La commune de Kolda, chef-lieu de région situé dans le sud du Sénégal, reste marquée par un fort taux de chômage (30,8%). Malgré le potentiel agricole, l'agriculture n'y est pas très attractive et demeure peu rentable. Ce qui pousse la plupart des jeunes à migrer vers les centres urbains en quête d'emploi. Souvent sans formation professionnelle et en situation de précarité, ces jeunes, faute de trouver mieux, s'orientent vers le métier de conducteur de motos-taxis, communément appelé ici à Kolda "moto-jakarta", pour combler l'offre de services de transport encore faible. Cette étude intitulée « L'emploi des jeunes dans la commune de Kolda : la conduite de motos-taxis comme alternative » a été réalisée sur un échantillon de 225 conducteurs de motos-taxis sur un total de 948 recensés. L'enquête a révélé que 75% des conducteurs de motos-taxis ont entre 18 et 35 ans. En outre, parmi ces participants, 56,9% disent être peu satisfaits de leur situation actuelle. De plus, 32% des enquêtés sont tentés par l'immigration clandestine (par la mer). Quant à ce qui concerne la sécurité, seulement 12% des conducteurs de taxis-motos détiennent un permis de conduire. Signalons que durant notre enquête, la compagnie des sapeurs-pompiers de Kolda a recensé 17 corps sans vie, dont 6 décès du côté des motos-jakarta.
Volume 2, n°1
Emploi des jeunes dans la commune de Kolda : la conduite de motos-taxis comme alternative
Creuseurs avec Bêche ou sans Bêche : Comprendre le travail des enfants et ses conséquences dans les mines d’or à Luhihi
Le présent article analyse le travail des enfants dans le site minier de Luhihi et donne une typologie des activités qu'ils exercent, ainsi que les motivations qui se cachent derrière leur ruée vers les ressources minières. Les résultats de cet article sont le fruit d'une approche qualitative basée sur des entretiens semi-structurés, l'observation ainsi que des groupes de discussion. Il en ressort que depuis 2020, beaucoup d'enfants sans aucune expérience ont décidé de se lancer dans les activités d'orpaillage à Luhihi, et cela en partie à cause du contexte dans lequel le gisement aurifère a été découvert, ce qui a rendu possible leur forte présence dans le site minier de Luhihi. De plus, la mine est apparue comme un palliatif à l'oisiveté dans laquelle la plupart des enfants se sont retrouvés suite à la pandémie de Covid-19. Sur le site minier, les enfants exercent différentes activités. Les uns sont directement impliqués dans la chaîne d'approvisionnement minier en tant que creuseurs avec une bêche, tandis que les autres sont impliqués dans les activités d'artisanat minier sans bêche. Cependant, leur niveau de rémunération n'est pas à la hauteur des services qu'ils rendent à la communauté artisanale. En outre, ils sont exposés à des maladies et à d'autres formes de conséquences physiques et morales. La mine constitue un nouveau milieu de socialisation pour ces enfants et un nouvel espace d'éducation. Cependant, malgré la présence d'un cadre permanent et les multiples initiatives déjà entreprises par les acteurs, l'évacuation des enfants dans le site minier de Luhihi soulève des questions sur les conditions d'applicabilité d'un tel processus, son efficacité et sa durabilité.
La commercialisation du bétail dans le marché de N’Togonasso, Commune Rurale de Gouadjikao au Mali
Le marché à bétail de N’Togonasso occupe une place importante dans l’économie nationale du Mali en général et dans la Commune Rurale de Gouadjikao en particulier. Outre l’importance de la production bovine, ovine et caprine, les flux de commercialisation transfrontaliers du bétail entre le Mali et certains pays de la sous- région tels que : le Burkina Faso, le Niger, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal confèrent à la filière élevage, un caractère sous-régional. La commercialisation des bovins, ovins et caprins dans le marché de N’Togonasso, Commune Rurale de Gouadjikao, sa dynamique ainsi que sa rentabilité économique prospèrent de nos jours. L’article a pour objectif d’analyser la commercialisation du bétail dans le marché de N’Togonasso, Commune Rurale de Gouadjikao. L’approche méthodologique s’est appuyée sur des enquêtes réalisées en 2020 auprès des acteurs commerciaux de la filière. La revue de la littérature qui a précédé les enquêtes de terrain a permis de cerner la dynamique de la commercialisation du bétail dans un large éventail. Au total, le questionnaire a été adressé a 100 vendeurs, acheteurs et intermédiaires commerciaux de bétail dans le marché de N’Togonasso (voir tableau 1). Le guide d’entretien a été aussi conçu pour les personnes ressources. L’étude a permis d’avoir un certain nombre de résultats. Dans le marché de N’Togonasso, en 20011, 1 567 gros ruminants ont été présentés et 1 270 ont été vendus, soit 81, 04 % de vente. En 2020, 30 543 gros ruminants présentés, 28 567 ont été vendus, soit 93, 53 % du taux de vente. En 2011, 2 009 petits ruminants présentés sur le marché, 1 778 ont été vendus, soit 88, 50 % du taux de vente. En 2020, 1 1350 petrits ruminants présentés dans le marché, 10 908 ont été vendus, soit 96, 10 % du taux de vente. De 2011 à 2020, sur le marché, 176 561 gros ruminants ont été présentés et 146 791 ont été vendus. De 2011 à 2020, 74 671 petits ruminants ont été présentés sur le marché et 54 871 ont été vendus, soit 73, 48 % du taux de vente.
Regard de la politique environnementale de Madagascar
Entre 1990 et 2009, la somme totale des financements injectés dans la Politique Environnementale de Madagascar a atteint 400 Millions de Dollars US. Le nombre des associations et organisations œuvrant dans le domaine de l’environnement n’a pas cessé d’augmenter ces trente dernières années. Pourtant, les problèmes environnementaux de Madagascar ne cessent de s’aggraver. Le pays se classe 4ème pays en termes de déforestation avec 510 000 hectares détruits en une année. Les analyses suivant le modèle AGIL de Talcott Parsons ont abouti à cette conclusion que les échecs de la politique environnementale de Madagascar trouvent ses explications dans la confusion de rôles et les conflits d’intérêts des différents principaux acteurs dont le Gouvernement, les communautés locales, les bailleurs de fonds ainsi que les ONGs. Avoir un bon plan et textes juridiques bien rédigés, beaucoup d'argent et des experts de rang international ne suffisent pas, réussir dans une politique requiert une motivation réelle et un engagement profond de vouloir changer le cours de chose.
L’arabisme et politique de l’arabisation dans la tentative de l’affirmation de l’identité arabe : cas de l’Algérie
Cet article s’intéresse à la question de la politique d’arabisation en Algérie, au lendemain de l’indépendance du pays, en 1962. Une question qui sera abordée sur le plan chronologique et analytique, car l’après-indépendance sera évoqué et les raisons de cette volonté d’intérioriser la langue arabe seront analysées pour situer cette question dans son contexte. Sous domination étrangère de 132 ans de colonisation, l’Algérie fait face à son histoire de politique linguistique pour « effacer » la langue impériale, au profit de la langue arabe. Ainsi, pour s’échapper à l’acculturation et l’assimilation « imposées » par la France, les Algériens revendiquèrent leur identité arabo-musulmane. Sous ce rapport, l’arabité vient comme une première réponse de la réaffirmation de l’appartenance à la grande famille arabe. Emboîtant le pas des nationalistes de la première heure, l’arabisme devrait prendre en charge les volets linguistique et culturel du peuple algérien. Et sous l’Algérie indépendante, les premiers régimes ont inscrit leurs actions dans ce canevas d’arabisation de l’administration, du système éducatif et de tous les secteurs de l’Etat. Alors, devant les conséquences néfastes de la longue occupation étrangère, il fallait en découdre avec la Métropole pour imposer sa propre langue, sa propre culture et son propre système.
L’assistance du suspect par le conseil en procédure penale camerounaise
Le présent article, rédigé sur fond de plaidoyer, s’intéresse à la situation du suspect en enquête pénale au Cameroun. En effet, malgré la consécration abondante des droits de la défense dont l’exercice est étendu jusqu’à l’enquête, le constat fait état de ce que leur mise en œuvre ne permet pas au suspect de jouir d’une protection effective et efficiente à cause de ses carences de nature diverse dont le législateur semble n’avoir pas tenu compte. Chose plus grave, l’accès au conseil, qui est considéré comme l’unique panacée prescrite par le législateur n’est pas gratuit. Le cas échéant, la loi ne permet pas à ce conseil de se déployer efficacement auprès du suspect car les modalités de son intervention active font défaut. En attendant les textes qui les précisent, actuellement le conseil ne peut jouer qu’un rôle de simple présence insusceptible de protection complète des droits du suspect.
Âgisme et violences envers les personnes âgées : une perspective psychosociale de ses origines
Cet article s’inscrit dans le cadre d’une démarche de recherche sur des violences envers les personnes âgées. Si les violences envers les femmes et les enfants suscitent l’indignation et les interventions des spectateurs et des pouvoirs publics, les violences envers les personnes âgées quant à elles semblent moins les indigner. En effet, on observe que les violences envers les personnes âgées sont perçues comme des faits divers et non des faits de société faisant intervenir les facteurs sociaux et psychologiques. C’est donc un phénomène qui se passe dans une relation ternaire entre agresseur-agressé-témoins. L’objectif de cet article est d’expliquer ce qui motive les violences envers les personnes âgées sans l’intervention des témoins. Nous allons nous appuyer sur la perspective psychosociale avec la théorie de la gestion de la terreur qui stipule que face à une situation qui nous rappelle notre mort, nous adoptons une attitude de peur nous conduisant à adopter des comportements bien particuliers tels que la violence. Les personnes âgées activeraient une anxiété particulière aux jeunes en leur rappelant le caractère inévitable de la mort, et l’âgisme prendrait racine aboutissant quelque fois à des violences. Sans prétendre à l’exhaustivité, cet article tente de montrer à des non spécialistes l’intérêt d’un regard psychosocial sur la question des violences envers les personnes âgées.