LiDAR, drones, imagerie médicale, géophysique, intelligence artificielle… Autant de technologies dites de pointe qui sont désormais largement intégrées à la palette d’outils à la disposition de l’archéologue. Quelles transformations induisent-elles ? Analyse de Thomas Sagory, responsable du développement numérique au musée d’Archéologie nationale – Domaine national du château de Saint-Germain-en-Laye et chef de projet de la collection Grands sites archéologiques.
De la truelle à l’IA
L’archéologie, entre mémoire et innovation
De nouveaux horizons d’étude
Révélations des reliefs cachés par le couvert forestier grâce au LiDAR, détection des anomalies du sous-sol par le géoradar, exploration et prélèvements à des profondeurs sous- marines toujours plus grandes, recours à l’imagerie satellitaire et à l’IA, modélisations 3D… Vus du ciel, à travers le sol, la mer ou un écran numérique, des sites archéologiques perdus renaissent grâce aux nouvelles technologies, d’autres sont l’objet d’analyses novatrices qui renouvellent profondément leur connaissance.
Le géoradar, un outil de reconnaissance archéologique
De reconnaissance archéologique Au carrefour de la géologie, de la physique et de l’informatique, la géophysique occupe désormais une place significative dans les méthodes d’investigation archéologique. Parmi ces techniques non invasives basées sur la mesure de propriétés physiques des sols, le géoradar connaît aujourd’hui un essor remarquable. Longtemps cantonné à une utilisation occasionnelle, il s’impose dorénavant comme un outil de reconnaissance archéologique à part entière.
Mesurer le son pour comprendre l’espace
L’archéoacoustique de la grotte Chauvet
Dater grâce à la radioactivité naturelle
Dès leur apparition dans la première moitié du XXe siècle, les méthodes de datation fondées sur la radioactivité naturelle sont devenues un outil indispensable à l’étude de l’évolution culturelle de nos ancêtres. Elles s’appliquent à des matériaux variés et à des échelles de temps différentes et font l’objet de développements continus, permettant d’étendre leurs champs d’investigation à de nouvelles applications.
Réexploitation numérique des photos anciennes
Les sites archéologiques ont bénéficié très tôt après l’invention de la technique photographique d’une couverture iconographique importante. Intégrés dans des outils numériques récents, les clichés analogiques anciens sont une ressource précieuse pour analyser les transformations des sites et permettre une meilleure conservation-restauration. Étude de cas à Karnak, en Égypte, avec le kiosque de Taharqa et la Chapelle blanche de Sésostris Ier .
Combiner IA et 3D
L’usage du numérique dans l’étude du patrimoine ne se limite pas à la restitution d’images spectaculaires. Lorsqu’ils sont encadrés par des méthodes scientifiques, l’IA, les bases de connaissances et les environnements immersifs permettent aussi de documenter les sources, d’expliciter l’incertitude et de produire des interprétations mieux fondées. Une expérimentation de ce type a été menée au Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes sur la chapelle des Cordeliers de Nantes aujourd’hui disparue.