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La Métaphysique

numéro 9
date 09/2006
revue Philosophoire
périodicité semestriel
Univers Philosophie
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kiosque

Pourquoi revenir une fois de plus sur le motif, ressassé ad nauseam, de la fin, du dépassement, de l’inanité de la métaphysique ? Le lecteur qui nous suivrait sur le chemin d’une remise en question critique de ce lieu
commun n’est que celui qui sera déjà disposé à le faire – il trouvera alors dans la littérature récente de quoi stimuler sa réflexion. L’autre lecteur, loin de se laisser impressionner, s’en tiendra au minimum au constat purement historique : l’absence radicale, dans la littérature philosophique contemporaine (philosophie analytique, post-moderne, phénoménologie, …) de toute trace de métaphysique.
Les traités métaphysiques appartiennent à l’histoire, nul ne s’aventurerait plus aujourd’hui à construire une nouvelle métaphysique. La spéculation métaphysique, à tout le moins sous sa forme traditionnelle, ne concerne plus
guère que l’historien de la philosophie. Dans ces conditions, pourquoi revenir une fois de plus sur ces grandes questions métaphysiques, qui font peut-être à l’occasion de beaux sujets de baccalauréat mais auxquelles, en définitive, les
philosophes ne s’intéressent plus sérieusement ?

  • La Métaphysique — Par Alain Badiou

    Alain Badiou enseigne la philosophie à l’Université de Vincennes-Saint- Denis et au Collège international de philosophie. Philosophe,
    dramaturge et romancier, il dirige avec Barbara Cassin la collection « L’ordre Philosophique » aux Éditions du Seuil.

  • Heidegger — Par Olivier Boulnois

    L’un des concepts les plus remarquables développés par Heidegger est celui d’onto-théologie. Selon ce concept, la métaphysique possède une “constitution” : son essence détermine son histoire conformément à sa structure.

  • De la possibilité de la métaphysique comme « expérience de pensée » — Par Jean-Claude Poizat

    Arrêtons nous ici un instant, et examinons un peu ce prétendu « constat », cet état des lieux, qui semble mainte et mainte fois réitéré à notre époque : celui de la faillite ou de la « fin de la philosophie ».
    Ou plus exactement, demandons-nous ce qui, dans la forme culturelle appelée « philosophie », a vieilli au point que c’est la philosophie toute entière et en tant que telle qui paraît aujourd’hui compromise. Or de quoi s’agit-il en fait, sinon de la prétention métaphysique des grands systèmes philosophiques du passé,
    ceux de Platon, Leibniz ou Hegel ?

  • La tentation métaphysique et l’exigence philosophique — Par Vincent Citot

    La physique est l’étude de la nature, la métaphysique est l’étude du surnaturel, et la philosophie serait coincée entre les deux. C’est mal dit, puisque la métaphysique est une sorte de philosophie, ou une façon de philosopher. L’étude de ce qui est au-delà de la nature est plutôt la
    religion, et la métaphysique serait alors la partie religieuse de la philosophie.
    Mais il faut s’entendre sur les termes. Nous ne traitons pas ici de l’histoire et du destin du concept de « métaphysique », de ce que les philosophes ont, chacun pour leur part, cru identifier comme tel.

  • Sur la déconstruction de la métaphysique : énantiodromie et perspectivisme — Par Lucas Degryse

    Il est une erreur théorique, pourtant communément admise, selon laquelle la métaphysique n’aurait pas de fondement empirique. La métaphysique n’aurait pas de fondement dans le monde, dans
    l’expérience du monde. On peut voir dans ce jugement une conséquence d’un criticisme kantien mal maîtrisé. Dans ce cadre, la métaphysique ne serait pas une activité de connaissance, puisque sans objet phénoménal localisé dans l’espace-temps, mais une activité de pensée consacrée au noumène, l’inconditionné extra spatio-temporel, l’absolu en d’autres termes.

  • L’analogie et les exigences de la déduction métaphysique selon Platon — Par Claude Obadia

    En dénonçant l'illusion selon laquelle tout ce qui existe est sensible, l'auteur de l'Allégorie de la Caverne a aussi montré, travaillant à fonder la connaissance intellectuelle, qu'il ne serait pas moins naïf de croire que l'on peut véritablement connaître ce qui fonde la possibilité de la
    connaissance elle-même. Ainsi Platon pose-t-il l'existence d'un "anhypothétique", fondement de l'Etre et du connaître, rigoureusement ineffable et source vive de la connaissance vraie. De fait, il convient d'expliquer ce qui peut au premier regard sembler paradoxal.

  • Théorie métaphysique et théorie transcendantale de la connaissance — Par Dominique Demange

    Dans la présentation de sa théorie critique, qu’il appelle encore « théorie transcendantale », Kant semble avoir hésité entre deux schémas.
    Selon le premier, la théorie transcendantale précède et fonde la métaphysique, c’est-à-dire qu’elle en est une propédeutique. Selon le second schéma, la théorie transcendantale devient au contraire la première partie de la métaphysique, c’est-à-dire qu’elle se substitue à l’ancienne ontologie, dont elle change radicalement la signification.

  • En quel sens le concept marxiste de propriété est-il métaphysique ? — Par Raphaël Chappé

    Nous souhaitons apporter une contribution à la mise en évidence de la manière dont, chez les pères fondateurs du marxisme, le concept de propriété se rapporte — en tant qu’objet métaphysique d’une part — à sa vie réelle : l’histoire ; et se met à l’épreuve — en tant qu’objet historique d’autre
    part — de sa vie imaginaire : la métaphysique.

  • Le problème de l’être et la question de l’homme — Par Nicolas Poirier

    Afin de bien comprendre l’enjeu de l’interprétation heideggerienne de Kant vers 1930, il convient de se replacer dans le contexte de la
    rencontre entre Cassirer et Heidegger qui eut lieu en 1929 à Davos. Ernst Cassirer, alors professeur à l’université de Marbourg où il avait succédé à Herman Cohen, était le plus éminent représentant de l’école néokantienne allemande (dite « école de Marbourg »). Rappelons que dans l’Allemagne weimarienne, les néo-kantiens regroupés autour de Cohen d’abord, de Cassirer ensuite, formaient le pôle institutionnel dominant au sein de
    l’université.