La vaccination infantile est l'une des interventions de santé publique les plus efficaces, ayant conduit à des acquis indéniables, notamment la réduction spectaculaire de la mortalité infantile. Cependant, la pérennité de ces succès est menacée par des résistances persistantes découlant de déterminants complexes et multi-niveaux. Cet article conceptuel propose le Modèle Ecologique de la Couverture Vaccinale (ME-CV) pour analyser et intégrer les facteurs influençant l'adhésion vaccinale. Ce modèle structurel permet de dépasser la simple identification des corrélations (facteurs maternels, socio-économiques et programmatiques) pour proposer une feuille de route pour des interventions ciblées. Les implications politiques et pratiques mettent l'accent sur la nécessité d'une micro-planification contextualisée et de la suppression systématique des occasions manquées, reconnaissant que la résistance vaccinale est un phénomène dynamique ancré dans le système de santé et le tissu social.
Volume 4, numéro 3
Vaccination infantile : facteurs déterminants et stratégies pour surmonter les résistances persistantes
La responsabilité pénale des enfants en situation de rupture familiale en droit congolais : entre justice punitive et justice ré
La responsabilité pénale des enfants en situation de rupture familiale constitue, en droit congolais, une problématique centrale où se croisent vulnérabilités sociales, insuffisances normatives et dysfonctionnements institutionnels. Souvent privés de cadres familiaux et sociaux protecteurs, ces enfants demeurent exposés à des poursuites pénales conduites sans prise en compte adéquate de leur condition particulière, au profit d’une logique répressive qui les assimile à de simples délinquants. Cette étude adopte une démarche méthodologique articulant l’herméneutique juridique, appliquée à l’analyse critique des textes en vigueur, notamment la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 relative à la protection de l’enfant, et une approche systémique visant à comprendre les interactions entre normes, institutions et pratiques judiciaires. Les résultats révèlent une profonde dissonance entre les prescriptions légales, les réalités sociales et leur mise en œuvre effective, compromettant la garantie des droits fondamentaux de l’enfant. Si le principe de l’irresponsabilité pénale des enfants de moins de quatorze ans est consacré, l’imprécision procédurale favorise des traitements arbitraires, tandis que les mineurs de quatorze à moins de dix-huit ans, pourtant pénalement responsables, demeurent soumis à une prise en charge dépourvue de dispositifs socioéducatifs adéquats. L’ensemble du système reste ainsi marqué par un héritage répressif, renforcé par le manque de ressources, de formations spécialisées et de structures adaptées, appelant une réforme profonde en faveur d’une justice infanto-centrée, restaurative et conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant.
Attitude des enseignants de l’école primaire face à l’usage des méthodes actives
Notre étude s’est intéressée aux attitudes des enseignants du primaire à Likasi (RD Congo) face à l’intégration des méthodes actives dans leurs pratiques pédagogiques. À partir d’un échantillon d’enseignants issus de plusieurs écoles primaires catholiques, nous avons examiné leurs méthodes d’enseignement, la participation des élèves, la disposition au changement ainsi que la connaissance et l’usage des approches actives. Les résultats montrent que les méthodes traditionnelles, répétitives et expositives, restent largement dominantes et que les activités des élèves sont majoritairement passives, centrées sur la mémorisation et la restitution. Bien que la majorité des enseignants connaissent les méthodes actives, leur mise en œuvre effective reste partielle, l’expo-interrogative restant la plus pratiquée, tandis que les approches réellement participatives ou ludiques sont marginales. L’étude révèle une division quasi égale entre enseignants prêts à adopter ces approches et ceux réticents, ces derniers invoquant l’attachement aux pratiques éprouvées, le manque de formation et la démotivation. La compréhension de l’enseignement centré sur l’apprenant est présente mais limitée, soulignant la nécessité d’un accompagnement structuré et d’une formation continue renforcée pour favoriser un apprentissage actif, autonome et durable.
Dispositifs juridiques et réglementaires de l’enseignement numérique en République démocratique du Congo
Cet article analyse le cadre juridique et réglementaire de l’enseignement numérique en République démocratique du Congo (RDC). Depuis l’ordonnance présidentielle de 1971 jusqu’aux réformes récentes, le pays a progressivement établi un socle légal pour l’enseignement ouvert et à distance (EOD), appuyé par la Constitution, la loi-cadre de 2014, la loi sur les télécommunications de 2020, le Code du Numérique de 2023 et le Plan National du Numérique 2025. La pandémie de COVID-19 a révélé les faiblesses du système éducatif et mis en lumière le potentiel du numérique, donnant un élan aux initiatives en ligne malgré un encadrement initial insuffisant. Les arrêtés ministériels de 2025 ont formalisé l’enseignement multimodal comme modalité légitime dans tous les niveaux d’enseignement, renforçant l’inclusion, la continuité pédagogique et l’usage des technologies modernes. Malgré ces progrès, des obstacles subsistent, notamment en matière d’infrastructures, de connectivité, de formation des enseignants et de gouvernance des plateformes numériques. L’EOD constitue un levier stratégique pour moderniser l’éducation congolaise et élargir l’accès au savoir, à condition que les politiques publiques soient durablement orientées vers l’équité, la qualité et la soutenabilité.
Procédure civile et justice numérique en RDC : Signification, transmission et communication des pièces à la lumière de l’AUPSRVE
La transition numérique du système judiciaire congolais s’affirme progressivement à travers trois instruments majeurs : l’AUPSRVE révisé le 17 Octobre 2023, qui reconnaît la signification électronique ; l’Ordonnance-loi n°23/010 du 13 Mars 2023 sur le numérique, qui consacre la valeur probatoire de l’écrit électronique ; et la loi n°23/061 du 10 Décembre 2023, qui ouvre la voie à une procédure commerciale dématérialisée. Cet article analyse les mécanismes juridiques de la signification, de la transmission et de la communication des pièces par voie numérique. Les résultats montrent une cohérence normative, mais une mise en œuvre encore entravée par des défis techniques, institutionnels et culturels. La discussion met en lumière l’écart entre la modernisation légale et la pratique judiciaire, tout en soulignant les perspectives d’une justice plus rapide, plus accessible et plus sécurisée.
Évaluation de l’efficacité du système judiciaire congolais
Le présent article met en évidence une dynamique contrastée du système judiciaire congolais, révélatrice à la fois de certaines avancées institutionnelles et de fragilités structurelles persistantes, et notre analyse de l’efficacité de ce système, fondée sur des critères essentiels tels que l’accès effectif à la justice, la célérité des procédures, l’indépendance de l’autorité judiciaire et la qualité des décisions rendues, montre que, malgré l’adoption de réformes législatives récentes, nous demeurons confrontés à des obstacles majeurs qui entravent l’effectivité de la justice, notamment la surcharge chronique des juridictions, la persistance de pratiques corruptives, l’insuffisance des ressources matérielles et humaines ainsi que le déficit de formation continue des magistrats, autant de facteurs qui compromettent la performance institutionnelle et la crédibilité du système, raison pour laquelle nous soulignons la nécessité impérieuse d’une modernisation institutionnelle profonde, appuyée sur une rationalisation rigoureuse de la gestion administrative et un renforcement substantiel des mécanismes de transparence et de redevabilité, conditions indispensables à l’avènement d’une justice plus efficace, plus équitable et durablement légitime aux yeux des citoyens.
Humanisation des prisons, facteur de consolidation de paix en Côte d’Ivoire
L’étude menée dans les prisons de Man et de Soubré analyse comment l’humanisation des établissements pénitentiaires peut constituer un facteur clé de consolidation de la paix en Côte d’Ivoire. Les résultats montrent que les conditions de détention sont largement inadaptées : surpopulation, absence de mesures d’assistance, visites irrégulières des magistrats et des familles, manque de formation et d’activités éducatives ou récréatives. Ce contexte favorise la récidive, la transmission de comportements déviants entre détenus et la fragilisation des liens sociaux, tandis que le personnel pénitentiaire travaille dans des conditions matérielles, sécuritaires et humaines précaires. L’étude souligne que ces dysfonctionnements compromettent la réinsertion sociale des détenus et, par ricochet, la paix sociale. Elle affirme que la transformation des prisons en espaces de réhabilitation, avec des infrastructures adéquates, un personnel formé, le respect des droits des détenus et des programmes de réinsertion, est essentielle pour prévenir la récidive, restaurer les liens sociaux et établir les bases d’une paix durable en Côte d’Ivoire.
Langues africaines et révolution numérique : l’expérience sénégalaise de Kàllaamay Réew Mi (KRM)
Dans cet article, nous présentons Kàllaamay Réew Mi (« les langues du pays »), une plateforme numérique novatrice destinée à l’enseignement, la valorisation et la préservation des langues africaines, en particulier celles parlées au Sénégal. Elle s’inscrit dans la continuité des politiques d’alphabétisation et l’appui à l’éducation bilingue. À travers ses six sous-plateformes dédiées au wolof, pulaar, seereer, joolaa, màndinka et sóoninke, nous visons à favoriser l’apprentissage gratuit de la lecture et de l’écriture, à réduire l’analphabétisme et à promouvoir un modèle éducatif inclusif. Kàllaamay Réew Mi contribue aussi à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel tout en intégrant pleinement les technologies numériques. Les données textuelles et vocales qui y seront stockées serviront au développement d’applications mobiles avancées : commandes vocales, traduction automatique, chatbots éducatifs et autres outils intelligents. En alliant tradition linguistique et innovation technologique, nous œuvrons pour une renaissance africaine portée par nos langues, nos savoirs et nos valeurs culturelles.