Numéro 19

Une transexuelle dans une prison d’hommes

by Vito Fun · illustrations: Vito Fun

Ma pote Kira est une transsexuelle de 28 ans qui a récemment été libérée de la pire prison new-­yorkaise, après trois années d’enfermement. Kira est née homme à Hialeah en Floride, une petite ville pas loin de Miami. Ses parents étaient tous deux des immigrés colombiens, qui l’ont aimée et chérie comme la plus jeune de leurs huit enfants, six garçons (dont Kira) et deux filles.

Detlev est vivant !

by Mark Allen · illustrations: Steve Ryan

L y a trente ans, Thomas Haustein a joué dans un film. Puis, il n’est plus jamais apparu à l’écran. On l’aurait tous depuis longtemps oublié, si le rôle qu’il a joué n’était celui de Detlev dans le biopic merveilleusement macabre d’Uli Edel, Christiane F. (1981), basé sur l’histoire vraie d’une adorable prostituée adolescente camée. Le film, qui s’est avéré être l’un des films les plus populaires en Allemagne, montre la jeune héroïne héroïnomane se piquer, beaucoup, aller à un concert de David Bowie sous héroïne, et finalement vomir du vin rouge sur les murs de sa chambre en essayant de décrocher de l’héroïne. Malgré le culte fanatique du film qui en a découlé, Thomas – rôle principal aux côtés de Christiane, son petit ami/mac de 15 ans qui se laisse pousser le duvet – a juste disparu de la surface de la Terre. Au cours des années, les journalistes ont posé des questions sur lui à Natja Brunckhorst, qui interprète Christiane dans le film, mais elle n’avait aucune idée d’où il était ou de ce qu’il faisait.

Jesse Sykes

by Estelle Hanania · illustrations: Jesse Sykes

La première fois que j’ai entendu la voix de Jesse Sykes, j’ai cru que c’était celle d’un vieil homme, et j’ai adoré ça. Jesse est une chanteuse country qui habite Seattle, elle est en train d’enregistrer son cinquième album. Un jour, alors que je me promenais sur son Myspace, je suis tombée sur un dossier un peu étrange intitulé « Vieux documents ». En l’ouvrant, j’ai été éblouie par les images que j’y ai trouvées.

Castroland - Grandeur et décadence du Cuba d’aujourd’hui

by Jesper Damsgaard Lund, Lasse Bech Martinussen · illustrations: Jesper Damsgaard Lund, Lasse Bech Martinussen

Les deux pâles Danois que nous sommes avions décidé de passer des vacances à Cuba, au mois d’avril, sans nous attendre à quoi que ce soit de précis. Bien sûr, on avait en tête tous les stéréotypes : l’architecture coloniale, les vieux messieurs cigare à la bouche, les automobiles américaines des années 1950 et la salsa. Mais on se demandait ce à quoi pouvait réellement ressembler Cuba, surtout maintenant que les architectes de la révolution sont de vieux hommes voûtés qui ont perdu la capacité à gouverner ce que la sœur de Fidel a un jour appelé « une énorme prison entourée d’eau ».

Stephen Malkmus aime la tarte - Les Surfer Blood étaient dans les coulisses de l’ATP

by Julien Morel · illustrations: Arturo Guéret

J’aime la musique de Surfer Blood parce que ça me fait penser à ces soirées de lycéens américains que je n’ai jamais vécues et dont les seuls semblants de sou­venirs se trouvent être des documents télévisuels épars datant des années 90210 Beverly Hills. En écoutant leurs morceaux d’indie-rock pour bébés, j’ai toujours l’impression d’être au mois de juin, stressé par l’horizon grisâtre du bal de fin d’année et un futur encore inconnu dans une fac qui voudra bien de mes résultats moyens et de mes préoccupations pour la gratte et le bodyboard – UCLA ou Berkley ? Quand on les a croisés, ils cherchaient à connaître la traduction la plus exacte de « we’re looking for pot ». On la leur a donnée.

Les Ganglians sont bourrés

by Julien Morel · illustrations: Loan Calmon

En écoutant leur premier (et très bon) album, Monster Head Room, j’aurais cru que les Ganglians étaient une bande de « hippies de maintenant » tout à fait insupportables, aussi insupportables que les saltimbanques qui boivent du vin rouge sur le canal Saint Martin entre bourgeois consentants pour soigner leurs écorchures internes dans la fête de proximité et l’amitié pour l’être humain. Qu’est-ce que je disais ? Ouais, en réalité ces mecs de Sacramento sont des ramasses qui passent leur temps à râler, jouer de la musique et êtres bourrés – le bassiste était d’ailleurs ­toujours aussi bourré deux jours après à Primavera. Leur manager leur a filé des pills avant l’interview, ils les ont avalées et on a discuté des Beach Boys et des vaisseaux spatiaux. PS : la meuf de Ryan est une conne, j’ai songé à lui vomir mes couilles dessus à un moment.

Encore des fans des Beach Boys - Mais les Crâne Angels aiment aussi Genesis

by Julien Morel · illustrations: Loan Calmon

J’ai découvert les Crâne Angels alors qu’ils jouaient dans une cave de Belleville, et je crois que je n’ai jamais vu autant de gens torse nu sur une même scène. Certains avaient même enlevé leurs chaussures. La musique qui sortait de cet amalgame de (11 ? 12 ? 13 ?) musiciens pacifistes ressemblait à du Beach Boys en sale, avec plein d’harmonies vocales, des refrains d’été et pas mal de gens qui suaient. En gros, c’était hyper bien. S’ils passent près de chez vous, allez voir cette bande de potes et écouter leurs hymnes à la gloire du règne animal et des arbres bicentenaires. Sinon, lisez cette interview qui vous confirmera qu’on peut jouer de la musique de hippie sans en être un. On peut jouer de la musique de hippie en étant Dieu.