La littérature et la politique le passionnent. Après avoir évolué dans les hautes sphères italiennes notamment comme conseiller de Matteo Renzi, Giuliano da Empoli décide de quitter cet univers qui lui déplaît pour mieux en comprendre les mécanismes. Il trouve dans les ressorts du pouvoir, leur violence et ceux qui les orchestrent une formidable matière littéraire. Les Ingénieurs du chaos (1) racontaient comment une nouvelle génération de stratèges avait bouleversé les règles du jeu à l’ère des réseaux sociaux. Le Mage du Kremlin (2) nous entraînait dans les coulisses du régime russe à travers le personnage d’une éminence grise de Vladimir Poutine. L’Heure des prédateurs (3) explorait un monde où s’affrontaient autocrates, milliardaires et maîtres de la tech. Le Fondateur, son nouveau livre (4), se concentre sur un agent du numérique, Alexander Zimmer, qui développe une vaste société de surveillance. G., le narrateur récemment déchu de ses fonctions politiques, décide de suivre ce Méphistophélès 2.0 dans sa glaçante entreprise planétaire. « Tiens ta tête en enfer et ne désespère pas. » La citation du moine orthodoxe Silouane de l’Athos (1866-1938) placée en exergue du roman offre une clé de lecture : regarder avec lucidité la puissance et ses ténèbres sans jamais céder au découragement. Giuliano da Empoli s’y emploie. Conscient des menaces actuelles que font peser les seigneurs de la tech sur l’humain et la démocratie, il refuse la résignation : rien n’est encore perdu.
Giuliano de Empoli
Giuliano de Empoli
Une résonance dangereuse ?
Samuel Huntington
Un maître à penser
L’Europe et l’emprise américaine
La Chine l’emportera-t-elle sur les États-Unis ?
En 1993, Samuel Huntington avait raison contre Francis Fukuyama en prévoyant après la fin de la guerre froide non pas que tous les pays allaient marcher à des allures diverses vers la démocratie mais que le principal conflit de civilisation serait entre l’Occident, en particulier les États-Unis, et la Chine. Mais Huntington avait-il raison de dire que la principale source de conflits entre nations serait de nature culturelle ? Probablement pas.
Paul Valéry, visionnaire oublié
Après les illusions
Emmelene Landon
De mer et d’amitié
Sade : biscuits, redingote… et Les Confessions
Inédit au fil de l'encre
L’Arménie, survivre sans renoncer
En 2020, je découvrais pour la première fois l’Arménie en pleine guerre d’Artsakh. J’étais alors convaincu que le conflit qui s’y jouait dépassait le sort de cette enclave autoproclamée au len- demain de la chute de l’URSS, au nom du droit des peuples à dispo- ser d’eux-mêmes et à l’encontre de laquelle l’Azerbaïdjan opposait les frontières découpées par Staline en 1923. Riche de trois mille ans d’une histoire complexe, confrontée aux empires voisins, l’Arménie n’a jamais renoncé à son identité. Au contraire, elle puise dans sa résistance une forme d’affirmation de soi.