Les mille et une nuits

Un manuscrit médiéval acquis par la bibliothèque municipale d’Angers

La bibliothèque municipale d’Angers a réalisé sa plus grosse acquisition depuis 1977 en achetant pour la somme de 90 000 euros un manuscrit médiéval datant entre 1500 et 1503. Rédigé par le médecin Nicolas de Houssemaine à l’attention de l’un de ses patients, Jean de Chabannes, comte de Dammartin, il était conservé depuis le XIXe siècle à la British Library, puis à New York. L’un des héritiers de Thomas Phillips (1792-1872),célèbre collectionneur, en avait fait don à l’institution. Exemplaire original de l’ouvrage intitulé Les gestes des comtes de Dammartin, il n’en existe à ce jour qu’une seule copie, écrite entre 1504 et 1511, adressée à la fille de Jean de Chabannes et conservée à la BnF. À la différence de cette copie, le manuscrit original, composé de 62 feuillets, contient un prologue dans lequel l’auteur confie avoir désiré rédiger ce texte dans le but d’éclairer le comte sur sa parenté avec de nombreuses familles royales.

Rimbaud, l’intégrale

by Pascal Fulacher

Notre rapport à Rimbaud est ambigu et complexe. À la seule prononciation de son nom, un visage paraît, comme si nous l’avions toujours connu » écrit Claude Jeancolas en préambule de son ouvrage Les Manuscrits d’Arthur Rimbaud l’intégrale, qui vient de paraître chez Textuel. C’est, une fois n’est pas coutume, à travers son écriture que C. Jeancolas nous propose un nouveau portrait de Rimbaud.

John Lennon intime se raconte en mots

Love, love me do, You know I love you…», ce premier single des Beatles fête ses 50 ans. À la liste des célébrations, ne manquez pas d’ajouter l’ouvrage exceptionnel intitulé Les lettres de John Lennon du journaliste Hunter Davies, ami du groupe et auteur de la seule biographie officielle. Pendant des années, Davies, soutenu par Yoko Ono, a recherché les lettres de Lennon, chez les collectionneurs, dans les salles de vente, auprès de sa famille… pour sélectionner 250 documents qui retracent les étapes de la vie du chanteur. Pour la plupart inédites, les lettres sont présentées dans des parties thématiques fort bien documentées et Davies nous livre précisément les clés de leur contenu et de leur contexte : ses années d’enfance, la Beatlemania, l’arrivée de Yoko, les embrouilles avec Paul… Et à l’auteur de préciser : « Il lui était totalement naturel de coucher sur le papier chaque nouvelle idée, pensée ou envie de communiquer. »

Kafka, un procès pour l’Histoire

Le meilleur ami de Franz Kafka a aussi été son plus grand traître. Max Brod avait pour consigne de brûler les manuscrits de son ami à sa mort, alors que la gloire n’était pas encore là. Sans Max Brod, l’œuvre de Kafka ne serait sans doute pas connue. Mais ces manuscrits pour l’éternité, à qui appartiennent-ils ? La justice a été sommée de répondre à cette interrogation kafkaïenne qui dure depuis plusieurs décennies.

Le swing de Django

by Charlotte Meunier

Une ancestrale tradition manouche veut que l’on brûle dès que possible les affaires du défunt. Django Reinhardt, guitariste célèbre né en 1910 à l’arrière d’une roulotte, n’a pas échappé à cette coutume. Heureusement sa veuve, « Naguine », a pu conserver certaines de ses affaires et notamment une des précieuses guitares du musicien. Plutôt que de la garder chez elle, elle a eu l’idée judicieuse d’en faire don à la Cité de la Musique qui, partant de cet instrument mythique, a construit tout autour une exposition passionnante.

Eluard, le poète

Le 2 février 2013 s’ouvrira une exposition au Palais Lumière à Évian consacrée à la vie et l’œuvre de Paul Éluard. Poète français, humaniste, ami des artistes et homme engagé, Éluard est une figure incontournable de la première moitié du XXe siècle. En huit chapitres, l’exposition donne une nouvelle approche de l’homme et de l’écrivain à travers des objets personnels et la reconstitution de son bureau et de sa bibliothèque avec ses manuscrits et ses ouvrages. Des Premiers poèmes signés de son véritable patronyme Eugène Grindel en 1913 aux poésies de la résistance avec Liberté, en passant par les poésies d’amour, le visiteur pourra se plonger dans l’œuvre littéraire du poète ainsi que dans son univers artistique.

Chasser la baleine avec le jeune Arthur Conan Doyle

by Charlotte Meunier

Arthur Conan Doyle a 20 ans en 1880, période à laquelle la chasse à la baleine bat son plein et représente une activité lucrative très courue. Alors jeune étudiant en médecine, il est enrôlé sur un baleinier comme chirurgien. En effet, compte tenu des risques encourus lors de la traversée, il n’était pas rare que les équipes de pêcheurs comptent un médecin parmi leurs rangs. C’est ainsi qu’en février 1880, le jeune Arthur embarque pour six mois sur le baleinier L’Espoir.

Une restauration entre ciel et terre

Le 15 septembre dernier, à l’occasion des Journées du Patrimoine, les Mâconnais fêtaient la cinquième année d’ouverture de leur médiathèque. Mais comme un bonheur n’arrive jamais seul, ils ont aussi eu l’immense joie de redécouvrir, fraîchement restauré, le joyau de leur médiathèque, après huit mois d’absence (de janvier à août 2012) pour restauration : un manuscrit médiéval rarissime de La Cité de Dieu de Saint-Augustin. Revenons plus en détails sur cette restauration extraordinaire…

Les Mille et Une nuits, un livre sans fin

Jusqu’à présent, aucune exposition d’envergure n’avait été consacrée à Paris aux Mille et Une Nuits, « Alf lailah wa laylah », un recueil d’histoires « surprenantes et étonnantes ». L’Institut du monde arabe, qui célèbre en 2012 son 25e anniversaire, comble cette lacune en présentant 350 manuscrits, illustrations et objets provenant de soixante-deux musées et de collections particulières.

Sur les traces de Stendhal

C’est à Grenoble, dans la ville natale de l’écrivain romantique Henri Beyle, dit Stendhal, qu’un musée éponyme a ouvert ses portes au public le 15 septembre dernier. Labélisé « Musée de France » et « Maison des Illustres », ce lieu de mémoire tend à sensibiliser le public à l’œuvre littéraire de l’auteur mais également à sa vie grenobloise. Une visite haute en couleurs, loin du simple rouge et noir !

Aristophil : la passion de l’excellence

Il était une fois l’histoire d’un passionné de lettres et de manuscrits tombé dans la grande marmite de l’esprit de collection, tel Obélix dans la marmite de potion magique, lorsqu’il découvrit le principe du courrier transporté par Ballon monté ou par Boules de Moulins lors de la guerre qui opposa la Prusse à la France en 1870, et du Siège de Paris qui s’ensuivit.

La villa Marguerite Yourcenar, sur les traces du Mont Noir

Construite à la fin des années 1920, la Villa Marguerite Yourcenar est située en plein cœur des Monts de Flandre entre Lille et Dunkerque, sur le site qui abritait à l’époque le Mont Noir, ancienne propriété familiale de Marguerite Yourcenar. L’auteur y passait, enfant, tous ses étés, de 1903 à 1912. Devenue depuis 1997 résidence d’écrivains, elle accueille de mars à novembre une quinzaine d’auteurs venus du monde entier trouver l’inspiration dans les sillons de la première femme à avoir été élue à l’Académie française. Vestige de la jeunesse d’un auteur au talent incontesté, la Villa est aujourd’hui un carrefour littéraire incontournable.

Jean-Michel Djian, ou l’Afrique revisitée

Journaliste, producteur à France Culture et rédacteur en chef de la revue France Culture Papiers, Jean-Michel Djian a fondé à l’université Paris VIII le master « Coopération artistique internationale » et initié l’Université ouverte des Cinq Continents à Tombouctou. Il vient de faire paraître Les Manuscrits de Tombouctou aux éditions Jean-Claude Lattès, livre dans lequel il attire notre attention sur l’importance de ces manuscrits pour l’histoire de la culture africaine.

Albert Dupont, un lettrisme à visage humain

Artiste « pluri-indisciplinaire » de l’écrit et du signe, d’obédience et de « dés-obédience lettriste », ce plasticien hors normes et ce touche-à-tout de génie nous propose un voyage au sein des calligrammes, des rébus et des codex du troisième millénaire.

Georges Braque, le peintre angélique

Il y a cinquante ans disparaissait Georges Braque. Protagoniste, avec Picasso, de la révolution cubiste, il fut l’homme des évidences tranquilles, accomplissant avec un naturel empreint de modestie une œuvre ambitieuse et maîtrisée, toute de sobriété et d’élégance. Comme l’homme peut-être ?