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Le numéro 91 de la revue Ciel variable présente des projets photographiques qui témoignent à la fois de l'effervescence et des dysfonctionnements du monde actuel. Des stratégies esthétiques variées, alliant documentaire et sublime, narration, retrait de l’image et installation, multiplient les modalités d’énonciation afin de rendre palpable la complexité des enjeux de notre monde. Parmi ces projets, les œuvres de la série Oil [Pétrole] d’Edward Burtynsky forcent l'admiration par leur esthétisme, tout en suscitant un sentiment de consternation face aux effets d’une consommation effrénée des énergies fossiles. De son côté, le collectif de photographes français Tendance Floue, avec des images issues du projet MAD IN INDIA, renouvelle la pratique du photoreportage par l'apport combiné de multiples points de vue sur les transformations de la société indienne. De même, sur les enjeux de notre nordicité, la présentation de Resolute Bay – Voyage du jour dans la nuit, l’un des projets collaboratifs du duo Jacky G. Lafargue et Louis Couturier, nous plonge au cœur d’un village et d’une communauté méconnue située au nord du 60e parallèle. Une œuvre fondée sur la rencontre et le renforcement par l’image.
On découvrira également dans ce numéro un article portant sur l’œuvre Le dernier été de la raison, de Nadia Seboussi, qui s'intéresse au rôle de l'image de presse durant la « décennie noire » algérienne des années 1990, et un essai d'Érika Nimis qui rend compte du foisonnement de la photographie sud-africaine durant l'apartheid et les années subséquentes. En plus des nombreuses chroniques d'exposition et de lecture, vous pourrez enfin lire un entretien avec Sébastien Hudon, auteur, critique et commissaire indépendant, qui nous fait découvrir sa passion pour la photographie moderniste du Québec.
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Éditorial - Ce dont témoigne l’image
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Par Jacques Doyon
De l’Alberta à l’Azerbaïdjan, de Resolute Bay à Mumbai, en passant
par Oran, Johannesburg, Chittagong, Shanghai et Tucson, ce numéro
déroule les images d’un monde industrieux et prospère qui comporte
sa large part de dysfonctionnements et d’aberrations. Partout,
la composante documentaire de l’image opère pour témoigner de
certaines facettes de notre monde, en les interprétant et en les
incarnant dans des stratégies esthétiques nettement différenciées.
Oil, d’Edward Burtynsky, condense plus de 10 ans d’une cueillette
systématique d’images rendant compte des différentes phases de
la transformation, du transport et de la consommation du pétrole,
ce fluide noir qui alimente la constante expansion de notre monde.
Avec ses images d’installations industrielles d’une impressionnante
beauté – qui ne dépareraient pas le rapport annuel de ces compagnies
– opposées à d’autres images qui montrent crûment les effets
délétères de leur exploitation, l’ensemble constitue une réactualisation
fort pertinente d’un sublime esthétique ancré dans les réalités
d’aujourd’hui. Ainsi focalisée sur la matrice énergétique de nos
sociétés, l’oeuvre de Burtynsky s’énonce comme une allégorie de
l’entropie et du chaos qui nous guettent.
Issue du milieu des agences de presse, Tendance Floue renouvelle
la pratique du photoreportage avec une démarche collective
fondée sur la multiplicité des regards et des esthétiques autour
d’un même objet. Pour un court séjour de trois semaines, onze
photographes et deux journalistes se rendent ainsi à Mumbai pour
esquisser, par le biais de portraits individuels et d’aperçus sur les
modes de vie, une représentation subjective et éclatée d’une société
en pleine transformation. Explorant également de façon inventive
les formats de l’édition, de l’exposition et de la projection publique,
Tendance Floue constitue un véritable laboratoire de recherche
et de diffusion pour la photographie.
Resolute Bay – Voyage du jour dans la nuit, de Jacky Georges
Lafargue et Louis Couturier, porte sur une zone aveugle de notre
société : celle des conditions de vie des Inuits, au nord du nord de
nos villes. Fondé sur des témoignages des habitants de Resolute
Bay, un village inventé de toutes pièces en raison d’un déplacement
forcé des populations, et sur une séance de projection en plein air
des images de la communauté, le projet se manifeste sous différentes
formes et évolue au gré de ses présentations successives. La
version montréalaise, centrée sur un traîneau recouvert d’images
des maisons du village, métaphorise les conditions héritées de ce
déracinement. Une oeuvre fondée sur la rencontre et l’affirmation
par l’image d’une présence et d’une identité.
Deux articles de la section Focus s’inscrivent aussi à leur
manière dans la thématique de ce numéro en apportant un éclairage
sur l’influence que peut avoir le contexte socio-politique sur
le développement de productions artistiques tentant de mieux faire
voir certaines réalités de notre monde. Le dernier été de la raison
de Nadia Seboussi interroge, avec une quasi absence de photographies,
le rôle et l’éthique de l’image de presse dans le contexte
de la « décennie noire » algérienne des années 1990. De son côté,
Érika Nimis nous introduit à l’émergence et à la multiplication des
pratiques artistiques photographiques en Afrique du Sud, durant
et après l’apartheid.
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Edward Burtynsky - Entre le sensible et l'éthique
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Par Sylvain Campeau
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Tendance Floue - Mad in India
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Par Bruno Chalifour
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Jacky G.Lafargue & Louis Couturier - Resolute Bay
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Par Sonia Pelletier
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Nadia Seboussi - Retour sur image
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Par Pierre Rannou
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David Askevold - Artiste de la désorientation
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Par Robert Evans
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Le printemps de la photographie sud-africaine
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Par Érika Nimis
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Les rencontres de Bamako
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Par Dominique Fontaine
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Scott Chandler
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Par James D. Campbell
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Edward Steichen
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Par Alexis Desgagnés
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Songs of the Future - Canadian Industrial Photograhs 1858 to Today
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Par John K. Grande
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Philippe Hamelin
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Par Louis Cummins
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Normand Rajotte
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Par Isa Tousignant
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Adad Hannah
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Par Eloi Desjardins
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Lynne Marsh
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Par Sylvain Campeau
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Entretien avec Sébastien Hudon - Découvrir et collectionner la photographie moderniste du Québec
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Par Jacques Doyon
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