Le petit barre illustré

L’enfant des îles

par Martin Peltier

"UNE bonne année d'un très grand cru », dixit Raymond Barre à propos d'un chambertin Clos-de- Bèze 1924, soulignant ainsi avec une malice un peu lourde sa date de naissance. C'était à Nuits-SaintGeorges, et notre oenologue de rencontre dégustait un magnum, seul récipient à sa mesure . S'il ne se définit pas alors comme un vin carré dans un flacon rond , il semble bien pourtant que sa vie soit en partie placée sous le signe de la bouteille : déjà, à la Réunion, ses petits camarades le surnommaient « Soda », pour ainsi dire Perrier, épinglant des formes où le ventre tient plus de place que les épaules.

L’apprentissage du meilleur économiste de France

par Jean Charost

DEMOBILISE en février 1946, Raymond Barre arrive à Paris. C'est le début d'une dizaine d'années de formation intensive, d'accumulation méthodique où sa cohérence intellectuelle qui prend corps se traduira par son manuel d'économie en 1955-1956. Le cursus universitaire est classique : avec sa licence de la Réunion, validée pour la métropole, il s'inscrit à la faculté de Droit et d'Economie où il obtient trois diplômes d'études superieures (économie , droit privé et droit public) tout en suivant les cours de l'Institut d'études politiques.

L’antichambre du pouvoir

par Jean de Bauvière · visuels: Jacky Redon

"SI je peux être utile au général de Gaulle ... » Cette brève réponse a décidé, fin décembre 1958, du destin de Raymond Barre. La réponse d'un homme de trente-quatre ans habitué, déjà, à tout obtenir sans jamais rien demander. Même ·quand le demandeur s'appelle Jean-Marcel Jeanneney.

Barre à la barre

par Pierre Pelissier

LORSQUE, le 25 août 1976, Raymond Barre devient le second Premier ministre du septennat de Valéry Giscard d'Estaing, sa nomination surprend les milieux politiques qui ne pensaient pas à une aussi rapide promotion. Et déconcerte l'opinion qui ignore tout de cet homme ... comme elle ignorait tout de Georges Pompidou quand le général de Gaulle l'a propulsé au premier rang.

Les chouchous du Professeur Barre

A en croire les sondages et les ralliements en cascade à la personne du député de Lyon, les barristes se recrutent aujourd'hui à la pelle. Espèce proliférante mais cependant très hiérarchisée. Dans ce « Gotha du barrisme , on ne trouvera bien entendu que ceux qui ont accès quotidiennement ou quasi quotidiennement au bureau de l'ancien Premier ministre ; les conseillers et les têtes d'oeuf, les historiques et les transfuges, les grognards et les marie-louise, les bretteurs et les scribes. En tout, une quinzaine d'hommes et de femmes qui, tous, constituent le premier cercle où, si l'on préfère, le shadow-cabinet du futur candidat à la présidence. Quant aux autres, les barristes de l'ombre, de la piétaille aux seconds couteaux, il sera toujours loisible de les dénombrer au soir du premier tour de la prochaine élection présidentielle. C'est-à-dire en 1988 et peut-être même, qui sait, avant.

“L’internationale” selon barre

par Serge de Beketch

"BARRE est-il démocrate ? » Pour brutale et incongrue qu'elle paraisse, cette question est la plus importante que pose l'appartenance de l'ancien Premier ministre à la Commission trilatérale.

Le séminariste de Davos

par Jean Charost

"LE rideau de f er n' existe plus. L'Est européen est contaminé par le mode de vie occidental. La détente commence à porter ses fruits, l'URSS laisse aujourd'hui sortir ses dissidents . Sakharov, c'est l'exception qui confirme la règle . On ne la pas fusillé, c'est déjà un progrès. » Ces propos cyniques qui avaient fait grand bruit, Raymond Barre n'a jamais nié les avoir tenus : il y avait trop de témoins . Mais il les tenait « off the record », c'est-à-dire dans le jargon des journalistes, en privé , au cours du « séminaire de Davos » en janvier 1984. La brochure destinée aux rares journalistes sélectionnés en 1985 est des plus claires : « Comme nous avons été confrontés l'année dernière à une situation embarrassante, nous vous demandons avec fermeté de noter que toutes les discussions se tenant au cours du séminaire en dehors des séances plénières sont confidentielles et off the record. »

Candidat de Moscou? - L’empire du mal n’existe pas

par Nicolas Tandler

L'HOMME par qui le scandale est arrivé n'était pas un politicien, ni même un journaliste. La surprise fut d'autant plus grande, au tout début de 1985. li est vrai que les dernières lignes d'un livre fraîchement paru s'avéraient tout à fait claires

Cap sur l’Elysée

par Bernard Brizay

M ONTVILLARGEMME. Si Raymond Barre parvient un jour à la magistrature suprême, une plaque commémorative devrait être apposée sur un mur de ce château de l'Oise. C'est dans cette vaste bâtisse que l'ancien Premier ministre, par une froide journée, le vendredi 13 novembre 1981 , six mois après la défaite de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle, a entrepris ce qu'il appellera sa« longue marche » . A Montvillargemme, M. Barre est l'invité du docteur Pierre Bocquet, un notable giscardien qui a organisé en sa demeure une réunion avec quatre-vingt-trois personnes, très exactement, bien décidées à prier l'ex-locataire de Matignon de reprendre du service. De ce jour, de ce lieu, on peut dater et situer l'irrésistible ascension de Raymond Barre.

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