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La peste blonde

numéro 31
date 01/2011
magazine Causeur
périodicité mensuel
Univers Actualités
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kiosque

Une « bourde ». C’est ainsi qu’un porte-parole de la Commission a qualifié l’atterrante affaire de l’agenda Europa, fabriqué à 3 millions d’exemplaires malgré les restrictions budgétaires auxquelles nous sommes quotidiennement conviés. Il est vrai que cet agenda est destiné à l’édification des lycéens
d’Europe. Avec les valeurs, on ne marchande pas. Seulement, à ce stade, il ne s’agit plus d’éducation, mais de rééducation. Ça ne vous rappelle rien ?

  • Toussaint rouge à Bagdad — Par Muriel Gremillet

    Autant le dire tout de suite : Bagdad n’est pas près de devenir un lieu de week-end, même pour amateurs de sensations fortes. Ni même sans doute un endroit où il fera bon venir relancer l’avenir d’une PME familiale
    armé d’un épais carnet de commandes. Pourtant, le week-end de la Toussaint, c’était l’objet de la croisière aérienne médiatique organisée par la compagnie Aigle Azur, qui
    rouvrait fièrement la ligne Paris-Bagdad, avec un vol inaugural plein de journalistes, d’hommes d’affaires et même d’une ministre, Anne-Marie Idrac.

  • Le FMI à l’oeuvre sur les hauts-plateaux du Cambodge — Par Bruno Deniel-Laurent

    On ne voyage pas pour découvrir de nouveaux espaces, mais pour se confronter à la coexistence des temps. J’écris ce texte depuis les hauts-plateaux du Cambodge.
    Nous sommes quelque part entre Bangkok, Singapour et Hongkong, sauf que les hauts-plateaux ne vivent pas à l’heure des « dragons » : ici, ce n’est pas l’Asie, c’est le
    Néolithique. Ou plutôt, ça l’était hier encore. Car la logique libérale, dont la ruse suprême consiste à nous faire croire qu’elle n’existe pas, s’applique désormais à façonner ici un autre type d’homme, un nouvel imaginaire.

  • Blitzkrieg sur la DGSE — Par Marc Cohen

  • Le cas Marine : Un phénomène politique nouveau — Par Élisabeth Lévy

    À l'Elysée, on ne pense qu’à elle. Au Parti socialiste aussi. Mais quand tous prennent les mêmes airs de vierges effarouchées pour prononcer son nom, elle est le cauchemar
    des conseillers du président et le rêve –secret– de ceux qui, à gauche, espèrent lui succéder. Si le deuxième tour de l’élection présidentielle pouvait ressembler à un « 21 avril à l’envers », c’est-à-dire à un duel FN/PS, les
    socialistes auraient en même temps la gratification
    de l’indignation morale et le plaisir d’une victoire facile – encore qu’au train où vont les choses, elle serait sans doute moins large que celle de Jacques Chirac en 2002.

  • Entretien avec Marine Le Pen — Par Cyril Bennasar, Daoud Boughezala , Muriel Gremilet , Élisabeth Lévy et Isabelle Marchandie r

    Élisabeth Lévy. Contrairement à votre pèrev qui assumait, voire désirait la diabolisation du Front national, vous semblez vouloir en finir avec l’ostracisme. Comment espérez-vous y arriver ?
    Marine Le Pen. La diabolisation a toujours fait débat au Front où deux stratégies s’affrontent. Contrairement à Bruno Gollnisch, qui pense qu’on peut arriver au pouvoir grâce à elle, j’ai toujours pensé qu’on y arriverait
    malgré elle. Pour autant, il ne s’agit pas de tomber dans le consensus mou typique de l’énarchie politique.

  • L’extrême droite n’existe pas — Par Daoud Boughezala

    Xénophobe assumé, Le Pen n’est pourtant pas d’extrême droite. Pas plus qu’un autre. Car l’extrême droite, c’est vous et lui. Autant dire personne. Comme le salaud, l’extrémiste, c’est toujours l’autre, un vague cousin couvert de l’opprobre du proscrit. Revenons au commencement : Caïn serait-il le premier « facho » de l’Histoire ? Tuer son frère par jalousie... pas joli-joli. Si on prend au pied de la lettre la généalogie de la morale politique établie par l’intelligentsia des
    « sachants », le dernier rejeton d’Adam et Ève aurait brisé la gangue de l’amour universel pour créer l’« extrême droite ».

  • Une épine dans le pied de la gauche — Par Daoud Boughezala

    Marine Le Pen fait peur. À la droite, qui l’accuse de siphonner le vote méridional, traditionnellement acquis aux tenants de l’ordre et de la sécurité. Preuve de cette trouille aiguë, le collectif parlementaire Droite populaire souffre d’incontinence électoraliste. Obsédés par leur réélection, les Vanneste, Mariani et Luca durcissent toutes les lois comportant les mots « immigration », « étranger » et « sécurité », sans s’embarrasser de détails sur le sens de l’intérêt général ou l’efficacité de l’inflation législative.

  • Élue ou battue, elle a déjà gagné — Par Cyril Bennasar

    Je ne suis pas nationaliste, et encore moins souverainiste. Je n’ai aucun goût pour les populistes ou les poujadistes, je me méfie comme de la peste des néo-païens et des intégristes et, si le « politiquement correct » me fatigue, je me réjouis qu’une chape de plomb réduise au silence antisémitisme et révisionnisme. Autant dire que je me suis toujours senti très loin du Front national. Je ne veux pas « moins d’Europe » : je veux une Europe plus forte, idéaliste et armée. En fait, je serais plutôt occidentaliste, interventionniste et même impérialiste, alors vous comprendrez sûrement mon embarras quand je dois expliquer
    pourquoi, aujourd’hui, je vote Front national et pourquoi je soutiens Marine Le Pen.

  • Stéphane Hessel invente l’Holocauste low-cost — Par Mourad Kido

    Comme beaucoup d’enfants de soixantehuitards, je n’ai − hélas − jamais cru au Père Noël… enfin, je n’y croyais pas jusqu’à cet hiver ! Certes, il n’a ni barbe blanche, ni hotte, ni rennes, mais il fait néanmoins l’essentiel du job : être l’incarnation du Bien absolu descendu sur Terre pour récompenser les gentils et fustiger les méchants. Et comme ceux qui récompensent les gentils sont récompensés à leur tour par la providence, Stéphane Hessel se retrouve en tête de listes et de gondoles avec plus de 500 000 exemplaires d’Indignez-vous ! vendus à ce jour. La plupart des libraires sont en rupture de stock, j’ai dû moi-même photocopier un exemplaire pour pouvoir découvrir la méthode infaillible pour vivre heureux. Car c’est de ça qu’il s’agit.

  • Dictature féministe au Benelux ! — Par Jérôme Leroy

    Est-il possible d’écrire après Zamiatine, Orwell et Huxley quand on veut démonter les mécanismes d’une société totalitaire par le roman, en décrypter les signes et en souligner les sinistres invariants ? Bernard Quiriny y est parvenu avec Les Assoiffées, roman scandaleusement oublié par les prix de fin d’année.