La sémantique hante les sciences humaines. Occulte et active dans la pensée antique et classique, serve ou secrète durant la genèse des connaissances modernes, elle se cache d'abord chez les philosophes, les logiciens, les mathématiciens, les philologues, qui tous, avec des signes, parlent de signes. Cent fois chassée de la science du langage au nom de la rigueur qu'emporte l'idée de science, elle s'y réinstalle de par l'expérience inévitable liée à son objet, le langage.
La sémantique
Remarques sémantiques
Présupposés et sous-entendus
L'hypothèse d'une sémantique linguistique.
L’analyse sémantique du signe linguistique
Distribution et transformation de la notion de “coup”
Analyse sémantique du mot “peu”
Les quelques réflexions qu'on va lire sur le mot français peu ont pour objet de montrer qu'une analyse sémantique se fonde nécessaire- ment sur l'examen attentif des commutations et des distributions significatives, mais aussi qu'une telle analyse, simple méthode d'approche, doit être dépassée pour acquérir toute sa portée. Elle-même ne révèle rien ou fort peu de choses sur le profil véritable du mot en langue, dont l'unité, la cohésion et le cinétisme n'apparaissent dans leur clarté que si, par un effort d'abstraction, le linguiste se risque à formuler sur le mot qu'il étudie une hypothèse par laquelle il envisage le « signifié de puis- sance » susceptible de rendre compte de la diversité des emplois. Obser- vons donc le mot peu dans son comportement de discours; construisons une hypothèse sur son contenu de langue et voyons enfin si les divers effets de sens qu'il livre se prêtent, à la lumière de cette hypothèse, à un classement rigoureux.