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74% des journalistes votent à gauche

numéro 33
date 08/2012
revue Médias
périodicité trimestriel
Univers Communication
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kiosque

On le subodorait. On le devinait à mille petits signes. On le vérifiait lorsque telle rédaction, telle école de journalisme organisaient des scrutins lors d’échéances électorales : les journalistes votent à gauche, sont de gauche et, naturellement, soutiennent la gauche. La consultation réalisée par Harris Interactive via Twitter pour Médias le confirme : 74 % des journalistes interrogés ont voté à gauche à la dernière présidentielle. Contre 3 %, par exemple, pour Marine Le Pen, soit un différentiel de 15 points avec l’ensemble des Français…
De quoi alimenter, à juste titre il faut bien le dire, le procès sur la coupure entre le petit monde des journalistes et leurs concitoyens. Non, la presse n’est pas l’expression du pays réel. Oui, les journalistes sont, à bien des égards, déconnectés des Français. Et quand certains, aux pensées partisanes, bien sûr, accusent les médias de s’être adonnés à un antisarkozysme primaire, ils n’ont pas forcément tort.

Le plus préoccupant dans cette affaire est le déni de réalité. Quand des journalistes veulent bien concéder qu’ils balancent plutôt pour un camp, ils affirment simultanément que cela n’a pas de conséquence sur leur traitement de l’actualité. Qui peut croire à ce vertueux dédoublement ? Peut-on attendre d’eux qu’ils interrogent enfin ces partis pris qui sous-tendent leurs pratiques professionnelles ? Rien ne dit que cet examen de conscience soit à l’ordre du jour. Pour preuve, ces propos, rapportés par Le Monde, de Valérie Trierweiler qui se voit bien « first girlfriend », comme la surnomme la presse américaine, tout en continuant d’exercer son métier de journaliste. « Elle “réfléchit” », nous apprend le quotidien, à réaliser des « interviews de personnalités étrangères »…
Après tout, nous direz-vous, pourquoi exclure de poursuivre sa carrière dans les médias quand on dort le soir à l’Élysée ? Pourquoi soupçonner un « conflit d’intérêts » quand, le 6 mai 2012, place de la Bastille, sous la tente réservée aux VIP, des artistes, des politiques, bien sûr, mais également quelques journalistes faisaient la fête. Parmi eux, Nicolas Demorand, directeur de la rédaction de Libération, ne cachait pas son enthousiasme. Son champion a gagné, ses amis sont au pouvoir. Nicolas Demorand fut notamment le présentateur de la matinale sur France Inter de septembre 2006 à juin 2010. Appelons ça le service public.
Allons, cessons de jouer les grincheux. « On s’est enfin débarrassé de Sarkozy », comme le titre Marianne. Avec la gauche au pouvoir, c’est la liberté qui revient aux commandes, n’est-ce pas ? De quoi mettre un peu de baume au cœur de journalistes qui, comme chacun sait, ont vécu un long hiver, pour ne pas dire l’enfer, sous la férule de Nicolas Sarkozy. Ils respirent. En tout cas, 74 % d’entre eux.

  • Tartufferies & cie — Par Gay Wars · Visuels : Michel Cambon

    Nos ados sont en danger : les homoxuels viennent de faire leur entrée dans les jeux vidéo. C’est le jeu « Star Wars : The Old Republic », titre réunissant près de 2 millions de joueurs sur Internet, qui a, le premier, levé le tabou devant la demande croissante de ses utilisateurs : les avatars du même sexe sont désormais autorisés à nouer des relations amoureuses. Tollé chez les puissantes associations conservatrices américaines : des milliers de courriers offusqués ont été envoyés aux éditeurs, leur demandant de revenir sur cette décision de « propagande ». Un peu d’amour gay dans un monde virtuel où l’on passe son temps à découper les autres joueurs au sabre laser, voilà le véritable côté obscur de la force.

  • Alain de Benoist : « À l’ère de la surveillance totale » — Par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard · Visuels : Pierre-Anthony Allard

    Interviewer Alain de Benoist, horreur ! Pape de la « Nouvelle Droite » des années 1970, très « sulfureux » philosophe comme aiment le décrire ceux qui s’emploient à le disqualifier sans avoir pris la peine de le lire, vous n’y pensez pas ! Pourfendeur de la « pensée unique » — expression qu’on lui doit –, il est, ne leur déplaise, l’un des esprits les plus passionnants, les plus prolifiques, les plus inventifs de notre époque.

  • Ivan le terrible — Par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard · Visuels : Pierre-Anthony Allard

    Le « réactionnaire » autoproclamé à succès, l’éditorialiste vedette du Figaro et des plateaux de radio de télé serait-il surtout un insoumis, un indigné mais. à sa manière ? Rencontre avec Ivan Rioufol.

  • Ecoles de journalisme : bastions de gauche ! — Par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard · Visuels : Pierre-Anthony Allard

    Les écoles de journalisme, bastions de la gauche, nouveaux temples de la bien-pensance ? A l’occasion du premier tour de la présidentielle, la plus prestigieuse d’entre elles, le CFJ, a organisé un vote interne. Résultat ? 100% à gauche ! De quoi s’interroger sur l’enseignement distillé. Les réponses de Christophe Deloire, le patron de l’école de la rue du Louvre.

  • 74 % des journalistes votent à gauche ! — Par Jean-Daniel Lévy

    Nous voulions en avoir le coeur net : les journalistes sont-ils de gauche, comme l’observation des médias, même superficielle, amène tout un chacun à le penser ? La consultation réalisée par Harris Interactive via Twitter, pour Médias, ne laisse plus de place au doute : oui, l’immense majorité, les trois quarts des journalistes penchent à gauche. Avec les conséquences qu’on imagine…

  • Patrick Sébastien : "Celui qui prend l’autre pour un con a perdu" — Par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard · Visuels : Pierre-Anthony Allard

    L’animateur préféré des Français se voit en vagabond, en ami des Gitans, donc un peu gypsy lui-même, et surtout en humaniste déçu par la télé actuelle. Comme on pouvait s’en douter, il ne mâche pas ses mots.

  • Dangereuse liberté d’expression — Par Robert Redeker

    Le plus souvent, la liberté d’expression est mal comprise : chacun la revendique pour soi et pour ses amis, c’est-à-dire pour ceux dont on partage les opinions. Il s’agit de la liberté d’expression facile, qui donne lieu à un rituel de célébration inlassablement renouvelé. Mais la défense de la liberté d’expression au sens fort est plus rare. Elle devient en effet plus difficile à pratiquer dès qu’il s’agit d’exiger cette liberté pour ceux qui sont attachés à des idées très différentes, voire totalement opposées à celles que l’on chérit soi-même. C’est alors que la liberté d’expression prend toute sa signification politique : elle devient un combat pour autrui. Pour que « l’autre » puisse professer des opinions auxquelles je suis hostile.

  • Algérie : des non-dits... aux tabous — Par Pierre Veilletet

    Le cinquantenaire des accords d’Evian aurait pu être l’occasion d’un débat enfin dépassionné sur la guerre d’Algérie. Raté ! Les médias ont fait profil bas et une publication officielle de l’Etat français a grossièrement censuré un historien.
    Les marronniers de papier fleurissant à dates fixes, on pouvait s’attendre à ce que nos journaux commémorent les « accords d’Évian » (19 mars 1962). Cet euphémisme thermal et climatique scelle, en effet, la fin des « hostilités », selon la terminologie en usage à l’époque, entre « les indépendantistes algériens et les autorités françaises ».

  • Homo comicus, ou l’intégrisme de la rigolade — Par Christophe Labarde et Hervé Lavergne

    Professeur de philosophie, François L’Yvonnet dénonce dans son pamphlet l’apparition d’une dictature nouvelle, d’autant plus insidieuse qu’elle utilise l’arme du rire pour prêcher le bien, bénir et condamner, rassembler et exclure : celle des néohumoristes audiovisuels. Et pointe du doigt une époque marquée par une «importance des amuseurs inversement proportionnelle à leur talent».

  • Quand les « nouveaux réacs » gâchent la fête — Visuels : Pierre-Anthony Allard

    Il faut écouter, lire Elisabeth Lévy : elle est une des rares, très rares journalistes à penser, y compris contre elle-même. Son dernier livre, « La Gauche contre le réel », en est une nouvelle preuve : derrière ce qui peu paraître anecdotique — l’affaire de ces « nouveaux réacs » que la bonne presse s’est employée à diaboliser —, elle nous montre le « choc des idéologies » aujourd’hui à l’œuvre. Tout simplement passionnant. Extraits.

  • Reynald Secher : "Je suis un empêcheur de commémorer en rond..." — Par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard · Visuels : Pierre-Anthony Allard

    Historien, Reynald Secher dit apporter des preuves que, durant la Révolution, la Vendée a été victime d’un génocide programmé. Depuis, il est tenu en quarantaine…

  • Les chantiers de la mémoire — Par Denis Peschanski

    Est-il possible de comprendre pleinement ce qui se passe dans la mémoire sociale, appelée aussi mémoire collective, sans savoir ce qui se passe dans le cerveau ? Peut-on appréhender les dynamiques cérébrales de la mémoire sans prendre en compte l’impact du social ? Il suffit presque de poser ces questions pour trouver la réponse évidente. Pourtant, les recherches sur la mémoire qui ont connu ces dernières décennies un développement majeur se sont construites dans la séparation disciplinaire.

  • La mémoire et ses dynamiques cérébrales — Par Yves Burnod et Katia Dauchot

    « La mémoire, c’est tout simplement la vie des neurones. » Ce qui veut dire qu’elle est la manifestation continue de notre « être ». Se souvenir – et oublier – n’est pas de tout repos.
    Les mécanismes moléculaires de la mémoire sont ceux de la vie cellulaire. Chaque humain possède à peu près 1010 à 1014 synapses dans son cortex, capital suffisant aux apprentissages d’une vie. Les recherches consacrées aux aspects moléculaires et cellulaires montrent que les mécanismes moléculaires de la mémoire sont très proches des mécanismes de la vie des cellules. Cette vie cellulaire s’est développée au cours de l’évolution et de nombreux processus moléculaires concernent la mémoire.