Diapason

Galina Vichnievskaïa

By Vincent Agrech

« C’était le temps où le seul à sourire Etait le mort, heureux d’être en repos [...] L’innocente Russie se tordait de douleur, Sous les bottes sanglantes, Sous les pneus des fourgons noirs [...] — Et cela, vous pouvez le décrire ? Et j’ai dit : — Je peux. Alors quelque chose comme un sourire est passé sur ce qui autrefois avait été son visage. »

Lisa Della Casa

By Gaëtan Naulleau

Les années n’auront pas eu raison de son élégance. En 2008, un documentaire montrait Lisa Della Casa et son époux dans le château du lac de Constance où ils avaient posé leurs bagages un bon demi-siècle plus tôt ; à l’approche des quatre-vingt-dix ans, le charme fier mais sans arrogance qui mettait les mélomanes à genoux devant son Arabella, sa Maréchale, sa Comtesse n’était pas voilé par l’âge, et le regard brillant s’intensifiait encore à l’évocation d’une famille chérie.

Joyce DiDonato

By Mehdi Mahdavi

En dix ans, la mezzo est devenue une reine. comique ou tragique, baroque ou romantique, Joyce DiDonato investit Paris et Toulouse au fil de sa tournée « Drama Queens ».

Peter Phillips

By Gaëtan Naulleau

La vie est belle pour le fondateur des tallis scholars, avec un disque au top des charts anglais, un nouveau Diapason d’or, et une grande tournée pour le quarantième anniversaire de l’ensemble

De Berlioz à Boulez

By Gérard Condé · Illustrations: Devambez,hubert agostini

La musique française ? C’est la coquette qui, dans l’Amour masqué, fredonne : « J’ai deux amants. » l’un est italien, l’autre allemand. Son identité n’en souffre pas, au contraire, elle en tire une infinie variété d’émotions. On ne l’enfermerait dans une définition — couleur, équilibre, distinction — qu’en lui retirant son esprit. Celui qui anime les compositeurs français n’est pas tant une esthétique que le souci d’une originalité qui les distingue de leurs prédécesseurs, de leurs contemporains et, même de leurs imitateurs. Le centralisme joue en faveur de la diversité. L’école de Leipzig qui a fourni au monde entier des Mendelssohn-clés-en-mains serait impensable à Paris. Il n’empêche que si la musique russe doit beaucoup à l’orchestre de Berlioz, le minimalisme américain n’est pas moins redevable à Satie…

Création du Concerto Adélaïde

By Claude Samuel

Ce jour-là, un éminent représentant de la tribu des Casadesus (« Une nichée de saltimbanques », dira Jean-Claude, le chef d’orchestre) avait enfin décroché un engagement dans une grande salle parisienne. Ce jour-là, un supercanular allait semer le doute dans les milieux musicologiques.

Saint-Saëns

By Gérard Condé

« Oser, en art, est ce qu’il y a de plus terrible au monde. […] Ce qu’on aime, c’est à se pelotonner dans sa paresse et sa routine, dût-on en crever d’ennui et de satiété. » Est-ce Debussy qui disait cela ? Schönberg ? Xenakis ? Non : Saint-Saëns, dans Le Voltaire du 17 août 1879, pour souligner l’audace formelle des poèmes symphoniques de Liszt.

Le roi blessé

By Thierry Soveaux

C’est un homme âgé, usé, que Walter Legge nomme en 1959 à la tête de son Philharmonia. Otto Klemperer régnera quinze années sur cet orchestre fabuleux, enregistrant avec lui la quintessence de son répertoire.

Les experts

By Jérôme Bastianelli

Ils ont des allures de charmants mafiosi sur la couverture de leur dernier disque, mais les Ebène sont bien des intellos, des experts du timbre. Leur jeu intense et svelte va comme un gant aux Mendelssohn – Felix et sa soeur Fanny.