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Réinventer le travail

numéro 70
date 04/2011
revue L'Art du Cinéma
périodicité semestriel
Univers Cinéma
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kiosque

La question du travail est aujourd’hui présente dans de nombreux films, notamment documentaires, comme en témoignent les divers festivals, cycles ou rétrospectives organisés sur ce thème.

  • Gagner son pain ou faire du blé... — Par Denis Lévy

    A Corner in Wheat (Les spéculateurs) de D.W.Griffith.
    De tous les courts métrages tournés par Griffith pour l’American Biograph Company entre 1908 et 1913, A Corner in Wheat est certainement celui qui a suscité le plus de commentaires. Sa notoriété1 tient à ce qu’on y repère une des premières critiques cinématographiques du capitalisme et de la misère qu’il engendre, où Griffith, en quelque sorte, rejoindrait, sinon Marx, du moins les idées socialistes de la fin du XIXe siècle.

  • Forgotten men au travail — Par Marion Polirsztok

    The Crowd (La foule) et Our Daily Bread (Notre pain quotidien) de King Vidor.
    The Crowd et Our Daily Bread sont deux Americanas. Vidor y travaille le mythe américain du self-made man (pionnier idéal se construisant lui-même par un travail dur et constant), et pose par là de façon centrale la question de la place du travail dans la vie des gens. Les films traitent ainsi la question de l’héroïsme et du lien de l’individu au collectif.

  • Le peuple et ses fantômes — Par Lucas Hariot

    Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa.
    Sous des dehors de mélodrame familial, Tokyo Sonata rejoint localement, par sa tonalité, le conte fantastique. Sa musique (silences pesants ponctués d’une tremblante ritournelle jouée au piano électrique), ses temps suspendus (plans larges sur des corps immobiles, gros plans sur des visages stupéfaits) génèrent une étrangeté qui accompagne les incroyables méandres de son histoire initialement simple, mais porteuse de chaos.

  • Lettre à un immortel — Par Charles Foulon

    Pour mémoire e Jean-Daniel Pollet.
    Tu regardes d’abord les mains, l’une après l’autre ; des mains fortes, calleuses, tannées par le travail ; des mains qui manient des outils — tapent, tournent, grattent, lissent ; des mains d’ouvriers.

  • Pour mémoire de Jean-Daniel Pollet — Par Denis Lévy

    Pour mémoire nous fait découvrir un métier : mouleur. Le film présente le travail d’un petit atelier d’une vingtaine d’ouvriers mouleurs situé à la campagne.

  • Workingman’s Death — Par Élisabeth Boyer

    La mort du travailleur de Michael Glawogger.
    Poétique du paradoxe et de l’étincelle - Workingman’s Death a l’ampleur d’un opéra dont les
    héros sont tous des travailleurs manuels.

  • N’importe qui peut cuisiner ? — Par André Balso

    Ratatouille de Brad Bird et Jan Pinkava.
    N’importe qui peut cuisiner : telle est la maxime scandant les différents actes de l’histoire contée par Ratatouille. À cela nous pourrions ajouter que, pour le moins, tout le monde doit cuisiner.

  • Ce qui renaît — Par Céline Braud

    Jaffa, la mécanique de l’orange de Eyal Sivan.
    Jaffa, la mécanique de l’orange tisse une dialectique fine croisant deux fils noués autour de la ville de Jaffa et de ses orangeraies : la résurrection d’une séquence historique oubliée, où Arabes et immigrés juifs vivaient et travaillaient ensemble à l’aube du XXème siècle, et la révocation de ce que l’on pourrait nommer la « fable de Jaffa » fondatrice de l’État d’Israël aujourd’hui séparé des
    Arabes et de la Palestine.

  • Cheminots de Luc Joulé et Sébastien Jousse — Par Frédéric Favre

    Au plus loin du stéréotype de l’aristocratie ouvrière, le film dévoile patiemment cette multitude de métiers malmenés qu’unifie le seul nom de cheminot ; livre comme un acte premier de résistance au libéralisme une vision d’ensemble du chemin de fer.