Fleet Foxes

Le réveil de Seattle

par Cédric Rassat

Loin des harmonies solaires des Fleet Foxes, le premier album de The Dutchess & The Duke fait valoir un folk-rock aux accents garage qui sonne comme le compromis idéal entre les Stones de 1965 et les freaks de la scène antifolk. Complètement hors norme, She’s The Dutchess, He’s The Duke aligne ainsi les pépites folk tout en révélant le songwriting génial et superbement désaxé de l’étrange Jesse Lortz. Un improbable duo qui est assurément l’autre grande révélation de la scène actuelle de Seattle.

Fleet Foxes - Old vibrations

par Cédric Rassat, Michel Pampelune

Sortis de nulle part ou presque, les Fleet Foxes auront quasiment fait l’unanimité en 2008. Leurs harmonies invraisemblables auront séduit les fans des Beach Boys autant que ceux du Band ou de Fairport Convention et leur premier album aura été célébré un peu partout comme l’un des grands disques de l’année. Quelques jours avant Noël, alors que Seattle était couvert de neige, Josh Tillman, Casey Wescott et Robin Pecknold ont accepté de répondre aux questions d’Eldorado sur le parcours peu commun des Fleet Foxes, ainsi que sur cet incroyable success story qui se sera finalement révélée aussi excitante qu’exténuante.

Department of Eagles - Oreille absolue

par Cédric Rassat · visuels: Amelia Bauer

Après une parenthèse de plus de trois ans liée, en partie, aux activités de Daniel Rossen au sein de Grizzly Bear, les deux musiciens de Department Of Eagles réapparaissent aujourd’hui avec In Ear Park, un disque extraordinaire qu’ils considèrent comme leur véritable premier album. Van Dyke Parks devrait y trouver enfin des héritiers dignes de ce nom et Jim O’Rourke de sérieuses raisons de se remettre au boulot.

Tony Joe White - Marais noir

par Stéphane Deschamps

Il arrive tranquille, bottes aux pieds, les yeux sous l’ombre d’un chapeau noir, la voix lente, horizontale et profonde comme le bayou de Louisiane qui l’a vu naître. Il commande un whiskey ; il n’y en a pas. On lui apporte une Heineken ; il n’en veut pas (“Ça sent le putois”, dit-il). Une demi-bouteille de Morgon fera l’affaire. On a le carburant, on peut démarrer… Tony Joe White, 65 ans, raconte sa vie et nous voilà immergés au pays des alligators, des sorciers vaudous et des beer-joints du Golfe du Mexique. Sans doute pourrait-il vivre sur les droits d’auteur de ses deux tubes quadragénaires, “Soul Francisco” et “Polk Salad Annie”, deux chansons qui ont mis le swamp sur la carte du rock. Musicalement, TONY JOE WHITE évoque une sorte de créature hybride, entre le Creedence Clearwater Revival et Elvis Presley.

Neal Casal, ma vie en musique

Interview

Andrew Bird - Easy Beast

par Vincent Théval

Andrew Bird nous avait habitué à l’excellence mais étions-nous vraiment préparés pour Noble Beast, immense oeuvre protéiforme et généreuse ? Le songwriter et sorcier des sons y porte à un point de perfection inédit les différentes formules magiques inaugurées sur ses précédents albums, au service d’une écriture pop complexe et fluide. L’oiseau siffleur survole pour nous les pistes sinueuses d’un disque fantastique, les éclaire d’un regard perçant et poétique. Une explication de texte passionnante.

Giant Sand & Howe Gelb

par Marc Sizman

Howe Gelb est un type intelligent. Il le sait mais ça n’a aucune importance… Car à 52 ans passés, ce songwriter de Pennsylvanie ayant jeté l’encre, à l’aube des 70’s, à Tucson en Arizona, est un des Parrains de la country alternative. Carrément. Un passeur, surtout…

Ray LaMontagne - Talent hirsute

par Christophe Geudin

Gossip In The Grain, le troisième album de RAY LAMONTAGNE augmente le tempo et se pare d’embellies soul. Le songwriter a-til pour autant relégué sa part d’ombre au profit de banjos mutins et d’odes printanières à la batteuse des White Stripes ? Pas sûr…

Matt Ward - M le Magnifique

par Vincent Théval

Le grand Matt Ward fête cette année dix années d’un parcours discret et sinueux sur les chemins du folk américain, jalonné d’albums magnifiques et de collaborations toujours pertinentes. En artisan humble mais sûr de son fait et de son art, le songwriter de Portland a six fois remis son ouvrage sur le métier pour aujourd’hui offrir Hold Time, un disque (son meilleur) où le temps suspend son vol.

Les sept étoiles de Sufjan Stevens

par Vincent Théval

Un peu de l’aura de l’immense Sufjan Stevens, officiellement meilleur auteur compositeur des années 2000, est retombé comme une pluie d’or sur certains de ses contemporains. Le succès du Newyorkais a non seulement ouvert en grand les portes et fenêtres de la pop américaine, mais a aussi permis à une génération de musiciens de sortir du bois et de s’épanouir avec une musique à la fois exigeante et accessible. Parmi ceuxci se distinguent les proches, le premier cercle. Cartographie non exhaustive des amitiés musicales de Sufjan Stevens en sept portraits de talents lumineux, comme sept étoiles d’une petite galaxie pop baroque.

The Supersuckers

par Michel Pampelune

Un jour, Lemmy Kilmister a déclaré : “Si vous n’aimez pas les Supersuckers, c’est que vous n’aimez pas le rock’n’roll.” Pourtant, malgré vingt ans de carrière et cet adoubement de première classe par le hurleur en chef de Motörhead, le groupe de Tucson demeure, encore aujourd’hui, le secret le mieux gardé des amateurs de rock high energy. Eldorado fait le point avec Eddie Spaghetti, le chanteur des Supersuckers, et déroule le tapis rouge pour ce gang qui n’hésite pas à s’autoproclamer “meilleur groupe de rock’n’roll du monde”

Blitz krieg folk

par Benjamin Mialot

Souvent considéré comme une musique tout juste bonne à rythmer des crises d’adolescence et des conciliabules anarchistes, le punk assène depuis une poignée d’années un vibrant coup de grâce à de tels clichés, coup de grâce qui coïncide avec une pirouette : celle de voyous ayant débranché leurs guitares et conservé leurs opinions pour se réinventer en des bardes aussi rageurs que sensibles.

Cheap Time

par Cédric Rassat

Dernière sensation venue de l’excellent label In The Red, le premier album de Cheap Time permet de réconcilier les fans de la pop nerveuse de Supergrass avec ceux des disques les plus crus de Reigning Sound. Véritable cure de jouvence pour un punk classique qui n’avait sans doute pas été à pareille fête depuis le premier Libertines, ce disque radical et flamboyant reste profondément ancré dans un farouche esprit d’underground et d’indépendance. La meilleure façon d’aller trop vite sans déraper ?

Zabriskie Point - Point de chute

par Cédric Rassat

Sorti en 1970, alors que Michelangelo Antonioni était au sommet de sa carrière, Zabriskie Point a longtemps traîné une réputation de film maudit. Echec retentissant au moment de sa sortie, le film mis en musique par Pink Floyd et Jerry Garcia aura fait l’objet d’une immense incompréhension au point de demeurer quasi-invisible pendant des années. Sa récente ressortie en DVD permet de rectifier cette criante injustice et d’entamer enfin la réhabilitation de ce chef-d’oeuvre psychédélique.