Re-penser la sculpture ?

Quelque part entre la clôture et l’expansion : la sculpture aujourd’hui

By Sylvie Coellier

Quelles notions partageons-nous aujourd’hui sous ce mot de sculpture ? La peinture se définit aisément. La sculpture en revanche ne renvoie pas même étymologiquement à une catégorie unique : sculpter signifie à l’origine entailler, tailler dans la pierre, mais le modelage, qui est aussi ancien, se classe sous la même rubrique. Avant le XXe siècle, la sculpture était statuaire, monument ou relief. Après Rodin, elle devient nomade, abstraite ; elle introduit l’espace à l’intérieur des masses, se construit, s’assemble. À la fin des années 1970, Rosalind Krauss accuse d’historicisme la critique américaine employant à tout va le mot « sculpture » pour des pratiques telles que marcher, faire des couloirs avec moniteurs vidéo ou creuser des lignes dans le désert. C’est pour elle une « manipulation » destinée à réduire l’étrangeté de ces démarches à du connu rassurant. Elle propose le concept de « champ élargi », ouvrant toutes les interférences entre espace, site, marquage, architecture, paysage. Au cours des mêmes années, le terme « installation » apparaît dans les magazines pour décrire la disposition des expositions et qualifie bientôt les oeuvres utilisant leur situation spatiale. « Depuis, la distinction entre l’installation d’oeuvres d’art et l’art d’installation est devenue de plus en plus floue ».

L’ombre, un au-delà de la sculpture ?

By Claire Kueny

S’il peut sembler vain de chercher une (re-)définition exhaustive et unilatérale de la sculpture aujourd’hui tant elle prend de directions variées, il apparaît a contrario nécessaire de la re-penser à partir d’études qui toutes, donnent à comprendre l’étendue de ce champ qui ne cesse de s’élargir. C’est donc en regard de productions actuelles spécifiques qu’il sera possible de prendre en compte certaines perspectives et problématiques nouvelles et plurielles de la sculpture contemporaine.

Les possibles de la sculpture

By André-Louis Paré

Associée à la pensée de Gilles Deleuze et Félix Guattari, la citation mise en exergue renvoie tout autant à Sören Kierkegaard. Initiateur de l’existentialisme, Kierkegaard envisage le possible comme la sortie d’un réel « devenu nécessité ou banalité ». Comme modalité de l’existence, inscrite au coeur du sujet, le possible trouve alors son oxygène dans l’expérience religieuse

Jeff Thomas. Droits de cité

By Aseman Sabet

En décembre 2012, Jessica Gordon, Sylvia McAdam, Sheelah McLean et Nina Wilson lancent le mouvement Idle No More à Saskatoon dans l’objectif de contester la loi C-45 proposée par le gouvernement Harper. Cette loi omnibus, que la suite des événements rendra célèbre, implique des clauses mettant non seulement en danger certains acquis importants des traités signés entre le Canada et les Premières Nations, mais également la préservation de zones écologiques protégées. Un des impacts les plus importants du mouvement Idle No More est d’avoir donné un nouvel élan aux revendications autochtones à travers tout le pays, notamment au Québec, où la question de la réforme du programme d’enseignement de l’histoire au secondaire est devenue un enjeu politique. Plus concrètement, en 2013, la Fédération des femmes autochtones du Québec a relancé l’appel afin de donner une place plus importante à l’histoire des Premières Nations dans les cours d’histoire. La charge eurocentriste du contenu du programme d’histoire au secondaire est en effet assez surprenante lorsqu’on considère les grands « oublis » qui la ponctuent, comme l’inscription forcée des enfants autochtones dans les pensionnats pendant plusieurs générations ou les différentes stratégies coloniales de répression territoriale. La perception des Premières Nations se trouve directement affectée par ces lacunes historiques. Autrement dit, la narration historique, dont la forme linéaire et chronologique généralement préconisée est elle-même un sujet de réflexion à part entière, est un puissant outil socioculturel et politique, dont les contours peuvent marquer la perception que nous avons d’un phénomène ou d’un groupe en particulier.

Confronter les destins : Pierre Huyghe- Philippe Parreno

By Bénédicte Ramade

L’attention critique s’est cristallisée à Paris, cet automne, autour des expositions de deux des enfants chéris de la scène française et de l’esthétique relationnelle, Pierre Huyghe et Philippe Parreno. Une concomitance de date qui a intuitivement entretenu, dans les esprits et les modalités de visite, un principe de comparaison, voire une rivalité, entre la proposition du premier à l’espace 315 du Centre Pompidou et celle de Philippe Parreno s’octroyant l’intégralité des espaces du Palais de Tokyo.

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