qui suivent, les députés ont donné à la nation un bel exemple de courage et d’unité, votant d’une seule voix un texte pour l’avenir. Les générations futures nous remercieront
d’avoir su, dans une heure aussi grave, surmonter nos querelles.
Personne ne pourra dire que la France s’est couchée devant l’ennemi. Et encore moins qu’elle a couché avec l’ennemi.

  • Le droit de vote aux Français ! — Par Cyril Benasar

    Sarkosy ne s’est pas trompé : la question du vote des étrangers aux élections locales divise les Français. Cette querelle franco-française − et même sarkozo-sarkozyste, puisque le Président fut pour avant d’être contre − ne semble pas passionner les résidents étrangers et on les entend peu parmi la foule des braillards qui, habituellement, réclament des droits. Vivant depuis des années dans un pays où l’on n’a aucun droit d’accès à la déchetterie d’une commune voisine quand la sienne est exclue d’accords inter-ordures qui échappent aux communs des votants, peut-être ne voient-ils pas bien comment une carte d’électeur changerait leur quotidien.

  • Ordre militaire contre morale Kanak — Par Gil Mihaely

    Le 5 mai 1988, quarante-huit heures avant le second tour de l’élection présidentielle, 72 combattants d’élite français se lancent à l’assaut d’une grotte au milieu de la jungle sur l’île d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Après de longs combats, les
    hommes du GIGN, du 11e Choc et du « commando Hubert » libèrent les 27 gendarmes français retenus en otages depuis deux semaines par un commando d’indépendantistes kanaks. Bilan : 2 militaires et 19 preneurs d’otages morts. Tous citoyens français. Presque un quart de siècle plus tard, une question continue à hanter les esprits : ce dénouement
    sanglant était-il inévitable ?

  • Entretien avec Jean-Pierre Chevènement — Par Daoud Boughezala, Marc Cohen, Basile de Koch, Élisabeth Lévy, Isabelle Marchandier, Gil Mihaely

  • Misères et grandeurs du souverainisme — Par Daoud Boughezala

    Le débat hexagonal sur l’Europe oppose grossièrement les souverainistes aux fédéralistes. Avant de creuser ces deux derniers concepts, demandons-nous ce qui pourrait, au-delà de la diversité de leurs traditions politiques, rassembler Jean-Pierre Chevènement, Philippe Séguin, Philippe de Villiers et Charles Pasqua ? L’opposition à une « Union européenne fédérale qui piétine les souverainetés nationales » me répondrez-vous en ouvrant votre missel souverainiste. Perdu ! Dans l’Union à 27, ce n’est pas tant des griffes du fédéralisme – illusoire − qu’il faut arracher l’État-nation que de celles de l’apolitisme.

  • Les Verts, bonjour les dégats ! — Par François Saint-Pierre

    C’est une chose entendue : les Verts sont « sympas ». Ils dénoncent toutes les cochonneries qu’on veut nous faire manger ou respirer à notre insu et luttent contre toutes les horreurs que le grand capital international fait subir à la planète. Ils font « de la politique autrement » et jurent qu’un « autre monde est possible ». Des gens aussi dévoués au bonheur de l’humanité ne sauraient mentir.

  • Soigner et punir — Par Michel Topaloff

    Les attaques dont fait l’objet la corporation «psy» à l’occasion de la dramatique affaire du Chambonsur-Lignon ne sont pas sans fondement. La prétention ubiquitaire du « savoir psy » se heurte encore une fois à une réalité violente et sordide. À force d’intervenir partout et tout le temps, depuis l’éducation de nos enfants jusqu’aux comportements des hommes et des femmes « publiques » en passant par le devenir des familles homoparentales, les psys sont devenus des oracles. Mais le plus problématique est peut-être qu’ils soient de plus en plus souvent conviés à jouer le rôle d’auxiliaires de justice, puisqu’ils interviennent comme experts, soit pour se prononcer sur le degré de « folie » − donc de responsabilité − d’un criminel présumé, contribuant ainsi à peser sur la sanction, soit, quand un criminel a purgé sa peine, pour statuer sur sa « dangerosité ».

  • Qu'est-il permis d'interdire ? — Par Elisabeth Lévy

    « C’est dur de vivre nsemble avec des cons. ». Cette amusante formule figurait sur la pancarte confectionnée par Cyril Bennasar lorsque nous nous sommes rendus en bande à la manifestation de soutien à Charlie Hebdo, quelques jours après qu’un incendie eut dévasté le siège du journal, coupable d’avoir déconné avec la charia. Et ces jours-ci, entre les musulmans excités qui ont applaudi à l’attentat − personne, à ce jour, ne sachant qui l’a commis −, les cathos exaltés qui bombardent
    d’oeufs pourris la scène sur laquelle est jouée une pièce qui leur déplaît, les européistes fanatiques qui voient revenir les heures les plus sombres de ce que vous savez parce qu’on ose critiquer la dame de fer allemande et les écolos qui crient au crime contre l’humanité parce qu’un écrivain ose plaisanter sur l’accent de la peste verte (et toc !), les cons, ce n’est pas ce qui manque.

  • Entretien avec Francis Rapp — Par François Miclo

  • La "christianophobie", une fiction dangereuse? — Par Paulina Dalmayer

    Je m’ignorais christianophobe. Comme beaucoup, j’observais les catholiques pratiquants avec une indifférence passablement arrogante et amusée. Je tolérais le son des cloches de l’église Saint-François-Xavier comme je tolère l’apprentissage de la trompette par mon voisin du 5e. Mon athéisme, à la fois snobinard et mou, se plaisait à croire que, comme le dit Chantal Delsol, « les catholiques traditionalistes sont couramment incultes, mais extrêmement civilisés ».

  • Germanophobie — Par Marc Cohen

    Bing boum badaboum ! Un nouveau danger mortel menace notre démocratie : la germanophobie. Comme si l’islamophobie, l’homophobie et la négrophobie dominantes chez nos concitoyens ne suffisaient déjà pas à désigner les Français au courroux du reste de l’humanité, et spécialement de l’humanité nord-européenne.

  • Entretien avec Hector Obalk — Par Isabelle Marchandier et Cyril Benasar

  • Diane Arbus, enfin! — Par Paulina Dalmayer

    « Comment s’appelle la petite qui a eu un si grand succès avec toutes les horreurs qu’elle a photographiées et qui s’est suicidée après ? », s’interrogeait Gisèle Freund dans une interview au Monde, en 1985. Eh bien, la « petite » s’appelait Diane Arbus. En 2004, une de ses photographies les plus troublantes, « Jumelles identiques », est partie à 408 000 dollars chez Sotheby’s. On y voit deux fillettes au garde-à-vous, sourire sibyllin, regard de cocker, avant-bras entremêlés. Cette image inspira d’ailleurs à Stanley Kubrick la physionomie des soeurs Grady dans Shining.

  • Enki Bilal ou le paradoxe — Par Frédéric Rouvillois

    Jadis, les grands créateurs, les artistes géniaux, maudits ou non, soit ignoraient délibérément les jeux dérisoires de la politique politicienne, soit s’engageaient sans vergogne du côté des extrêmes, pour le meilleur ou pour le pire, certes, mais sans déroger à leur statut. Celui qui, dans son art, recherche l’idéal, ne peut aisément se contenter, dans l’ordre temporel, des combinaisons mesquines, des petites compromissions entre amis et des promesses à trois sous que l’on se promet de ne pas renier.