Ce printemps, les visiteurs du Grand Palais sont invités à redécouvrir dans des proportions inédites la « seconde vie » de Matisse, période extraordinairement féconde des années 1941 à 1954 où le vieil artiste, convalescent, reprend le travail pour se renouveler une fois encore. Et créer, à nouveau, des chefs-d’œuvre, de Jazz à la chapelle de Vence, des « Intérieurs » de Vence à La Tristesse du roi. Issues des vastes collections du musée national d’Art moderne, d’institutions internationales et de collections privées, pas moins de 230 œuvres – dessins à la plume ou au pinceau, peintures, gouaches découpées, livres, maquettes et vitraux –, certaines jamais vues en France, nous ouvrent les portes de l’atelier du peintre, matrice où toutes les techniques avancent ensemble, portées par une liberté éblouissante.
Redécouvrir Matisse
Matisse
Un credo : l’exposition
Originaire du nord de la France, Henri Matisse, né en 1869, s’est d’abord destiné au droit avant de s’aventurer à peindre, en 1890, durant une longue convalescence qui décide de la suite de son parcours. À partir de son installation à Paris en 1891‐1892 et en une dizaine d’années à peine, il se forme à la peinture et découvre également tout ce qui lui permettra d’en modifier les règles de fond en comble, avec en point de mire la recherche de l’expression.
La lumière et l’arabesque
Salué comme l’un des grands de l’art moderne et collectionné de part et d’autre de l’Atlantique, Matisse entame entre les deux guerres une nouvelle phase de travail, à la recherche d’une « nouvelle synthèse ». Non exempte de doutes, moins comprise du public et de la critique, cette période, dominée par la figure autant que taraudée par un enjeu décoratif, contraint l’artiste à des détours, celui des voyages, celui des pratiques – photographie, sculpture, lithographie, variations –, et celui du dessin où sa main semble se libérer entièrement.
Peindre par d’autres moyens
Les dernières années de Matisse sont placées sous le signe d’une floraison sans pareille, d’une jeunesse qui prend tout le monde de court. L’artiste renouvelle ses outils et ses gestes, et revient une nouvelle fois, librement, aux sources du dessin et de la couleur.