Petite histoire des infrastructures de base
Toni Negri, néanmoins
Le droit d’auteur ne sauvera pas les artistes
Alisa Yoffe
Entretien avec Judith Depaule
Alisa Yoffe en noir sur blanc
Antonio Negri
Cette Majeure dédiée à Antonio Negri1 ne veut pas être un hommage dans la mesure où des réseaux que Negri lui-même a contribué à créer dans les dernières années de sa vie se sont chargés de cette tâche, en répliquant son Marx au-delà de Marx. L’hommage ayant été rendu bien avant sa disparition2, ce dossier s’en libère, et cela de deux manières. D’abord parce que nous pensons que la véritable découverte de l’operaismo italien dont Negri est une des figures les plus créatives est d’avoir posé la question de la liberté dans une pers- pective différente de celle du marxisme et de Marx lui-même : la liberté est première et c’est la mobilité, les migrations, l’exode qui se trouvent dans son cœur. Ensuite parce que nous sommes préoccupés de revenir à la centralité de la lutte pour la démocratie, y com- pris représentative, entendue dans les termes de Cornelius Castoriadis : « Les éléments démocratiques qui subsistent dans les sociétés occidentales riches d’aujourd’hui ne sont pas le fruit du capitalisme, mais les résidus des luttes démocratiques des peuples, et tout particulièrement du mouvement ouvrier3 ».
Politique de l’intelligence et intelligence de la politique
Antonio Negri partage avec Karl Marx une puissance théorique exceptionnelle. Pour ceux qui l’ont lu, qui l’ont connu de loin ou de près, voire de très près, il a été un maître polyvalent sans égal ces soixante dernières années. Même le qualificatif infâmant de cattivo maestro (un maître « maléfique »), que les autorités italiennes ont associé à son nom, le reconnaît.
Capitalisme cognitif ou capitalisme algorithmique ?
La perspective du communisme dans la théorie d’Antonio Negri n’est jamais séparée d’un dia- gnostic sur l’état des rapports de force entre le capital et le travail. En cela, il reste fidèle à Marx et s’oppose à toutes les interprétations qui font du communisme une utopie ou une idée sus- pendue au-dessus des sociétés concrètes. Mais ce diagnostic n’est jamais chez lui indépendant d’un pronostic sur les chances du communisme, au point même que le pronostic enveloppe et surdétermine le diagnostic. Le caractère prophétique de son discours est d’ailleurs pleinement assumé en tant qu’il entend porter un désir révolutionnaire le plus communicatif possible1 . Mais loin d’être performative, la « prophétie » d’Empire s’est révélée vaine. Elle appartient plutôt à une époque aujourd’hui révolue. Le nouveau monde annoncé par Michael Hardt et Antonio Negri, qu’ils inscrivaient explicitement dans le registre d’une « téléologie matérialiste », est très loin de ce que nous vivons. Ni la dissolution des frontières sous l’effet des réseaux, ni le transfert des souverainetés étatiques au nouveau pouvoir impérial du capital, encore moins le communisme des multitudes connectées au sein de la ville ne sont advenus.
Trajectoires théoriques à travers et au-delà de l’operaismo négrien
Dario Gentili
De la décolonisation des savoirs
Un impossible impératif ?
Comment dormir ?
Après avoir commis l’erreur de me réveiller et l’avoir aggravée en allant travailler, mes pensées se tournent à présent vers le sommeil1. Qu’est- ce que le sommeil ? Un ensemble inachevé de rêveries ? Des phases de mouvement tantôt rapides tantôt paisibles ? Une sorte de stratégie de conservation de l’énergie ? Un fossile physio- logique acquis au cours de l’évolution avant la possibilité permanente de la lumière ?