Ces dernières semaines, plusieurs documentaires et “fictions documentées” nous ont offert un intéressant panel des différentes manières dont le cinéma peut mêler fiction et réalité. Dans ce domaine, la sortie de Polisse a fait figure de point d’orgue. Par son intensité, le film de Maïwenn provoque un engouement immédiat. Toutefois, reconsidéré à froid, il peut aussi susciter le malaise. C’est cette seconde impression qui m’a incité à faire un tour d’horizon des divers rapports au réel, proposés par les films de cette rentrée.
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Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg
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Par Marine Quinchon
En enquêtant sur une épave engloutie, Tintin se retrouve au coeur d’aventures fabuleuses. Cette adaptation inspirée réussit le pari de mêler brillamment l’univers d’Hergé à celui des films de Spielberg et nous en met plein les yeux !
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Les Géants de Bouli Lanners
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Par Julien Nève
Après le mémorable Eldorado, Bouli Lanners s’est aventuré sur le terrain du conte initiatique. Pari gagné. Son film réussit le coup de force de redonner vie à Tom Sawyer, à une époque où la nature est plus affaire de pixels que de grands espaces verts.
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Il était une fois en Anatolie de Nuri Bilge Ceylan
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Par Thomas Fouet
Où Kenan a-t-il enterré le corps de sa victime ? Escortant le prévenu, une équipe de policiers sillonne, le temps d’une nuit, l’Anatolie... Avec son nouveau film, couronné du Grand Prix à Cannes, Ceylan s’affirme décidément comme un formaliste majeur.
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L’Incroyable histoire de Winter le dauphin de Charles Martin Smith
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Par Marine Quinchon
Un jeune garçon devient le meilleur ami d’un dauphin que des médecins doivent amputer de la queue. Dans la veine de Sauvez Willy, ce film très grand public fait la part belle aux bons sentiments. Un peu trop.
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Intouchables de Éric Toledano et Olivier Nakache
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Par Chloé Rolland
À la tête de quatre films, Éric Toledano et Olivier Nakache apportent un vent frais sur la comédie française. Intouchables réussit le pari d’être à la fois une histoire d’amitié touchante et une longue histoire drôle. Répartie et énergie en sont les secrets.
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Love and Bruises de Lou Ye
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Par François Barge-Prieur
Lou Ye adapte un roman interdit en Chine, et décrit un amour violent, entier et destructeur. Love and Bruises contient une vraie force, envoûte par moments, mais finit par lasser, à force d’éluder toute explication psychologique. Un résultat en demi-teinte.
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La Source des femmes de Radu Mihaileanu
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Par Nicolas Marcadé
Obligées par tradition d’aller chercher l’eau pour tout leur village, les femmes décident de s’unir et de faire la grève du sexe pour contraindre les hommes à les aider. Une fable généreuse, mais assez caricaturale et inutilement longue.
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Squat, la ville est à nous de Christophe Coello
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Par François Barge-Prieur
Christophe Coello suit, de 2003 à 2011, un groupe de squatteurs barcelonais à travers leurs différentes actions militantes, qui dépassent de loin la simple occupation de bâtiments abandonnés. Un film instructif, poignant, et d’une actualité alarmante.
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Contagion de Steven Soderbergh
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Par Cyrille Latour
En imaginant toutes les conséquences plausibles d’une pandémie mondiale, Steven Soderbergh réinvente le film catastrophe et dessine un monde où la peur se propage aussi dangereusement que les virus. Un grand film paranoïaque pour notre époque.
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Honk de Arnaud Gaillard et Florent Vassault
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Par Christian Berger
"Honk", c’est le son des klaxons, par lequel des automobilistes manifestent leur hostilité aux exécutions capitales à Huntsville. Force et diversité des témoignages, intelligence du montage et discrétion des auteurs : bien plus qu’un constat ou un pamphlet.
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Khodorkovski de Cyril Tuschi
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Par Michael Ghennam
Étude du “cas” Mikhaïl Khodorkovski, le plus puissan oligarque de l’ère post-soviétique, tombé en disgrâce pour avoir publiquement défié Vladimir Poutine. Un documentaire foisonnant et passionnant, portrait en forme de puzzle de la Russie moderne.
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Michael de Markus Schleinzer
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Par Nicolas Marcadé
Quelques jours dans la vie d’un pédophile et de l’enfant qu’il séquestre. Un film clinique, réalisé avec précision et savoir-faire, mais qui, en jouant trop la carte de la neutralité, limite son propos à des variations assez convenues sur la banalité du mal.
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Mon pire cauchemar de Anne Fontaine
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Par Michael Ghennam
Agathe, la grande bourgeoise coincée, et Patrick, le prolétaire débrouillard, ne sont unis que par l’amitié de leurs deux enfants. Pourquoi pas plus ? Loin du sérieux de ses précédents films, Anne Fontaine lorgne avec plaisir vers la comédie sociale légère.
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On ne choisit pas sa famille de Christian Clavier
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Par Nicolas Marcadé
Pour pouvoir adopter une petite fille thaïlandaise,
un couple d’homosexuelles doit faire jouer au frère de l’une d’elles le rôle du faux mari : la catastrophe est imminente. Une comédie vieillotte et conventionnelle. Ce qui peut aussi avoir son charme.
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Toutes nos envies de Philippe Lioret
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Par Anne Berjon
Inspiré du livre de Emmanuel Carrère, Toutes nos
envies mêle le drame intime d’une jeune juge sur le point de mourir et son combat engagé contre les organismes de crédit. Le résultat n’est pas vraiment subtil, mais efficace, alarmant et bouleversant.
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50/50 de Jonathan Levine
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Par Camille Lebert Loiret
Comment vit-on avec un cancer quand on a pas
30 ans ? Basé sur la propre expérience du scénariste
Will Reiser, 50/50 imprime sa marque sur le spectateur, en trouvant le juste équilibre entre humour salvateur et gravité sincère. Une jolie surprise.
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Colorful (Karafuru) de Keiichi Hara
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Par Marine Quinchon
Un esprit se réincarne dans le corps d’un adolescent
qui vient de faire une tentative de suicide. Le scénario subtil et le soin apporté aux personnages
font de Colorful un film très émouvant sur l’adolescence et la quête du bonheur.
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La Femme du Vème de Pawel Pawlikowski
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Par Delphine Cazus
Tom, écrivain américain, est à Paris pour renouer
des liens avec sa fille. Il est prêt à tout pour retrouver son bonheur, ce qui l’amène à des rencontres et des situations chaque fois plus inquiétantes... Une intrigue au départ intense, qui s’éparpille bien trop par la suite.
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Jeanne captive de Philippe Ramos
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Par Sélim Ammouche
Jeanne d’Arc : depuis sa capture et sa vente aux Anglais jusqu’à son exécution sur le bûché. En voulant s’éloigner de la figure historique pour
se rapprocher de la femme, Philippe Ramos signe un portrait intéressant, mi-fascinant mi-infructueux.
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Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian
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Par Christian Berger
Se réclamant de Jaurès, Hugo, et de leur message,
déjouant avec brio et finesse les pièges du simplisme, assumant le classicisme de sa réalisation, Guédiguian retrouve “son” Estaque, les gens “simples” qu’il aime et comprend, et nous offre l’un de ses plus beaux films.
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Nuit blanche de Frédéric Jardin
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Par Louis Roux
Dans le huis clos d’une boîte de nuit survoltée,
un flic doit récupérer son fils kidnappé par un mafieux qu’il a tenté de rouler. Nuit blanche s’assume comme un film noir premier degré et violent, mais sa mécanique scénaristique finit par tourner à vide.
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L’Ordre et la morale de Mathieu Kassovitz
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Par Pierre-Simon Gutman
Kassovitz endosse à nouveau son costume de cinéaste
engagé pour un drame politique sur le massacre
de la grotte d’Ouvéa, qu’il filme comme un thriller.
Le film est généreux, parfois maladroit (une voix off
un peu ridicule l’encombre), mais souvent efficace.
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Les Petites voix de Jairo Eduardo Carrillo
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Par Gaël Martin
Avec Les Petites voix, Jairo Eduardo Carrillo s’attaque à l’un des conflits actuels les plus meurtriers : la guerre contre / pour la drogue en Colombie. Il nous livre paradoxalement un extraordinaire documentaire animé, plein d’humour et de poésie.
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Sleeping Beauty de Julia Leigh
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Par Nicolas Marcadé
Un premier film attractif par sa manière d’entremêler conte de fée et réalisme social, dans un trouble univers érotique et morbide, mais qui finit par se perdre par excès d’intentions, et reste finalement plus conceptuel qu’envoûtant.
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Le Stratège (Moneyball) de Bennett Miller
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Par Michael Ghennam
L’histoire de Billy Beane, qui bouleversa l’establishment du baseball en faisant des désargentés Oakland Athletics une petite machine à gagner. Un portrait à contre-courant, où l’individualisme de l’American Dream va de pair avec un tendre éloge de l’échec.