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Numéro 3

numéro 3
date 12/2011
magazine Code 2.0
périodicité semestriel
Univers Art contemporain
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kiosque

Code Magazine 2.0 se passionne
autant pour l'écologie des pratiques artistiques que pour les œuvres elles-mêmes. Une écologie qui, pour ce troisième numéro, lorgne du côté
des sciences dures et molles, de la botanique à l'épistémologie, de l'archéologie à la météorologie.
Si l'art dissèque le particulier et la science s'applique à définir le général, comment les artistes déposent-ils productions naturelles et
artefacts culturels sur leur table de dissection ?

  • Ulrich Gebert — Par Rebecca Lamarche-Vadel

    Il est des époques où l’on peut sentir, bienvenues, de nouvelles brises souffler sur les habitudes, les croyances et les certitudes. La science, sanctuaire d’une foi contemporaine profane, ne résiste pas davantage à l’épreuve du temps et d’un certain désaveu. Les exemples qui viennent entacher l’icône scientifique sont largement connus : des organismes génétiquement modifiés à une physique nucléaire pour le moins incontrôlée, de la manipulation des chiffres du chômage à la falsification de données. Culte, voire véritable dogme, le domaine scientifique connaît aujourd’hui les soubresauts auquel tout système omnipotent s’expose : le doute, la remise en question, la désignation de ses faillites.

  • Yann Desfougères

    Repéré à l’École des Babas, intrigués par son dossier de présentation dans lequel il écrit vouloir « révéler l’uncanny persistante du monde et des choses qui le composent avec l’aplomb du matérialiste », « préférer Morandi et ses objets familiers à De Chirico et ses mondes irréels » et que « les savoirs et leurs accès […] font naître toujours plus de questions que de réponses », nous avons rencontré Yann Desfougères pour parler de ses œuvres, de l’ésotérisme, des sciences et de leurs représentations. Des propos rapportés qui, eux aussi, soulèveront peut-être plus de questions que de réponses.

  • Shifting the Real — Par Sinziana Ravini

    According to Alain Badiou, the 20th century was marked by a “passion for the Real,”not by utopian promises of a better world to come, but by a profound interest in the immediately practicability of things, the here and now. I would claim that this is no longer entirely true, since the utopian has become a tool for political action. Yet, the Real is this dimension that constantly escapes our conceptual framework.

  • Creuser le passé — Par Camille Azaïs

    Chez Ann Guillaume, tout commence par une image : la photographie Who Knows When, tirée en grand format, représente une sorte d’introduction à son œuvre. Au milieu d’une prairie d’un vert tendre, une tache plus foncée semble indiquer le séjour d’un animal de grandes dimensions, voire l’atterrissage récent d’une soucoupe volante. Mais les archéologues savent bien qu’il s’agit de la trace d’une présence de vestiges dans le sous-sol.

  • A State of Family Affairs : Mohssin Harraki — Par Ala Younis

    In Problem no. 5, Mohssin Harraki creates drawings of family trees, tracing the genealogy of Arab ruling families. The project, considered by the artist as a work in progress, results from research into the dynamics of succession, governance, and inheritance of power. The amount of legitimacy conferred to a certain name within a family tree often depended on the amount of authority the name holder had during his life. It is very common for
    families to drop the names of some of their sons—and most of their daughters—when they fail to serve the family’s history.

  • Art contemporain et cinéma Des f(r)ictions scientifiques — Par Teresa Castro, Lúcia Ramos Monteiro et Clara Schulmann

    Au carrefour du cinéma et de l’art contemporain, des propositions filmiques rejouent les vieilles oppositions entre science et fiction, pour ne surtout pas trancher. Si la science s’est historiquement constituée en se rêvant autonome de
    toute démarche fictionnelle, des créateurs et penseurs travaillent aujourd’hui à renouer des champs longtemps considérés comme contraires.
    Dans les films retenus ici, l’enregistrement du réel frôle constamment la mise en récit : les images en mouvement, dans leur usage le moins conventionnel, sèment un doute que les artistes placent au centre de leurs démarches. Si « le savoir ne s’y trouve pas en lieu sûr », il faut y voir un gage d’élargissement et d’embardées formelles.
    Parcours parmi quelques œuvres qui font de cet « accès paradoxal à la vérité » leur ressort tant formel que procédural ou narratif.