Résister, c’est créer !

En aparté avec Marie-Flore

Marie-Flore. Ses parents avaient vu juste. Ce prénom, choisi en référence à la chanson de Joan Baez, était bien un signe. Âme d’artiste, bercée au son des sixties, Marie-Flore est devenue l’une des plus talentueuses songwritters de la scène musicale française. Quiconque a écouté son premier mini-album, More than thirty seconds if you please, sorti en 2009, est assurément tombé sous le charme de ses mélodies délicates et de sa voix envoû- tante. Depuis, la jeune musicienne a su exister loin des maisons de disques et a fait voyager ses chansons sur les routes de France et d’Europe, notamment en pre- mière partie des concerts de Pete Doherty ou de Peter von Poehl. Marie-Flore revient aujourd’hui avec un nouvel EP (maxi), Feathered with Daggers, toujours auto- produit et dont By the dozen, premier extrait, est disponible en téléchargement gratuit depuis quelques semaines.

Michel Bouvet l’affichiste

Nous avons tous été interpellés un jour par l’une de ses affiches. Dans les rues ou les couloirs du métro parisien, les créations de Michel Bouvet pour le théâtre ou d’autres manifestations culturel- les comme les Rencontres d’Arles de la photographie interrogent, fascinent, amusent aussi parfois. De la photo à l’illustration, en passant par le collage, Michel Bouvet manie tous les styles avec audace depuis plus de 30 ans. Son talent est assurément d’être parvenu à faire de cet art éphémère qu’est l’affiche un exercice de métaphore visuelle doté d’un langage propre. Discussion avec un artiste multiple qui, au-delà de son métier d’affichiste, sait aussi nous faire réfléchir sur notre époque et notre rapport à l’image.

Lunaticart - Un parcours, une histoire

On dit souvent que les bijoux ont une histoire. Incontestablement ceux de Lunaticart portent l’empreinte du parcours de leur créatrice. Mexicaine installée en France depuis quelques années, Berenice Schaltegger crée, sous la marque Lunaticart, des bijoux en argent recyclé et aux lignes épurées. Un savoir-faire d’autodidacte que cette baroudeuse a forgé au fil d’un tour du monde où toute sa vie a tenu dans un sac à dos pendant cinq ans. Depuis, ses créations ont conquis les adeptes du fait main notamment sur sa boutique en ligne Etsy (voir page 27). Berenice Schaltegger travaille aujourd’hui dans un atelier à quelques centaines de mètres de la Place Vendôme et de ses fameux joailliers, bien qu’elle soit à mille lieux de l’image plutôt froide des célèbres enseignes parisiennes. Rencontre avec une créatrice lumineuse dont l’histoire s’apparente parfois à une véritable leçon de vie.

Dear photograph, retour vers le passé

By Taylor Jones

Dear photograph est un blog participatif né d’une idée simple : photographier une photo du passé en la replaçant dans son décor d’aujourd’hui. Accompagnées à chaque fois de légendes qui racontent autant de morceaux de vie, les photos de Dear photograph questionnent avec justesse nos souvenirs les plus précieux. Créé en 2011 par Taylor Jones, un canadien de 23 ans, Dear photograph a fait l’objet d’un bouche à oreille phénoménal à travers le monde. Deux mois après son lancement, le blog était classé par le magazine Time dans le top 10 des meilleurs sites ! Fort de son succès, Dear photograph a même trouvé une prolongation dans un livre qui regroupe les clichés les plus émouvants envoyés par les internautes.

Nez à nez avec Cécile Zarokian

Comment naît un parfum ? Telle est la question que nous avons posée à Cécile Zarokian, spécialisée dans la parfumerie de niche. Après avoir fait ses classes chez le numéro un français, la maison de création Robertet, et travaillé pour la filiale parisienne, Cécile Zarokian est devenue par- fumeuse indépendante. Parmi ses créations : des fragrances pour les parfums rares Jovoy Paris ou encore Mon Nom est Rouge, au flacon à l’allure de sculpture, pour Majda Bekkali. Avec enthousiasme, Cécile Zarokian nous ouvre les portes de son labo- ratoire et nous fait découvrir les coulisses d’un métier particulièrement créatif. Avec un bonus : la visite commentée de la surprenante exposition « IP[01] Un illustrateur/Un parfumeur » qu’elle a récemment imaginée.

L’oeil de Baudouin Mouanda

Baudouin Mouanda, ou « Phototouin » comme on le surnomme à Brazzaville, s’est imposé en quelques années comme l’une des grandes figures de la photographie africaine. L’Afrique, et plus spécifiquement son pays, le Congo, sont au cœur de ses reportages. Loin de la tradition africaine des photos de studio ou des portraits de famille, le travail de Baudouin Mouanda, porté par un incroyable sens du cadrage, interroge ses sujets et donne souvent à voir une autre image de ce continent. De passage à Paris, Baudouin Mouanda revient pour nous sur son incroyable parcours. Une rencontre haute en couleurs avec un jeune homme aussi passionné que passionnant, toujours soucieux de mettre sa notoriété au service de son pays et de son art.

Ludo

Préférant l’anonymat à la lumière, on ne sait pas grand chose de Ludo. Une trentaine d’an- nées, une école d’art à Milan et des collages sauvages sur les murs de nos villes. Connu aussi sous le nom de Nature’s Revenge, Ludo placarde ses insectes mutants et ses végétaux carnivores ou armés avec une signature bien à lui : un vert devenu sa couleur identitaire. Loin de tout discours écologique facile, l’essence du travail de Ludo est à chercher ailleurs, dans une réflexion plus globale sur notre réalité comme en témoigne son projet « co-branding ». Un détour- nement malin et non autorisé de publicités de grandes marques que certains ont peut-être eu la surprise de découvrir sur les abribus. Questions/réponses avec un artiste de notre temps.

L’art de recycler

Nina Boesch est une jeune allemande qui s’est installée à New-York au début des années 2000. Particulièrement inspirée par la Grosse Pomme, elle conçoit, en parallèle de son métier de web-ergonome, des tableaux en mosaïque représentant des scènes et des icônes de la vie new yorkaise. Petite originalité : la matière première de ses mosaïques n’est ni la céramique, ni le marbre... mais le plastique des MetroCards, les célèbres tickets de métro de la ville ! Au fil des années, sa technique s’est affinée et ses œuvres sont aujourd’hui exposées dans plusieurs galeries du pays. Collecter, découper, coller, s’inspirer... Nina Boesch nous en dit un peu plus sur ses étonnantes créations.

Portland, l’anticonformiste

Considérée à la fois comme la capitale écolo des Etats-Unis et la nouvelle Mecque du rock, Portland est devenue - malgré son climat plutôt déprimant (il pleut huit mois sur douze...) - une ville-aimant pour de nombreux américains. En quelques décennies, la principale ville de l’Etat de l’Oregon a réussi une incroyable mutation basée sur le développement d’une économie locale et un mode de vie valorisant autant la simplicité que le sens de la communauté. Entre attachement viscéral au « made in Portland » et non-conformisme revendiqué, Portland est une ville américaine définitivement à part.

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