Le petit Pompidou illustré

L’enfant de Montboudif

« Pompidou Georges, Jean, Raymond, de Montboudif 5 juillet 1911 », dit l'acte de naissance n" 7 de Condat (chef-lieu de canton, arrondissement de Saint-Flour) qui donne au nouveau-né, par le hasard de la rédaction, un air d'aristocrate sorti tout droit de Clochemerle.

Le petit prof’

Claude Cahour, belle fille blonde et sportive, originaire de Château-Gontier, est en première année de Droit quand Pompidou la rencontre boulevard Saint-Michel. Elle a pour chevalier servant Léopold Senghor qui poursuit ses études à la Faculté des Lettres. Pompidou et Senghor se sont un peu perdus de vue et ne se rencontrent plus qu'épisodiquement. L'étudiant sénégalais présente la jeune fille à son camarade.

Drôle de guerre drôle de résistance

La carrière militaire de Georges Pompidou fut sans éclat particulier. Elle n'est pas de celles qui embrasent l'imagination ou suscitent l'imagerie héroïque. En août 1939, la guerre le surprend a lors qu'il effectue une période militaire au 141e Régiment d'infanterie Alpine, à Marseille. Pourquoi Marseille ? Tout simplement parce qu'il a négligé d'effectuer son changement de domicile.

L’homme à tout faire

En 1944, Pompidou a trente-trois ans, la secrète idée d'un autre destin et toujours cette ambition cachée de forcer les portes de la réussite, d'avoir assez d'argent pour satisfaire sa fureur de vivre. Il vient de trouver « la filière », Brouillet, directeur-adjoint du cabinet de de Gaulle, l'a convoqué rue Saint-Dominique, au ministère de la Défense Nationale, où s'est installé le général.

L’homme des Rothschild

Bien que Pompidou ait déclaré avec une belle assurance : « Je suis devenu banquier par le plus grand des hasards. Je n'avais jamais rencontré un seul Rothschild avant qu'on me présentât à eux et que j'entre dans leur groupe », c'est lui qui, en réalité, a sollicité son ami Fillon, directeur généra l de la Banque Rothschild, comme en 1944 il avait sollicité Brouillet, membre du cabinet de de Gaulle.

L’ombre du général

Malgré ses multiples occupations et son goût prononcé pour tous les plaisirs de la vie, Pompidou continue d'entretenir des relations étroites avec le général de Gaulle et la vieille garde du R.P.F. Il avouera d'ailleurs lui-même plus tard : « J'étais beaucoup plus mêlé au monde politique, tout au moins au monde politique gaulliste, que ne pouvaient le laisser croire les apparences extérieures de ma situation. »

Bougnaparte au pouvoir

Pompidou présente un avantage considérable sur le commun des hommes politiques, c'est qu'il n'a jamais formulé ses opinions. Il déclara lui-même à un journaliste qu'il « avait la chance d'avoir peu écrit, ce qui facilitait son action ». Sans doute voulait-il faire allusion à la démence plumitive de Michel Debré, qui avait à maintes reprises menacé du peloton d'exécution tous ceux qui livreraient l'Algérie française au F.L.N.

La préface cachée de la lune

Arrêtons-nous un instant dans le déroulement de l'existence pompidolienne pour examiner l'une des faces les plus secrètes du personnage - qui pourtant n'en manque point. Nous voulons parler de Pompidou homme de lettres. Dès l'abord, c'est l'étonnement. Comment, voilà un brillant agrégé, normalien de surcroît, et qui n'a pas trouvé le moyen d'écrire le plus petit ouvrage personnel, alors que le moindre bachelier s'estime en droit de briguer le prix Goncourt ! N'est-ce pas stupéfiant ? Cela l'est encore plus lorsqu'on examine en détail ce que l'on pourrait appeler les hors-d'oeuvre littéraires de Georges Pompidou : quelques préfaces, une anthologie et une conférence qu'il n'a même pas prononcée.

L’homme au destin national

« En politique, on se relève de tout, même d 'un canapé. » Quand il se retrouve au pied de sa roche Tarpéienne, Pompidou commence par douter que la boutade fameuse, valable pour les frasques d 'un Pair de France comme Victor Hugo, puisse jamais s'appliquer à son destin secret.

Et maintenant...

Et ce fut l'été ... Un des plus magnifiques qu'on ait connu depuis longtemps. Le ciel devint une fête d'azur, pleine de cette chaleur frémissante qui incite à la paresse.

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