Rock & photographie

Bref mémoire photographique de l’âge du vinyle

Journaliste et critique, notamment à Rock & Folk puis à Télérama, François Gorin est aussi l’auteur de plusieurs romans et essais, dont Sur le rock paru en 1990. Il revient ici sur sa découverte du rock à travers des images fondatrices, celles des pochettes d’album.

Paradis ou enfer ?

By Nicolas Mériau

Temps limité pour travailler, accréditations retirées à la dernière minute, droit de regard sur les images produites, contrats imposant une cession forcée des images en échange du pass photo, brutalités des agents de sécurité… La photographie de concert serait-elle devenue un enfer pour ceux qui la pratiquent ? Notre enquête montre en tout cas qu’elle a perdu de sa liberté et de son attrait et qu’elle est totalement soumise au bon vouloir des managements. Au point que l’image rock, dans ce qu’elle a de mythique et de fascinant, s’en trouve menacée…

24 Chris Steele-Perkins, le retour des teddy boys

By Renaud Marot · Illustrations: Chris Steele-Perkins

En Angleterre, les années 70 virent resurgir un mouvement culturel éclos dans l’après-guerre : les Teddy Boys. Ils se démarquaient entre autres, par un code vestimentaire très recherché, proche du dandysme, une chevelure sculptée, et formaient une communauté farouche. Deux ans durant, Chris Steele-Perkins les a côtoyés en immersion et posé sur eux un regard touchant avant de publier un livre culte…

Eduardo Soteras Jalil, dans les coulisses du cuarteto

By Carine Dolek · Illustrations: Eduardo Soteras Jalil

Véritable citoyen du monde, Eduardo Soteras Jalil est né en Argentine, parle l’espagnol, l’hébreu, l’arabe, l’anglais, le catalan, l’italien, le portugais, a étudié en Espagne, vécu en Israël, vient de s’installer à Kinshasa. “Tunga Tunga. Le rythme du Cuarteto” est à la fois son premier sujet musical et un retour sensible sur la société argentine.

Richard Pak, dans la grand-messe des concerts

By Julien Bolle · Illustrations: Richard Pak

Dans cette série, qui a été exposée à Vitré et à Vichy sous le titre “Je ne croirai qu’en un Dieu qui danse”, Richard Pak nous révèle l’essence de la musique, hors des courants et des époques, dans ce qu’elle a de plus universel. Lors de concerts, positionné dans la “fosse” des photographes, il a tourné le dos à la scène pour s’intéresser aux premiers rangs du public. Un peu comme dans le film Blow Up d’Antonioni, il a ensuite agrandi et recadré ses négatifs pour isoler certains spectateurs, leurs visages surgissant des grains d’argent pour exprimer tantôt l’introspection ou l’émotion, tantôt l’excitation ou l’euphorie, et partout cette ferveur collective, quasi-religieuse. Une idée simple mais forte, pour montrer cet effet tellurique, ce pouvoir mystique qu’a parfois la musique sur nos âmes…

Alfred Wertheimer, Elvis 1956 : la naissance du king

Illustrations: Alfred Wertheime

En 2007, nous avions recueilli le précieux témoignage d’Alfred Wertheimer sur cette image mythique, saisie dans les coulisses d’un concert à Richmond. Avant de disparaître l’année dernière, il avait enfin pu connaître l’identité de cette mystérieuse admiratrice…

Guy Le Querrec, concert de Miles Davis à a salle Pleyel, 1969

Illustrations: Guy Le Querrec

Le 3 novembre 1969, le Miles Davis Quintet joue à la Salle Pleyel. Sur scène, les musiciens mêlent le jazz et le rock dans une fusion musicale révolutionnaire. Guy Le Querrec, jeune reporter féru de jazz, est dans la salle, l’oeil rivé à son Leica. Lui aussi s’adonne ce soir-là à l’art de l’improvisation…

Jamie Beeden, au coeur de la presse musicale britannique 1998-2008

By Julien Bolle · Illustrations: Jamie Beeden

Pendant dix ans, Jamie Beeden a photographié les fines lames du rock anglais, mais aussi américain, pour la presse spécialisée britannique. Il nous raconte ici cette période bénie, qu’il compile dans un livre auto-édité, justement titré Decade. Ayant fait ses classes de photographe avec le portraitiste star Rankin, Jamie Beeden a su produire des images fortes, dans le cadre très codifié de la presse rock. Rencontre avec un éternel fan de musique doublé d’un photographe aussi passionné que professionnel.

Richard Dumas, itinéraire d’un enfant du rock

By Julien Bolle · Illustrations: Richard Dumas

Discrètement, à son rythme, en marge des modes dominantes, Richard Dumas compose, depuis le début des années 1980, un imposant corpus de portraits. Aussi sobre qu’élégant, son style adopte le noir comme couleur de prédilection. Nombreux sont les artistes, écrivains, cinéastes, comédiens – et bien sûr musiciens comme ici – passés à travers l’objectif de Richard Dumas, qu’il s’agisse de commandes pour la presse (Libération, Le Monde…), ou d’envies personnelles. Sans effet superflu, tout en profondeur et en retenue, ses portraits à l’aspect intemporel semblent scruter l’essence même de leurs sujets, fantômes incroyablement présents dans l’alchimie des grains d’argent. Rencontre avec un dandy photographe qui faillit bien devenir musicien, avant de troquer la six-cordes pour le bi-objectif.

Elliott Landy, l’histoire d’une pochette d’album de Bob Dylan

By Elliott Landy · Illustrations: Elliott Landy

Hiver 1969. Quelques mois avant de réaliser les plus fameuses images du mythique festival de Woodstock, le jeune photographe Elliott Landy tire, non loin de là, le portrait de son confident et ami Bob Dylan. Le roi du folk-rock, alors retiré de la vie publique depuis quelques années, vit paisiblement à l’abri des médias dans sa maison de la forêt de Woodstock. Elliott Landy raconte…

Hipgnosis, la grande aventure des pochettes vinyles

By Aubrey Powell

Véritable laboratoire d’expérimentation photographique in vivo, le mythique studio britannique Hipgnosis a régné pendant quinze ans, de 1968 à 1983, sur la création de visuels de pochettes de disques. Les plus grands groupes de l’époque, de Pink Floyd à Led Zeppelin en passant par Genesis ou les Rolling Stones, ont fait appel à ces créateurs inspirés, nourris de références puisées aussi bien dans l’histoire de l’art que dans la science-fiction ou la psychanalyse. Retour sur une aventure hors-norme, analysée par le photographe d’Hipgnosis, Aubrey Powell.

James Mollison, à la rencontre des disciples

By Julien Bolle · Illustrations: James Mollison

Ce qui est bien avec les concerts de rock ou de pop, c’est que le spectacle a aussi lieu devant la scène, voire avant le concert, dans la file d’attente. C’est là que, pendant trois ans, l’Anglais James Mollison a soigneusement prélevé les plus beaux spécimens de fans de toutes espèces, qu’ils soient plutôt gothiques, punks, hard rockeurs, r’n’b ou folk. Chaque fois, il a répété le même dispositif, puis compilé les portraits en fresques de sept ou huit fans. Au final, ce sont près de soixante familles qui figurent à son tableau de chasse, rassemblées dans l’ouvrage Disciples paru en 2008 chez Chris Boot. Retour sur une performance tant photographique qu’anthropologique.