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Mauvaises choses

numéro 39
date 02/2011
magazine Vertigo
périodicité trimestriel
Univers Cinéma
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kiosque

« Et si cela me plaît à moi de vous dire machin, / Pot à eau, mousseline et potiron. / Que l’Anglais dise machin, / Que machin dise le chef de gare, / Machin dise l’autre, / Et moi aussi. / Machin. / Et même machin chose. »

« Comme », Robert Desnos

  • Mauvaises choses — Par Fabienne Costa, Frédéric Majour, Marcos Uzal, François Albera, Jean Breschand, Christophe Cognet, Michaël Dacheux, Stéphane du Mesnildot, Benjamin Esdraffo, Térésa Faucon, Philippe Fauvel, Estelle Fredet, Jun Fujita, André S.Labarthe, Sandrine Rinaldi...

    L’attention a souvent été portée aux objets lorsqu’ils constituent un enjeu du scénario, l’emblème d’un genre, la caractéristique d’un personnage. Exercice d’observation, « machins choses » retient les objets qui échappent à ces catégories, irréductibles : la force des choses.

    « C’est quoi cette vache ? » Chose, elle s’impose, se pose là : telle quelle. Objet individualisé, isolé, en marge de la signification, solitaire pris dans son évidence concrète. Désignée par un insert, révélée lors d’une netteté soudaine de l’image, élue par un geste de saisissement, nommée, dérangée : la chose est choisie, remarquable, elle s’abandonne au plan, le polarise. La chose s’émancipe parfois de sa condition, de son inertie, elle suit le mouvement, se prête à de multiples expériences. Elle peut être mise hors d’usage : jetée, brisée, ou trouver un nouvel emploi, gagner en souplesse et devenir personnage, trouver une destinée : elle intrigue. Elle peut aussi être plus secrète, s’immiscer, ouvrir un espace à part : le monde parallèle des objets. Sans s’affirmer, elle « fait tapisserie » ou passe inaperçue, et nous échappe.