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Fragile

numéro 65
date 01/2009
revue Esse
périodicité trimestriel
Univers Art contemporain
nationalité CA
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kiosque

De la fragilité de l'objet, des modes de production et de la figure de l'artiste : les différentes précarités de l'art contemporain. Incluant les portfolios de Jason Lim, Jean Dubois & Chloé Lefebvre, Olivier Sévère, Ana Rewakowicz et Spring Hurlbut.

  • Persistance de l’esthétique de l’inadéquation — Par Emily Falvey

    Ce texte analyse les symboles de fragilité et de faiblesse humaine dans l’œuvre des photographes contemporains de natures mortes. Centré sur les concepts du sublime et sur la tradition de la Vanité à la Renaissance, il se penche sur l’échec des tentatives récentes de différenciation entre les pratiques actuelles et les approches moderne et postmoderne, tout en soulignant l’intérêt soutenu des artistes pour l’esthétique de l’inadéquation.
    [Laura Letinsky, Louis Joncas & Colwyn Griffith]

  • La plasticité et la fragilité — Par Patrick Poulin

    Walter Benjamin a proposé une réflexion très riche sur la modernité aux débuts du 20e siècle, en s’inspirant du verre. Peter Sloterdijk a pour sa part cherché à penser la fragilité en regard d’un principe de réalité : est fragile le plus réel, c’est-à-dire la singularité de ce qui ne peut se répéter. Aujourd’hui, les polymères sont des matériaux omniprésents qui portent une charge civilisationnelle et spirituelle qui est rarement discutée. Ce texte cherche à penser la plasticité du capitalisme civilisationnel et son rapport à la fragilité.

  • Pérennité et fragilité, deux positions distinctes — Par Clara Bonnes

    Cette réflexion sur la fragilité débute par l'analyse de pièces semblant aux antipodes de cette notion puisqu’elles questionnent le concept d’immortalité. De là se dégage une réflexion sur différents modèles de diffusion : à savoir comment le contexte institutionnel influe sur nos attentes et notre expérience des œuvres. Deux tendances se dégagent alors: l’art qui surpasse l’humain en tendant vers l’éternité; et celui qui interpelle notre libre arbitre en assumant sa propre fragilité. C’est ainsi que le texte s’appuie sur l’exemple des pièces Le nid de Chih-Chien Wang et Pour l'instant, l'arbre de Joanne Poitras, lesquelles se distinguent radicalement de La Joconde de Léonard de Vinci présentée au Louvre et de la procédure d’« avertissements » de Daniel Buren.

  • La fragilité mise en boîte — Par Ève Dorais

    Partant de la thématique de la fragilité et d'une réflexion sur le système de l’art actuel, son dedans et son dehors – la société –, ce texte analyse le projet complexe et multidisciplinaire que dirige depuis 2003 l’artiste Patrick Beaulieu. Transfriable s’apparente à une entreprise de livraison de colis et comporte un important volet web. Grâce à différents collaborateurs, des paquets contenant des objets fragiles négligemment emballés voyagent autour du monde, d’un centre de diffusion artistique à un autre, où ils sont exposés, puis réexpédiés. La manipulation des colis devient le prétexte à différentes interventions publiques et a pour effet d’accélérer la détérioration des matériaux qu’ils contiennent, un résultat recherché par l’artiste.

  • La violence et le sucré — Par Christian Roy

    Ces méditations autour d’une installation d’Aude Moreau à la Fonderie Darling, Tapis de sucre 3, explorent différentes dimensions de la précarité inhérente à son matériau et aux conditions sociales qu’il perpétue. Elle lie en effet l’amère précarité de la vie en plantation sucrière à la douceur de vivre d’une société d’abondance industrielle, la brutalité qu’impliquent le raffinement du sucre et celui de la culture, la violence qui les fonde et son dépassement, puisque l’œuvre fragile par excellence impose d’elle-même au public le respect sacré de son intégrité.

  • La fragilité chez Sophie Calle : entre affect et collectivité — Par Chantal Tourigny Paris

    Le texte met en perspective l’expression de la fragilité dans le travail de Sophie Calle, qui s’avère être un élément constitutif de sa production. Le matériau marqué d’épreuves de vie, l’équivoque du propos et les modalités de création hasardeuses fondent une esthétique de la précarité. L’auteure en relève les manifestations depuis la première œuvre de Calle, Les dormeurs, jusqu’à son travail récent, Ou et quand ? Berck et Où et quand ? Lourdes, pour ensuite revisiter Prenez soin de vous à la lueur de cette problématique. Elle aborde ici les enjeux de la médiation, un système qui vient ébranler les paradigmes de l’art.

  • Portfolios — Par Les artistes

    Jason Lim – Just Dharma
    Jean Dubois & Chloé Lefebvre – À portée de souffle
    Olivier Sévère – Hors Jeu & Simili
    Ana Rewakowicz – Conversation Bubble & Ice Domes
    Spring Hurlbut – Deuil

  • Le cadre et l’excroissance — Par Jean-Pierre Vidal

    L’entreprise de Patrice Duhamel, récemment décédé, peut être caractérisée, dans la diversité de ses questionnements et de ses manifestations comme une tentative de recadrer l’espace de la représentation. Qu’il s’agisse de croquis où le trait, à force d’entrelacements, de reprises, d’excroissances, semble littéralement germiner, d’installations où la vidéo s’articule au dessin, ou de bandes vidéo où l’espace et les gestes sont émiettés, démultipliés, répartis sur une profondeur de champ fictive, Patrice Duhamel recompose indéfiniment une géographie des gestes et des espaces où ils se déploient comme sur une portée qu’ils enchantent. La vie ainsi toujours déborde le cadre où pourtant toujours elle s’inscrit.

  • Catherine Bolduc : My life without gravity — Par Hélène Brunet Neumann

    Dans son œuvre My life without gravity, Catherine Bolduc explore un nouveau médium, la vidéo, qu’elle intègre à un langage installatif. Une fois de plus, l’artiste crée un espace dont l’accès nous est refusé, tout en sollicitant nos sens par les sons et la lumière qui nous y parviennent avec intensité. La projection vidéo, en dialogue avec l’installation visuelle et sonore, consiste en une courte autofiction narrative présentée en boucle. Dans l’ensemble, My life without gravity propose la rencontre d’un certain romantisme, d’une pointe ludique et d’un désir de croire en l’enchantement momentané tout en ne manquant pas de suggérer son altérabilité.

  • Témoin nerveux de la lutte — Par Toby Heys & Andrew Hennlich

    Les photographies de la série Pretendahar de Never Lopez montrent un camp d’entraînement canadien, situé dans un hangar à avions et imitant un village afghan ; elles explorent la « nervosité » canadienne en termes de culture, d’architecture et du corps. La culture nerveuse canadienne, distincte de la paranoïa américaine, transparaît dans le fonctionnement de Pretendahar ; ce camp témoigne cependant de la nécessité de tenir compte des transformations à l’échelle mondiale à la suite des attentats du 11 septembre 2001. L’architecture du camp crée un système nerveux qui soutient la structure cellulaire du village, utilisée pour observer et entraîner les troupes dont les corps sortiront du corps du hangar. Pretendahar produit une inquiétude chez le spectateur, par la suggestion d’une confluence grandissante entre le commentaire culturel et la culture militaire.

  • Québec Gold — Par Peter Dubé

    L’exposition Québec Gold, présentée à Reims, en France, conjointement avec la ville de Québec qui fêtait son 400e anniversaire, tente notamment de faire le portrait de la pratique artistique contemporaine au Québec à l’heure actuelle. L’exposition comporte plusieurs axes thématiques qui contribuent à orienter sa structure et sa visite. Ce commentaire analyse l’exposition et ses prémisses, pour réfléchir sur sa fortune critique et son apport au questionnement sur la confluence des préoccupations entourant les notions de contexte discursif, de canonisation et d’inclusion.

  • Entre présentation et représentation : à propos de Cellar Door de Loris Gréaud — Par Jérôme Glicenstein

    L’exposition de Loris Gréaud au Palais de Tokyo au printemps 2008 a souvent été mal comprise. La présentation par cet artiste d’un ensemble d’éléments fortement hétérogènes, couplée à un déficit d’informations claires, a rebuté une partie du public, alors que des spectateurs plus avertis ironisaient sur la pléthore de références à des artistes récents. Il semblerait que la confusion tienne en réalité aux objectifs de l’exposition, laquelle était bien plus une représentation métaphorique d’un atelier qu’une suite d’œuvres ou de processus.

  • Affaire de zouave — Par Michel F. Côté

    Cycle délicat

  • Expositions — Par Vivian Ralickas, Pierre Rannou, Todd Meyers, Kathleen Ritter et Eduardo Ralickas

    Harvest of Memories : Mexican Days of the Dead, Gardiner Museum, [exposition collective]
    If ait is so / to be so in / go in to it / asit is so / it is in us / is it as if / it is of me, Double Négatif, Ctrllab, [Double Négatif]
    Superdome, Palais de Tokyo, [exposition collective]
    Sobey Art Award 2008, Royal Ontario Museum, [exposition collective]
    Carrall Sreet, Artspeak, [Althea Thauberger]
    Marina Roy / Abbas Akhavan, VIVO Media Art Centre, [Marina Roy et Abbas Akhavan]
    Méta-morphose, Cinémathèque québécoise, [Stefan Nitoslawski]
    Tractatus Logico-Catalogicus, VOX image contemporaine

  • Publications — Par Étienne Lalonde et Manon Tourugny

    Marcelle Ferron [Galerie Simon Blais]
    Champs d’intérêts : infiltrer, habiter, spéculer [I] et [II], [programmation 3e Impérial]