Professeure de littérature comparée à l’université Paris- Diderot, Catherine Coquio a bâti une œuvre sur l’étude des génocides, ne cessant d’interroger le rôle de la littérature et du témoignage des survivants. Dans cet entretien au long cours d’une profonde acuité, elle nous invite à relire et questionner les écrits de sa « bibliothèque de la catastrophe », de la Shoah à Gaza, du Rwanda à la Syrie.
Des quartiers aux territoires, une culture qui t
Catherine Coquio
Des micro-initiatives qui écrivent des micro-histoires pour des macro-enjeux
Dans tous les replis du pays, des initiatives artistiques et/ou culturelles changent la vie quotidienne des habitants. Se lovant dans tous les interstices de la société (jeunesse, social, écologie, tourisme…), elles constituent une richesse à nulle autre pareille que les pouvoirs publics, peu outillés pour appréhender leur transdisciplinarité, peinent à apprécier à sa juste valeur sociale.
L’héritage vivant de Villes des musiques du monde
De l’éducation populaire à la fabrique des villes-monde
Les Blés d’or (LBO) à Saint-Baldoph (Savoie)
Transformer un ehpad en centre d’art : c’est la belle utopie qu’a réalisée le CCAS de Barberaz, avec l’appui de Malraux, scène nationale de Chambéry, invitant les artistes à prendre soin des résidents et des soignants – et vice versa. Une démarche qui se joue des préjugés et des représentations.
Recherche-action dans les Hauts-de-France
En plein essor, les initiatives d’arts participatifs et de créations partagées invitent à mettre au travail un art subtil de la relation inspiré de l’« aller-vers ». Hybrides, elles achoppent sur les normes esthétiques et institutionnelles. Caisses de résonance de paroles citoyennes, elles se heurtent parfois à des freins politiques et cherchent des modes d’évaluation adaptés.
Foules d’Olivia Grandville
Tandis que les projets participatifs se multiplient sur scène, la pièce Foules d’Olivia Grandville agit comme un révélateur des tensions qui traversent le monde artistique : entre ambition esthétique et bricolage organisationnel, promesse démocratique et risque d’inégalités, reconnaissance institutionnelle et possible instrumentalisation politique.
La Maison forte à Monbalen (Lot-et-Garonne)
De plus en plus repéré au niveau national, le projet de La Maison forte est révélateur de l’évolution des démarches culturelles : ne relevant pas tout à fait de l’artistique, de la valorisation du patrimoine, de la transition écologique, de l’ESS, mais d’un peu tout cela, savamment imbriqué, il est également emblématique d’un ancrage rural assumé.
Singularités culturelles : les conditions du bien-vivre territorial
Issu d’une étude réalisée sur la vie culturelle de neuf petites villes d’Occitanie, cet article montre à la fois le foisonnement des initiatives et l’omniprésence de la culture dans les modes d’habiter les territoires, invitant à imaginer une autre action publique en matière culturelle qui tournerait définitivement le dos à la doxa de l’attractivité pour mieux appréhender le bien-vivre territorial.
L’emprise progressive du privé sur les politiques culturelles
En quelques années, les instruments de l’action publique se sont transformés dans une perspective managériale, et de plus en plus d’opérateurs privés ont investi, à la suite du secteur musical, tous les champs artistiques. Or, alors qu’elle pourrait s’avérer fructueuse sous certaines conditions, l’hybridation public-privé génère surtout de multiples tensions dans l’immédiat.