Créer une Alerte

Anti-musique

numéro 21
date 10/2010
magazine Vice
périodicité mensuel
Univers Mode
partager
kiosque
  • Interview de JB Wizz, alias Jean-Baptiste Guillot — Par Clovis Goux · Visuels : Estelle Hanania

    La première fois que j’ai entendu la voix de JB, c’était sur mon répondeur : un rockeur de banlieue éructait en exigeant une explication franche. J’avais écrit un papier dans un torchon où je disais le plus grand mal d’une de ses compilations. C’était pas malin : je m’imaginais déjà traîné sur le périph’ derrière une grosse cylindrée ou attaqué au cran d’arrêt dans un terrain vague par un loubard surgi d’une BD de Margerin. Au troisième appel, j’ai quand même fini par décrocher. Après une heure de discussion, l’affaire était réglée : loin d’être un bourrin, Jean-Baptiste s’avérait un passionné défendant bec et ongles une certaine esthétique du rock : celle, pure et dure, des origines. Quelques années ont passé, et Jean-Baptiste Guillot est toujours là. Il roule en Triumph et dirige l’un des meilleurs labels de rock au monde, Born Bad, sur lequel il a signé des groupes qui tuent – Frustration, Magnetix, Cheveu, Yussuf Jerusalem… – tout en continuant à sortir de temps en temps des compiles de merde (là, je déconne).

  • Closed frontier - Is rock over ? — Par Sam McPheeters · Visuels : Laura Park

    Bizarre de penser au Far West comme à quelque chose qui puisse être « fermé » de la même façon qu’une boîte en carton ou qu’un magasin en faillite. Et pourtant, c’était précisément l’implication du recensement américain de 1890 et de l’audacieuse déclaration du Gouvernement, annonçant qu’il cesserait d’étudier les mouvements de population vers l’Ouest puisque la frontière n’existait plus. D’un coup de plume, la totalité du Far West – avec ses collines isolées, ses plaines, ses villages de hors-la-loi et ses bordels mal éclairés – est simplement devenu l’Ouest, une région comme une autre des États-Unis. Durant les années 1890, les universitaires ont débattu de l’impact psychique de cette fermeture sur un pays qui ne pouvait plus s’échapper nulle part.
    Treize ans plus tard, un film de douze minutes, Le Vol du grand rapide, inaugurait le genre western. (...)

  • Interview de John Fix, responsable des fameux «œufs de coucou » sur Napster — Par Ellis Jones

    Napster 1.0 était un des meilleurs trucs qui soit arrivé à Internet. Ce n’était pas qu’un site de partage de fichiers sur lequel des préados allaient piquer des morceaux de Snoop Dogg. Ça ressemblait plus à un énorme souk où n’importe qui pouvait trouver n’importe quel genre de musique jamais créée. Dans les mois qui suivirent son lancement à l’été 1999, des millions d’utilisateurs autour du monde téléchargeaient des joyaux qu’on ne pouvait pas trouver ailleurs. Même les ethnomusicologues tapaient l’adresse du site pour trouver des enregistrements jusque-là disparus. Pour les fans et les chercheurs, Napster était le seul portail à proposer les sorties de labels légendaires comme Folkways et Melodiya. Et non seulement c’était accessible, mais en plus c’était super rapide.

  • La peur de la musique - La mélophobie existe pour de vrai ! — Par Mark Allen · Visuels : Tara Sinn

    Vous connaissez des gens qui prétendent ne pas aimer la musique ? Des gens qui n’ont pas un seul CD chez eux, pas même un iPod ? Vous pensez qu’ils éteignent la radio lorsqu’elle est allumée ? Et quand ils sont obligés d’en écouter, est-ce qu’ils haussent les épaules ou, pire, est-ce qu’ils vous disent qu’ils n’ont jamais réussi à « comprendre » la musique ? Vous n’êtes jamais parvenu à savoir quel était leur problème, n’est-ce pas ?
    Eh bien, le manque d’intérêt chelou de votre ami pour la musique pourrait être le résultat d’un certain type de mélophobie (en gros, la peur de la musique), une maladie neuro-physiologique méconnue mais bel et bien réelle. (...)
    Rencontre avec le docteur Marsha Johnson, chef de clinique et audiologue à la Clinique Tinnitus & Hyperacusis, en Oregon, qui s’occupe depuis treize ans de patients atteints de mélophobie.

  • Pire-to-Pire, une interview avec Cary Sherman, le président du RIAA — Par Rocco Castoro · Visuels : Brayden Olson

    À la fin de l’année 2008, le Recording Industry Association of America (RIAA) a changé de stratégie (certaines personnes en ont déduit que l’organisation cédait à une pression du public). Plutôt que de poursuivre des individus, ils ont décidé de s’en prendre aux fournisseurs d’accès, et les ont obligés à avertir leurs clients au moyen d’un subtil système de « 3 cartons jaunes et t’es baisé ». Mais la plupart des fournisseurs ont déclaré qu’ils suivraient leurs propres politiques internes de surveillance. Du coup, le RIAA fait profil bas depuis un certain temps, et c’était un vrai bonheur de recevoir une réponse positive de M. Sherman pour cette interview. (...)