Créer une Alerte

Santé publique et démocratie : le Médiator

numéro 4153
date 09/2011
revue Etudes
périodicité mensuel
Univers Société
partager
kiosque
  • Conditions d’un débat présidentiel — Par Pierre de Charentenay

    L’enrichissement général des populations a curieusement défait le lien social des pays développés. Chaque citoyen se mesure à sa capacité de s’enrichir, et donc de consom­mer pour soi. Trêve de fraternité, il importe de se débrouiller pour garantir une vie facile. Désireux d’assurer son avenir et son niveau de vie, il cherche à se protéger de toutes les menaces qu’il perçoit. Partout se développent les sentiments de méfiance : peur de perdre les biens qui ont été acquis, peur de perdre son travail, peur de l’autre qui serait un danger, peur des autres pays qui sont des concurrents, peur de ceux qui viennent sur notre territoire.

  • Le choix controversé du nucléaire en Inde — Par Raphaël Gutmann

  • L’Eldorado maritime : entre prédation et gestion concertée — Par Cyrille Coutansais

    L’économie de la mer se trouve, sans que nous en ayons toujours bien conscience, à un tournant. L’exploitation des océans, basée sur le trépied immémorial du com­merce, de la construction navale et de la pêche, a vogué sans rupture véritable pendant plusieurs siècles et si de nouvelles activités sont nées autour du tourisme, on peut les qualifier autant de terriennes que de maritimes. C’est aujourd’hui ce qui change : ces espaces hier encore vierges passent désormais pour une nouvelle frontière, un autre Eldorado.

  • Réformer — Par Valérie Pécresse

    «On préfère trop souvent se battre pour des mots, même s’ils recouvrent des échecs dramatiques, plutôt que pour des réalités. C’est pourquoi nous ne parvenons pas à accomplir des réformes autrement qu’en faisant semblant de faire des révolutions. »

  • Santé publique et démocratie : l’affaire du Médiator — Par Patrick Troude-Chastenet

    Dans la presse grand public, l’affaire du Médiator a débuté seulement vers la fin de l’année 2010. Plus de six cents plaintes ont été déposées devant les tribu­naux pour homicides et blessures involontaires par des patients et des associations de victimes. La Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) a également porté plainte contre X pour escroquerie et tromperie aggravée.

  • Hannah Arendt penseur de la crise — Par Myriam Revault

    La notion de « crise » est à l’évidence une notion cen­trale dans la pensée de Hannah Arendt. Ainsi, le recueil d’articles traduit en français sous le titre La crise de la culture réunit un certain nombre de textes qui formulent explicitement (crise de l’autorité, crise de l’éducation) ou de façon plus latérale un diagnostic de crise dans de nombreux domaines à l’époque moderne et contemporaine. Un autre ouvrage, Du mensonge à la violence, avait pour titre original Crises of Republics. Quant à la crise du jugement qui est au coeur du monde moderne, elle est tenue par Arendt pour l’un des éléments essentiels consécutifs au phénomène totalitaire. Car ce dernier a eu pour effet de bouleverser nos catégories de pensée en mettant à bas à la fois les repères du sens com­mun et les concepts politiques, juridiques et moraux. La mul­tiplicité des occurrences et des diagnostics de crise présents dans son oeuvre conduit donc à s’interroger sur la façon dont elle appréhende la notion et sur le statut qu’elle lui accorde. Et l’on se demandera de surcroît quel rapport cette crise quasi généralisée entretient avec la modernité, s’il est vrai qu’« elle s’est abattue sur tout le monde moderne » et qu’ « elle atteint presque toutes les branches de l’activité humaine ».

  • Le christianisme est-il soluble dans la contre-culture ? — Par Vincent Aubin, Denis Moreau

    Dans la longue histoire des essais pour caractériser la tension paradoxale qu’introduit le christianisme dans une culture donnée, l’idée de « contre-culture » s’offre depuis quelque temps comme une hypothèse à explorer. Elle correspond sans doute au sentiment d’aliénation que les chré­tiens éprouvent, à des degrés divers, face à ce qui apparaît comme la sécularisation croissante de la société. Elle peut aussi donner lieu à des élaborations réfléchies, dont le mouvement théologique de la Radical Orthodoxy fournit aujourd’hui un exemple majeur.

  • Picasso poète, une expérimentation permanente — Par Androula Michaël

    Beaucoup pourraient encore s’étonner que Picasso fût également un grand poète. Si plusieurs publications ont eu lieu dès son vivant – dans des revues d’art et littéraires ainsi qu’en volume pour ses pièces de théâtre –, deux projets de publication de la totalité de ses poèmes qu’il avait lui-même entrepris, ont échoué. Il aura fallu attendre 1989 pour voir l’ensemble de sa production connue jusqu’à ce jour publiée en volume. L’activité poétique de Picasso a suscité peu d’études et fait l’objet d’un nombre limité de col­loques. De ce fait, elle reste encore largement méconnue en dehors du cercle étroit des spécialistes.

  • Melancholia de Lars van Trier — Par Nathan Reneaud

    Quelques semaines avant la sortie de Melancholia triomphait The Tree of Life de Terrence Malick et sa mise en scène impressionnante de la création du monde. Aujourd’hui, à l’autre bout de la chaîne, la planète imaginée par Lars Von Trier vient pulvériser la vie sur Terre. Rien n’arrêtera sa « danse de mort » – l’expression utilisée pour décrire sa trajectoire dans la deuxième partie du film.

  • Habemus Papam de Nanni Moretti — Par Charlotte garson

    Un hélicoptère survole la place Saint-Pierre de Rome. Le Pape est mort, le Conclave se réunit pour procéder à l’élection de son suc­cesseur. Déjà la foule s’amasse dans l’attente de la fameuse fumée qui, noire ou blanche au fil des scrutins successifs, indiquera s’il faut attendre ou si les cardinaux réunis dans la chapelle Sixtine ont arrêté leur choix. Épousant un temps le point de vue des journalistes de télévision frustrés de ne pas pouvoir filmer quand défilent les cardinaux, Nanni Moretti, en une séquence proche de l’ouverture « radiophonique » de La Règle du jeu de Renoir, impose dès le début de Habemus Papam la mise en scène comme ruse jubilatoire. Et surtout, il prouve une fois de plus son aisance à découper tel un augure un carré de territoire – en l’occurrence rien moins que le Vatican – pour l’ériger en arène du sens par les seuls pouvoirs du cinéma.