Re-penser la sculpture ?

La sculpture, vous dites ?

By Maxime Coulombe

Repenser la sculpture ? La question s’adresse à nous, évidemment, à ceux qui réfléchissent sur l’art. La pensée est un peu comme les pompiers, elle arrive toujours en retard : elle tente de suivre les transformations du réel, ses bouleversements. Lorsqu’elle se rend compte que quelque chose ne colle plus, elle tend à souhaiter réinventer le réel, alors qu’au fond, c’est elle-même qu’elle réinvente dans l’espoir de lui correspondre. Heureusement, d’ailleurs. Rien de pire qu’une posture paternaliste qui entendrait offrir des prescriptions, des manières de faire. Si la critique et l’histoire de l’art doivent repenser la sculpture, c’est qu’elle s’est transformée. Cette métamorphose est intéressante, car elle souligne désormais la fragilité du terme même de « sculpture » pour décrire certaines des créations contemporaines les plus fortes.

L’homme et la machine dans la sculpture comme dans la guerre

By Marie-Hélène Leblanc

L’histoire de chaque forme artistique comporte des époques critiques, où elle tend à produire des effets qui ne pourront être obtenus sans effort qu’après modification du niveau technique, c’est-à-dire par une nouvelle forme artistique. C’est pourquoi les extravagances et les outrances qui se manifestent surtout aux époques de prétendue décadence naissent en réalité de ce qui constitue au coeur de l’art le centre des forces historiques le plus riche. — Walter Benjamin (1939)

L’espace métaphorique : un entretien avec James Nizam

By Peter Dubé

Un des traits distinctifs de votre travail est votre manière de questionner la notion de sculptural (ou d’architectural) en termes à la fois conceptuels et formels. Compte tenu du thème du présent numéro, soit « re-penser la sculpture », j’aimerais commencer en vous invitant à parler de la relation qu’entretiennent vos images avec le sculptural.  

L’espace qui reste : un entretien avec Guillaume La Brie

By André-Louis Paré

Dans un entretien antérieur, vous présentez votre pratique comme étant de l’ordre de la sculpture ; toutefois, dans votre plus récente exposition intitulée L’espace qui reste, le spectateur s’étonne de voir, dans l’espace principal de la Galerie, la charpente de trois murs avec, sur l’un d’eux, une accumulation de cadres symbolisant l’arrière de tableaux d’artistes peintres. Qu’est-ce qui fait que le spectateur devrait se trouver dans cette exposition en face d’un travail lié à la sculpture ?

Le paysage sonore comme matière

By Josianne Poirier

L’art public est généralement associé aux arts visuels. On pense spontanément aux nombreuses sculptures qui habitent nos parcs et nos bâtiments publics grâce à l’application de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du gouvernement du Québec. On pense également à la photographie. Pendant plusieurs années, dans le cadre de son projet Plan large, l’organisme Quartier éphémère a investi des panneaux publicitaires inoccupés pour y présenter des oeuvres de photographes contemporains. La charge émotive générée par l’affrontement entre les chiens de Sélection naturelle (2005), de Carlos et Jason Sanchez, a dû surprendre plus d’un automobiliste entrant à Montréal par l’autoroute Bonaventure à l’automne 2006. Néanmoins, l’art public, ou faudrait-il davantage parler d’art dans l’espace public pour éviter le carcan d’une définition trop institutionnelle, peut se manifester sous mille et une formes. Dans cette chronique, ma collègue Aseman Sabet a déjà évoqué le riche potentiel de l’art performatif et éphémère pour stimuler l’innovation dans la pratique de l’art public. Ce texte propose, pour sa part, une réflexion sur la matière sonore. Appréhender la création dans l’espace public par le son ne pourrait-il pas contribuer à renouveler le regard que nous posons sur la ville et contribuer à enrichir le langage de l’art public ?

Derya Akay: Material Hangings, Hangouts

By Rupert Nuttle