Amours et sensualité

Trois jours, quatorze nuits

par Feng Tang · trad: Sylvie Gentil

Le soir du samedi le plus chaud de l’été 1997, j’étais seul à l’étude et me disais que l’existence était vaine. Située au sixième étage du centre de recherche médicale, un bâtiment d’ architecture soviétique, la pièce faisait trois mètres et demi de hauteur mais n’ avait pas l’ air conditionné. Il faisait si chaud – en plus c’était le week-end – que les étudiants originaires de Pékin s’étaient réfugiés dans leurs appartements climatisés et que les autres, ceux de province, jouaient, ou lisaient, ou rattrapaient leur sommeil en retard, à moitié nus dans leurs chambres. Certains avaient envahi le local du médecin de garde, n’importe quel lieu où il fasse frais, pour y potasser à l’ aise leur manuel de chirurgie, préparer le TOEFL ou le GRE… Ma solitude était totale.

Et ainsi... janvier

par Mae Yway · visuels: Nicolas Salem-Gervais

Fragments de papier blancs qui volent ensemble. Si j’ouvre les fenêtres, Seront-ils emportés ? Faut-il… les recoller ? Et qu’en pensent les amoureux ?

Flamingo Valley

par Amanda Lee Koe · trad: Frédéric Grellier

Ling Ko Mui, la belle de Flamingo Valley ! s’exclame le vieux Malais. Dis donc, t’ as toujours la classe ! Vieilles et vieillards relèvent leur tête jaune et fripée, telles des tortues de mer, et Deddy Haikel esquisse un geste de magicien. Ling Ko Mui se tourne péniblement vers lui. Oui, toi. C’est à toi que je parle, ma jolie. Mais les yeux voilés de la vieille Chinoise fixent à nouveau le téléviseur, un documentaire de voyage en mandarin.

Panty

par Sangeeta Bandyopadhyay · trad: Marielle Morin

Panty, deuxième roman de Sangeeta Bandyopadhyay, a été publié en 2006 et a immédiatement attiré l’ attention du public et de la critique avec ses descriptions sans tabou de la sexualité de son héroïne. Les extraits proposés éclairent cette approche à travers deux des thèmes du roman : celui de la sensualité, incarnée ici par l’expérience d’un baiser, et celui de l’ amour, de ses malentendus et de son évolution.

Amour qui tourne mais ne forme pas un cercle complet

par Mae Yway

Amour qui tourne mais ne forme pas un cercle complet… qui tourne, mais ne forme pas un cercle complet. Seul le nombre de ceux qui veulent participer augmente. À force de tourner, la roue finit par écraser de la merde. Plaisirs rencontrés sur le chemin, empilés bien en ordre. Le temps, vérité déloyale enroulée noeud par noeud dans les entrailles. Signatures sur le contrat, témoins et avocats,

Cette nuit-là

par Lin Yi-yun · trad: Matthieu Kolatte, ses étudiants

Cette nouvelle a été traduite du chinois (Taïwan) sous la direction de Matthieu Kolatte par les participants au cours FR 4051-1052 du département de français de l’Université nationale centrale de Taïwan : Lo Tzu-Han, Wang Yü-Ching, Chen Pei-Yun, Wang Yen-Chu, Su Yu-Hsin, Chen Yu-Jie, Chiang Yi-Ting, Lin Chia-Fang, Lin Chun-I, Wang Hao-Lun, Hsu Chia-Wen, Wu Pei-Chih, Yen Chun Shiu, Tsai Yu-Lun, Pu Hsiu-Tzu, Chan Ka-Io, Lan Yin-Mu, Chou Pin-Chun, Wang Xiao-Zhu, Lin I-Yu et Chou Yi-Ling.

Les yeux en éclipse

par Djenar Maesa Ayu · trad: Laura Lampach

La nuit est toujours source d’ apaisement. Il devient si aisé de fouiller dans ces nombreux souvenirs entreposés dans l’obscurité. Ces souvenirs qui ne sont bons qu’à croupir dans le noir semblent agiter l’index pour se rappeler à moi chaque fois que la nuit s’ avance, sur une couche sans amant, et où il n’y en aura jamais. Il y a beaucoup de gens qui ont peur de la nuit. De l’obscurité.

Les ombres du Royaume

par Samrat Upadhyay · trad: Amanda Sherpa-Atlan

En ce samedi matin de juin, le pays entier se réveilla avec la nouvelle de la tuerie du palais. Les gens déambulaient dans les rues, abasourdis. Ganga apostropha les habitués de l’échoppe de thé de Saney : « Vous vous attendiez à quoi ? C’est la famille royale. Commettre ce genre de choses de temps à autre, c’est leur destinée. Vous vous souvenez de Kot Parba ? »

Tan huiying

par Ren Xiaowen · trad: Brigitte Duzan

Tan Huiying a été élevée comme une fille unique : elle avait bien eu un grand frère, une soeur aînée et deux soeurs cadettes, mais tous étaient morts très jeunes. Dans le bourg de Tairi, un district de Fengxian au sud de Shanghai, la rumeur courait qu’il y avait dans la famille Tan une faiblesse congénitale qui faisait peser sur elle une menace de mort. De génération en génération, les Tan ont ainsi vécu “le regard tourné vers la tombe”.

Et ainsi... février

par Mae Yway · trad: Nicolas Salem-Gervais

Et ainsi… février Bouquets de fleurs, chocolats, hôtels, naans et pois bouillis… réalité de la mort. Les pages ne peuvent plus me contenir Qui est le Président ? Je l’ignore. À part dormir, manger et se couper les ongles… La vie ? L’ amour ? Qu’est-ce que c’est que tout ça ? Deux filles sur la voie d’en face. Les mecs se moquent de moi. Cigarettes, poèmes, pantalons, doigts Tu veux que ça soit vraiment bien ?