A Maciej Niemiec

A Maciej Niemec (1953-2012)

par Fernand Cambon

Pour devenir et être un jour traducteur de Maciej Niemiec en France, il a bien fallu que je susse un peu de polonais, ce à quoi, germaniste, rien ne me prédisposait. C’est un faisceau de contingences qui me tournèrent vers ce pays et sa langue : quelques relations franco-polonaises parmi mes amis, un goût pour le théâtre et les textes de Witkiewicz et de quelques autres, une sensibilité, dans les années 1960, à de jeunes films sauvages qui nous venaient de là-bas. J’avais aussi une curiosité pour tous ces pays alors « sous le joug » ; et il semblait qu’en Pologne on y circulât et respirât un peu plus librement. Enfin, last but not least, mon désir de savoir de linguiste était attiré par cette langue dinosaurienne, qui ose user encore du vocatif, de l’instrumental et du locatif, décline presque tout, réserve environ 30 % d’exceptions à quiconque apprend la moindre de ses règles de grammaire. Et il y avait encore des millions de gens pour parler couramment cet idiome depuis leur berceau ! C’était donc un voyage à la fois dans l’espace et dans le temps.

A Antoine Raybaud

par Pierre Oster, Jean-Claude Mathieu, Michel Deguy

Souffle accouru

par Francis Affergan

S’avarient les saisons qui s’enlacent sans césure les sauts sobres du temps juste des soubresauts d’eaux toutes prises d’entressaillements sont épuisées

Poèmes

par Tatamkhulu Afrika

Des petits cailloux ronds et durs crissent sous mes talons, des herbes montées en graines en lancent qui s’accrochent aux revers du pantalon, des canettes grincent sous le pied dans d’aimables graminées à fleurs mauves.

Paysages

par Didier Coste

Toute à ras du détroit, la rue de duplex roses À fenêtres d’alu suinte des enfants sains, Sur le canapé neuf on remet les coussins Brodés de grand-mère, ce souvenir, on l’ose.

Quatorze poèmes

par Gerry Murphy

« Les livres, aboya mon grand-père, ne sont qu’un substitut exsangue de la vie ! »

Le sublime dans Le Fou d’Elsa

par Abdelwahab Meddeb

Entre Orient et Occident

Une lampe analphabète

par Serge Margel

Artaud et le théâtre des spectres.

Hölderlin, Sophocle et les deux rythmes de la modernité

par Esa Kirkkopelto

Cette lecture déconstructrice a pour objet une figure, devenue emblématique pour une certaine modernité littéraire, dont l’autorité n’a jamais été mise en question.

Laocoon ou les limites de la langue

par Peter Weiss

Texte (inédit en traduction) de Peter Weiss. C’est le discours de réception du prix Lessing, décerné par la ville de Hambourg en 1965. Il y relate sa traversée de la langue allemande, de la première enfance à la montée du nazisme et à l’exil. Vient ensuite le temps de son installation en Suède, l’apprentissage du suédois, le passage à la peinture comme mode d’expression, les livres écrits directement en suédois. La dernière étape est celle du retour à la langue qui fut maternelle.

Remarques sur les modes d’exposition

par Jean-Michel Rey

Différentes questions méritent plus que jamais d’être posées, engagées et comme retournées en tous sens : que montre-t-on précisément dans l’événement que constitue de fait une exposition ? Ou même simplement : qui est censé montrer dans ce genre de dispositif ?

Pour ne pas en finir avec le numéro précédent

par Claude Mouchard

La Corée resterait-elle, pour beaucoup de Français ou d’Européens, un pays lointain? C’est Mandelstam qui, il y aura bientôt un siècle, parlait de la «lointaine Corée». Je me suis souvent redit ces mots, en France ou en Corée, comme un refrain étrange et familier.

Caproni, la peau et les os

par Alfonso Berardinelli

Le 31 mai 2012, l’Institut culturel italien de la rue de Varenne, en la personne de Laura Napolitano, invitait la revue à présenter le dossier Caproni du numéro 138-139. C’était aussi une manière de fêter le centenaire de Caproni (né le 7 janvier 1912). La soirée fut belle en présence des enfants de Caproni, Mauro et Silvana.