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Avancées et reculs démocratiques

numéro 765
date 03/2011
revue Esprit
périodicité mensuel
Univers Philosophie
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Place Tahrir, le lieu vide du pouvoir - Comme en Tunisie, la révolte cairote et et égyptienne a été double : elle a puisé d'une part dans la dignité la plus humaine et universelle, dans la volonté de mettre un terme à l'insupportable (la corruption du pouvoir mais aussi la pauvreté, la faim, l'absence d'emploi), et d'autre part elle a été dynamisée par les "facebookiens", ces jeunes qui - issus pour une part d'un quartier riche comme Zamalek où se trouvent les écoles d'art ou de commerce - connaissent tous les secrets du virtuel et ont activé les réseaux sociaux.

  • La renaissance de l'espoir démocratique (entretien) — Par Pierre Hanssner

    La démocratisation des pays du Sud, déconsidérée par l’activisme militaire américain en Irak, redevient d’actualité. Mais elle est, cette fois, revendiquée dans les pays arabes par des populations qui n’en restent pas moins méfiantes vis-à-vis des ingérences étrangères. En quoi cela transforme-t-il notre perception de l’avenir de l’idée démocratique et notre responsabilité à l’égard de ceux qui s’en réclament ?

  • Obama et la politique étrangère américaine — Par Maya Kandel

    Après avoir perdu les élections de mi-mandat, le président américain va devoir tenir compte de la majorité républicaine à la Chambre des représentants. Mais dans quelle mesure cela pèse-t-il dans ses choix de politique étrangère, tels qu’on a déjà pu les voir à l’œuvre au sujet de l’Égypte ? Que veulent les républicains ? Et quelles sont les prérogatives du président ?

  • Et pourtant, elle est ronde... (entretien) — Par Michel Foucher

    La montée de problèmes de sécurité globaux et la lecture économique, qui privilégie les opportunités d’un monde sans obstacles et sans frontières, tendent à négliger les visions stratégiques des différents États. Or, le monde vu de Pékin ou de Brasilia ne présente pas les mêmes risques ni les mêmes chances que celui que nous voyons de Paris ou de Bruxelles. Quelles sont donc ces visions du monde avec lesquelles nous devrions mieux apprendre à composer ?

  • Gauche, le retard des idées sur les faits (entretien) — Par Jacques Julliard

    Pourquoi le discrédit de la droite profite-t-il si peu à la gauche ? Son bagage intellectuel est-il encore adapté à la période ? En revenant sur les débats internes de la gauche française, en particulier l’histoire de la « deuxième gauche », l’historien et éditorialiste s’interroge ici sur les responsabilités des intellectuels et des médias, et sur son propre parcours après son départ du Nouvel Observateur.

  • Ecologie, emploi, inégalités : pour une nouvelle synthèse progressiste — Par Pascal Canfin

    La difficile rencontre du compromis social-démocrate et des questions écologiques entretient le scepticisme sur la pérennité de nos dispositifs de solidarité. Mais aussi sur la crédibilité de la gauche et de son programme. Pourtant, la prise en compte de l’environnement ne manque pas d’occasions de reprendre la question du travail et des inégalités.

  • L'abstention n'est pas une fatalité — Par Guillaume Liegey, Arthur Muller, Vincent Pons

    Lors des dernières élections régionales, une enquête menée en Île-de-France sur les formes de mobilisation politique a montré le potentiel inexploité de mobilisation d’une part significative de l’électorat. Un changement du mode de campagne, privilégiant le porte-à-porte, donne un résultat significatif sur la participation, en particulier pour les minorités les plus éloignées du vote. Une nouvelle approche des raisons de l’abstention ?

  • Une élection peut-elle être gagnée sur un projet politique ? — Par Lucie Schmid

    Au regard des dernières campagnes présidentielles, on peut douter que le programme du candidat soit la pièce maîtresse d’une élection victorieuse. Faut-il alors s’en remettre aux réflexes de l’antisarkozysme ? Il convient plutôt d’imaginer une autre manière d’élaborer un projet, qui ne s’enferme pas dans un catalogue mais ne s’aveugle pas sur les contraintes du pouvoir.

  • 2012, élection de conquête ou de stabilisation ? — Par Michel Marian

    Es déficits démocratiques liés à l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct (déséquilibres institutionnels, dépendance des députés, excès de la personnalisation…) déplacent la confrontation en amont, par le processus des primaires. Mais cette procédure ne dit rien du contenu de la campagne, qui peut balancer entre un projet conquérant et une attente de réassurance des électeurs.

  • Le chantier de la citoyenneté urbaine — Par Jacques Donzelot

    La ville apparaît aujourd’hui comme le cadre privilégié pour revendiquer l’exercice de la citoyenneté. Pourquoi cette échelle intermédiaire, longtemps mal aimée dans un pays écartelé entre la petite commune et l’État central, s’impose-t-elle aujourd’hui ? Parce que cette échelle est la plus révélatrice des transformations de nos sociétés mais aussi que peut s’y jouer le conflit entre deux conceptions de l’action du citoyen : la responsabilité individuelle ou la constitution d’un pouvoir collectif.